‹ Discours à l'étranger et au CanadaChapitre 74 sur 113 · SOUVENIRS XCV · texte numérisé non relu

SOUVENIRS XCV

France, où il fut accueilli avec la plus vive sympathie et prononça des discours dont le fond et la forme furent admirés.

Des appréciations peu sympathiques de sa conduite, des critiques acerbes même de quelques-unes de ses paroles, l'avaient précédé en France, et produit une fâcheuse impression dans certains cercles.

On se rend difficilement compte en Franco de notre situation politique, on y confond souvent les pouvoirs et les attributions des divers gouvernements qui administrent les affaires fédérales et provinciales. Par exemple, on oublie que Laurier n'est pas le premier ministre de la province de Québec, mais de tout le Canada, qu'il est le chef d'un ministère qui, sur treize membres, ne compte que trois Canadiens-Français, qu'il est le leader d'une Chambre composée de 211 membres, dont cinquante seulement sont Canadiens- Français.

Plusieurs fois, j'ai eu l'occasion d'appeler l'attention de visiteurs français distingués sur ce fait important, et chaque fois ils m'ont dit avec chaleur :

" Mais alors, il est étonnant que le premier ministre soit un Canadien-Français, et qu'il réussisse à garder le pouvoir. Certes, il a grand mérite. "

Aussi les Français furent heureux de voir et d'entendre ce fils de la France devenu le premier ministre d'une colonie anglaise, et qui leur disait dans un langage ému :

" S'il est une chose que l'histoire de France m'a appris à regarder comme un attribut de la race française, c'est la loyauté, c'est la mémoire du cœur. Je me rappelle, mes-

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