SOUVENIRS LXXXIX
La Gazette de Montréal, l'organe des conservateurs anglais, l'appelait " l'orateur à la bouche d'argent. "
Il n'y eut pas d'exception, tous les journaux conservateurs et libéraux proclamèrent que Laurier venait de remporter un succès merveilleux, que son éloquence était un honneur pour la Chambre et le pays.
Ive correspondant du Star de Montréal, écrivait :
" Ottawa, 17 mars.
" Le discours prononcé par l'honorable Wilfrid Laurier, hier au soir, est considéré comme un des plus beaux qu'il ait jamais faits et comme une des plus admirables pièces d'éloquence qu'on ait entendues au Parlement depuis la Confédération.
" M. Laurier s'est exprimé dans les termes les plus nobles, sans faire appel à l'esprit de parti, sans injurier qui que ce soit, sans recourir à la déclamation, envisageant le sentiment des Canadiens-Français relativement à l'exécution de Riel sous son aspect le plus simple et le plus droit.
" Avec une clarté et une simplicité étonnantes, avec une profonde conviction, il défendit l'honneur de ses compatriotes contre l'accusation d'avoir attaqué les institutions du pays, parce que les tribunaux avaient condamné un de leurs concitoyens d'origine française.
" M. Galbraith, un député anglais et conservateur, dit, en montrant Laurier du doigt, à quelques amis : " Ce jeune homme sera, un jour, premier ministre du pays. "
M. Galbraith fut bon prophète.