‹ Discours aux étudiantsChapitre 5 sur 59 · M. Renan · texte numérisé non relu

M. Renan

Je n ai point d’orchestre à votre service ; mais je sais très bien un air que je suis prêt à souffler de toutes les forces de mon âme ; je dis souffler parce qu il s’agit d’un air de trompette, la sonnerie du ralliement.

Le ralliement, quelle belle chose, quelle bonne chose, et comme elle est partout nécessaire à 1 heure présente ! Pour ne parler que de nous, comme vous avez bien fait de trouver un point de ralliement aux écoliers et aux maîtres, à la jeunesse et à la vieillesse des écoles!

Nos mœurs scolaires sont en progrès par le seul fait de votre'existence.

Il y a un mois nous étions réunis pour écouter ensemble de la musique et des chansons 1 . Nous nous revoyons aujourd’hui autour d’une table qui porte, non pas l’attirail des instruments d’examen, mais des fleurs, des fruits, des lumières et, comme on dit en style noble, des flacons. Peu à peu se modifient nos habitudes et notre façon de penser les uns sur les autres. Il fut un temps où le maître était, pour le plus grand nombre des écoliers, un personnage solennel, inaccessible, et même — les jour d’examen surtout — un ennemi. Avouez-ie, et je vous accorderai en échange que, pour certains

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