‹ Discours à l'étranger et au CanadaChapitre 62 sur 113 · SOUVENIRS LXXXIII · texte numérisé non relu

SOUVENIRS LXXXIII

amis, la crainte d'une émeute, qui aurait pu avoir les conséquences les plus graves, ainsi que des promesses quasi-officielles décidèrent Riel à renoncer à son projet.

Voulant profiter de l'émotion produite dans le pays par cette question, l'un des chefs conservateurs mit devant la Chambre une résolution demandant l'expulsion de Riel, et un député ministériel proposa, comme amendement, de différer toute décision jusqu'à ce que le Comité nommé pour s'enquérir de l'existence des promesses faites à Riel, eût fait son rapport.

Laurier prit part au débat et s'appliqua à démontrer que la Chambre ne pouvait voter pour l'expulsion de Riel sans porter atteinte à la loi et à la constitution. Il invoqua les principes de la Grande Charte en faveur de la liberté, de la propriété et de l'honneur d'un citoyen.

C'était la première fois que les députés anglais l'entendaient parler anglais ; ils furent émerveillés de la facilité, de l'élégance avec lesquelles il s'exprimait dans leur langue, et du tact qu'il avait déployé pour se faire pardonner la franchise avec laquelle il avait plaidé la cause de Riel et des Métis.

Ils eurent l'occasion de l'admirer encore davantage, lorsqu'à la session de 1875, la commission d'enquête nommée pour s'enquérir de l'existence des promesses d'amnistie fit son rapport. Ce rapport établissait clairement que des promesses d'amnistie avaient été faites par Mgr Taché et les délégués du gouvernement provisoire du Manitoba, à la connaissance et avec l'autorisation du gouvernement impérial.

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