‹ Discours académiques, suivis des discours prononcés pour la distribution des prix au concours général de l'université et devant diverses sociétés religieuses, et de trois essais de philosophie littéraire et politiqueChapitre 24 sur 36 · MINISTRE DK ^INSTRUCTION PUBLIQUE · texte numérisé non relu

MINISTRE DK ^INSTRUCTION PUBLIQUE

Jeunes élèves,

Personne ici ne saurait dire pour qui cette solennité a plus de charme, pour vous qui venez y recevoir les couronnes que vous avez conquises, pour vos parents qui les voient placer sur vos tètes, pour vos maîtres qui vous ont appris à les mériter.

Maîtres , parents , élèves , jouissons tous avec abandon de cette fête, car elle est le juste prix d’une année régulière et laborieuse. La discipline, de jour en jour affermie dans nos écoles, a partout maintenu l’ordre, seul garant du travail efficace et des succès légitimes. Les pensées étrangères à la science n’ont point distrait et énervé les esprits. La jeunesse, animée, ainsi qu’il convient, d’une ardeur vive à la fois et contenue , ne s’est appliquée qu’à

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remporter les victoires que nous proclamons aujourd’hui.

Les études ont ressenti l’influence de cette salutaire disposition. Plus variées qu’à aucune autre époque, elles n’en ont point été affaiblies. À cette condition seulement, l’étendue de l’enseignement est un progrès. Sans doute à mesure que l’esprit humain exploite un champ plus vaste, l’instruction publique doit le suivre et s’agrandir avec lui. Mais si elle y perdait sa force, si l’int«Uigence et le goût des éternels modèles du beau et du vrai en étaient altérés, il n’y aurait là que décadence. Les esprits peuvent déchoir et s’affaisser, comme les empires, par l’excès des prétentions et des conquêtes. Prise en elle-même, la science qu’on acquiert à votre âge est nécessairement peu de chose ; qu’il sorte de nos écoles des esprits sains , vigoureux , difficiles , fortement exercés à apprendre; elles auront bien mérité de la patrie.

C’est en maintenant avec scrupule l’intime alliance des lettres, de la philosophie et des sciences que nous atteindrons ce beau résultat. Quels temps, quelles circonstances y furent jamais plus propices que les nôtres? C’est l’honneur du gouvernement que la France a enfin conquis de n’avoir rien à redouter des plus brillants progrès de la civilisation, ni des plus libres développements de l’esprit humain : exempt de toute méfiance pusillanime, pur de toute partialité intéressée, il peut, il doit, il saura toujours honorer et encourager les lettres qui sont la civili-

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