Discours de Pasteur à son Jubilé
pensée en ajoutant : « Vous n’y trouverez pas toujours la gloire, vous n’y trouverez jamais la fortune, mais vous y sentirez cette douceur d’être chaque jour quelque chose de plus que la veille et d’avoir apporté dans le monde votre part de vérité. »
Et c’est ainsi qu’après avoir médit des conseils en débutant, je me trouve conduit à vous en donner moi-même. Je me demande même avec un peu d’appréhension si je n’ai pas fait fausse route d’un bout à l’autre de cette petite allocution, en distinguant, comme je l’ai fait, entre les conseils et les exemples. Lorsque vous avez entendu, ici même, M. de Vogüé vous prêcher la foi dans les forces morales, M. Lavisse vous recommander de voir clair dans la vie, M. J. Ferry d’être toujours jeunes et ne jamais vous décourager, M. Zola de croire à la puissance du travail, que faisaient-ils, et que faisaient aussi ceux de vos présidents que je n’ai pas nommés, sinon ériger en conseils leurs exemples? Ainsi fait Pasteur, ou plutôt ainsi fais-je en vous parlant de lui. J’ai essayé de vous montrer que sa grandeur ne l’empêchait pas de servir de modèle. Dans ces vies si variées, qui se déroulent ou se sont déroulées , sous vos yeux, chacun de vous incline vers celle qui est le plus d’accord avec ses aspirations et la pente de son esprit. C’est là votre façon de vous relier au passé; c’est là le secret des bons rapports que vous
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entretenez avec vos anciens. Vous dites tout haut que vous leur savez gré de leurs efforts et de vous avoir fait la voie plus large et plus droite. Eux ne sont jamais plus heureux que lorsque, en écoutant de votre côté, ils entendent le frémissement printanier de la terre féconde. Puisque nous sommes à l’heure des toasts, permettez-moi de boire à la prochaine moisson, et pour ne pas quitter mon sujet, à quelque jeune Pasteur qui est peut-être là parmi vous, s’ignorant encore, mais déjà marqué du signe qui, avec de la persévérance dans le travail, peut en faire un grand homme.
La réponse au discours de M. Duclaux a été prononcée par le président de l’Association, M. Fr. Morel, licencié ès-lettres.