LES FÊTES UNIVERSITAIRES DE
dent de l’Association de Paris, Georges Chaumeton, qui présenta les étudiants au savant.
Cher et illustre Maître,
Les Étudiants de France, réunis à Paris, vous présentent l’hommage de leur admiration, de leur respect, de leur gratitude pour l’honneur que votre gloire fait rejaillir sur notre pays. Les Étudiants des Universités étrangères ont voulu joindre leur hommage au nôtre.
Le jour où l’Institut Pasteur a été inauguré, vous disiez, dans une de ces harangues où vous atteignez sans effort et par l’élan naturel du génie à la plus haute éloquence : « La science n’a pas de patrie, mais le savant en a une. »
Non, la science n’a pas de patrie. Mais pourtant, partout où elle est cultivée,, elle sert une patrie. Elle n’a point fait les frontières entre les peuples, mais elle arme et défend ces frontières. Elle embellit et améliore l’humanité ; mais elle sert aussi les passions des hommes. Elle guérit mais elle blesse, comme la lance du héros d’Homère.
Dans vos mains, cher et illustre Maître, la science ne sait que guérir.
C’est pourquoi votre nom est grand entre tous. C’est pourquoi l’Institut Pasteur a été fondé avec le concours de toutes les nations civilisées. C’est pourquoi les Étudiants de tous les pays vous honorent et vous saluent aujourd’hui.
Vous nous voyez tout joyeux devant vous. Nous sommes heureux que nos camarades étrangers aient répondu avec tant d’empressement à notre appel. Quelques jburnées ont suffi pour faire de ces camarades des amis. Nous aimons
leurs pairies d’où ils nous ont apporté des témoignages cordiaux de fraternité. Le temps n’est plus où le patriotisme se croyait obligé de dénigrer l’étranger et de lui souhaiter tous les maux.
Décidés que nous sommes à dépenser au service de la France toute l’énergie de nos âmes et, s’il le faut, toutes les goutles de notre sang, nous acceptons la doctrine de la concurrence entre les peuples. Nous la voulons forte et ardente. Nous souhaitons à tous la paix, la joie et la prospérité.
Il est un point cependant où nous ne voudrions être dépassés par personne. Nous ne voudrions pas qu’aucun peuple fût plus humain que la France. Et cela ne sera point tant quelle aura des hommes comme vous.
A l’un des maux les plus terribles qui puissent tourmenter un homme avant de le tuer, à la rage, l’ancienne thérapeutique n’opposait d’autre remède que le fer et le feu. Ce sont justement les moyens qu’emploie l’ancienne politique. Cher Maître, nous savons bien que l’ancienne politique n’a pas dit son dernier mot. Mais nous sommes fiers que la thérapeutique par le fer et par le feu ait été vaincue par vous et que les mains qui guérissent si doucement la rage, ces mains vraiment humaines, soient des mains françaises.
Discours de M. Pasteur
Mes chers amis,
Avant-hier, à la Sorbonne, lorsque vous acclamiez avec l’enthousiasme de la jeunesse tous ceux
qui vous ont préparé les merveilleuses ressources du travail, je me disais que non seulement vous donniez un admirable spectacle de reconnaissance, mais que vous provoquiez encore un phénomène singulier, celui d’embarrasser vos maîtres qui ne ^ savent comment vous remercier.
Les rôles sont intervertis. C’est vous qui semblez couronner vos professeurs. Dans ce désir de faire éclater vos sentiments de gratitude, vous venez jusqu’ici m’apporter vos vœux et fêter ma cinquantaine d étudiant. Je vous remercie de tout mon cœur.
Je vous remercie plus particulièrement, vous, les délégués des Universités étrangères qui, depuis votre arrivée à Paris, donnez à la France des témoignages de sympathie que la France voudrait vous rendre au centuple, mais qu’elle n’oubliera jamais. Je salue respectueusement vos bannières, emblèmes de vos patries.