CRÉATION DES NOUVELLES PROVINCES LVII
montre amplement. Citons un seul exemple : an mois de janvier 1870, M. Emile Ollivier devenait premier ministre de Napoléon III et formait un cabinet, avec responsabilité à la Chambre des députés — réforme réclamée depuis lon»;temps. Sa mauvaise étoile voulut que surgit au mois de juillet de la même année, entre la Prusse et la France, une complication au sujet de la candidature d'un prince allemand au trône d'Espagne. On sait que le différend amena cette guerre dont la France sortit meurtrie et mutilée. Or, Emile Ollivier s'opposa de toutes ses forces à la guerre. Contre lui, poussant au conflit, s'agitaient la Cour, l'impératrice, les autres ministres ; Napoléon III inclinait vers une solution pacifique. Il semblait que la retraite d'Emile Ollivier s'imposait en cette occurrence. Pourquoi assumer la responsabilité d'une entreprise qu'il avait désapprouvée? Démissionner, c'était jeter le désarroi dans les préparatifs de la campagne et donner aux partisans de l'absolutisme gouvernemental l'avantage de regagner le terrain perdu. Donc, Emile Ollivier conserva son portefeuille, par esprit de devoir et de patriotisme.
Qu'advint-il ensuite ? Durant plus de trente ans, un flot d'injures s'abattit sur sa tête. On lui reprocha d'avoir voulu la guerre, on jeta sur lui la responsabilité de la catastrophe qui l'a terminée.
Depuis quelques années la publication de documents officiels a permis à M. Ollivier de revendiquer son honneur, à la lumière de la vérité. Il n'y a aujourd'hui en France qu'une voix pour rendre hommage à son désintéressement patriotique.