‹ Discours à l'étranger et au CanadaChapitre 41 sur 113 · PROSPÉRITÉ DU CANADA LXI · texte numérisé non relu

PROSPÉRITÉ DU CANADA LXI

constatation do notre indépendance nationale. Sir Wilfrid a, pour ainsi dire, mis le sceau sur l'arche sainte de toutes nos libertés et terminé l'œuvre commencée par Lafontaine.

En effet, c'est bien Lafontaine qui a fait enti'^r le Canada dans la liberté parlementaire. Il l'a, pour ainsi dire, arrachée à lord Metcalfe ; c'est ce que ce gouverneur avouait en écrivant au ministre des Colonies, à la veille de la chute du régime personnel : " M. Lafontaine le sait bien, il est mon seul adversaire. En réclamant le droit de nommer ses amis aux fonctions publiques, il transfère l'autorité des mains de nos amis aux mains des siens ? Il désarme les nôtres et rien n'empêchera l'influence française de régner dans le pays. "

Plus tard, nous est venue la liberté commerciale avec l'ouverture de la navigation du Saint-Laurent à toutes les flottes du monde et la faculté de régler notre législation tarifaire sans l'intervention de l'Angleterre. D'autres réformes de moindre importance vinrent s'imposer, à leur heure, développement naturel de nos droits. Enfin, sous le gouvernement Laurier, l'Angleterre laissait glisser de ses mains le dernier vestige de sa souveraineté: le renoncement à toute intervention dans la négociation de nos traités de commerce avec l'étranger. T^es concessions dans cet ordre de choses sont allées si loin que, à la demande du gouvernement canadien, la métropole a dénoncé ses propres traités de commerce avec l'Allemagne et la Belgique, parce que nos intérêts l'exigeaient.

Voilà pourquoi sir Wilfrid pouvait proclamer, en mettant pied à terre sur le sol anglais, que le Canada est une nation. En effet, nous possédons toutes les réalités de l'iudé-

Page 1