‹ Discours à l'étranger et au CanadaChapitre 77 sur 113 · XCVIII SOUVENIRS · texte numérisé non relu

XCVIII SOUVENIRS

promis et de concessions mutuelles sur lequel repose l'édifice de la Confédération ?

Quoi qu'il en soit, il faut bien reconnaître que, pour le moment, la politique de Laurier est la plus sage, la plus pratique, la plus favorable au développement, dans la paix et l'harmonie, des immenses ressources du pays, la plus propre à assurer les destinées du Canada français.

Sa politique est une politique de raison, de justice et de conciliation, de progrès matériel et moral ; sans cesse il fait appel à toutes les bonnes volontés, à tous les talents, à toutes les intelligences pour l'aider à exécuter les projets les plus propres à développer les immenses ressources du Canada, sans cesse, il demande que les hommes de toute race et de toute religion unissent leurs forces pour en faire l'un des pays les plus riches, les plus heureux de la terre.

Il veut créer un patriotisme canadien assez fort et assez sage pour unir les nationalités différentes qui habitent le Canada sans les confondre, les fusionner. C'est une rude tâche.

Ses éloquents appels ont été entendus toutefois, sa voix puissante a convaincu bien des esprits et produit une impression profonde dans les âmes, elle a fait germer partout des sentiments de conciliation et de bienveillance, elle a jeté du lustre sur la province de Québec et dissipé des préjugés irritants contre tout ce qui n'était pas anglais.

L'homme juste, qui tient compte de la situation difficile que l'élément français et catholique occupe dans la Confédération, peut-il affirmer que Laurier aurait pu faire plus qu'il n'a fait pour concilier ses devoirs comme premier mi-

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