SOUVENIRS XCVII
A la vivacité, à l'éclat de l'esprit français, il joint le sangfroid et le positivisme de l'Anglais, aux douces émotions d'une âme poétique, il unit les calculs ingénieux d'une diplomatie raffinée.
De tous les hommes d'Etat qui ont illustré la politique canadienne, personne n'a fait entendre avec plus de sincérité et d'effet le langage de la concorde, de l'union, de l'entente cordiale, personne n'a plus contribué à faire accepter le fait accompli et à convaincre les hommes de toute race et de toute religion qui habitent le Canada, qu'ils peuvent et doivent vivre dans la paix et l'harmonie.
La Confédération a été un cruel désappointement pour ceux qui berçaient leur patriotisme des rêves les plus brillants sur l'avenir de la race française au Canada, et ils ne sont pas encore complètement rassurés. L'exécution de Riel, l'abolition de l'usage officiel de la langue française au Manitoba et dans les territoires du Nord-Ouest, l'excitation religieuse et nationale soulevée par la question des école* et la guerre du Transvaal, les font réfléchir. Si déjà ces vastes et riches régions du Nord-Ouest ont déchaîné sur les vieilles provinces des tempêtes qui ont secoué puissamment les fondements de la Confédération, ils se demandent ce qui arrivera, lorsqu'elles seront représentées dan a le Parlement par une députation à peu près égale à celle de Québec. *
Quel rôle jouera l'élément canadien-français dans les conflits que l'avenir nous réserve, dans la lutte qui se fera pour la prépondérance.
Combien de temps durera le système fragile de com-