‹ Discours académiques, suivis des discours prononcés pour la distribution des prix au concours général de l'université et devant diverses sociétés religieuses, et de trois essais de philosophie littéraire et politiqueChapitre 30 sur 36 · POUR LA RENTRÉE DE L’ÉCOLE NORMALE · texte numérisé non relu

POUR LA RENTRÉE DE L’ÉCOLE NORMALE

lustres corporations, c’est à vous surtout quelles appartiennent aujourd’hui; c’est vous qui avez à recueillir ce noble héritage. Au milieu de cet empire toujours croissant des destinations spéciales, des professions spéciales, qui caractérise notr'e société moderne , votre spécialité à vous , c’est la vie intellectuelle; c’est l’amour pur, la culture libre de la vérité et de la science. Leurs conquêtes futures sont de votre domaine, aussi bien que l’exploitation de celui qu’elles possèdent déjà. Il y a là je ne sais combien de gloires inconnues qui vous attendent, et dont vous vous emparerez, j’en suis sûr, pour la France et pour vous.

N’en doutez pas, Messieurs; ce double but de votre vie, cette double carrière ouverte devant vous étendront de jour en jour votre importance et celle de cette école. La modestie actuelle de votre vie et de vos travaux n’en étouffera point la grandeur. Restez modestes, et soyez pourtant confiants dans votre destinée. Ayez des prétentions sages et des pensées hautes : vous en avez le droit. Je ne saurais prendre sur moi de vous garantir raccomplissement des vœux si légitimes que vient d’exprimer votre honorable chef pour l’établissement distinct, définitif et suffisant de cette grande école : mais je m’y emploierai de tout mon pouvoir, et soyez sûrs que tût

ou tard vous l’obtiendrez. L’Kcole normale tiendra trop de place en France pour que la France ne lui donne pas, sur notre sol et dans nos rues, la place dont elle a besoin.

PRONONCÉS PAR M. GDIZOT

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