‹ Discours (volume 2)Chapitre 31 sur 73 · DU UBA!I · texte numérisé non relu

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question, lèglement assez difficile à comprendre, à connaître même, parce que nous n*en aTons pas une version authentique, mais où Ton voit éridemment une chose : c*est que les protégés de la France, qui sont en majorité dans le pays, sont en farès-grande minorité dans les conseils nouveaux qu'on institue; en outre, qu*il y a exclusion formelle prononcée contre les liaronites, contre les Syriens qui auraient ioToqué d'une manière directe la protection de la France. Ils sont exclus, par cela même, de la composition des conseils qui ont été institués. Si ce n*est pas là une atteinte formelle aux droits, à la dignité de la France, je ne sais vraiment ce ([q'ou pourrait qualifier de ce nom.

Je soumets donc ces trois questions à l'appréciation de la Chambre d'abord, et ensuite à la bonne volonté de M. le ministre des affaires étrangères. Le nouveau règlement est-il authentique? N'est-il pas en contradiction avec l'administration unique et chrétienne du Liban? N'est-il pas une nouvelle atteinte aux droits de la France?

Mais avant de descendre de la tribune, je dois déclarer que qoant à moi, je suis intimement convaincu qu'il ne peut pas y avoir dans le décret que je viens de citer un acheminement au but que nous devons nous proposer. Il est évident qu'il y a là plutôt un obstacle qu'un acheminement. Si rien n'avait ^^ fait, on aurait pu du moins compter sur le temps, objecter à nos plaintes qu'il n'j avait qu'un retard et que rien n'était compromis pour l'avenir; mais, en présence d'un acte ^mblable aussi solennel qui maintient, qui garantit, qui ^grave l'état de lutte, de partage, de dualité où se trouve l'admimstration de ce malheureux pays, on a reculé au lieu d'avoir avancé vers le résultat auquel vous prétendiez «Priver.

Je ne puis donc m'empêcher d'exprimer la crainte qu'il

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n'y ait là , de nouveau , dans ce dernier acte une défiiilf cruelle et humiliante pour la politique française; je ne puis ra'cmpéchcrd'itxprimerde nouveau la douleur que j'éprouve en voyant la triste et incurable mollesse qui a été sans cesse apportée dans celle question du Liban par l'ambassade française à Constantinople. Je dis cela après avoir examiné le)^ pièces qui nous ont été distribuées par le Gouvernement français, et les pièces qui out été distribuées au Parlement anglais. Et pourquoi cette mollesse? Pourquoi cotte faiblesse? Je vais vous le dire. Évidemment la difficulté qui existe là n'est pas une dîfQculté avec la Turquie, vous le savez assez; et si on en voulait une preuve nouvelle, je lu trouverais dans le caractère et dans les antécédents du premier ministre actuel de la Turquie, de Keschid-Pacha. Je suis donc convaincu que ce n'est pas laque réside l'obstacle sérieux et déterminant qui recule la solution des affaires dii Liban. Cet obstacle existe évidemment dans les puissance» européennes, et spécialement dans cette Autriche que vous avez courtisée sans succès, que vous avez espéré gagner, el qui vous repousse. Or c'est là ce qui vous a fait fléchir, parce que c'est là malheureusement une des exigences et des conséquences de votre politique, de votre funeste rentréi' dans le concert européen.

Je ne prétends pas qualifier de nouveau cette politique; elle l'a été d'une façon trop brillante el trop complète à l'autre Chambre. Je suis convaincu, Messieurs, que vous êtc^ encore, comme le pays tout entier, sous l'impression de ce;admirables paroles auxquelles je fais allusion , celles de 51. de Lamartine. Je me garderai bien de les affaiblir en les l'épéluut ou en les paraphrasant, mais je m'y associe comj>léteuient, et je déclare que si M. le ministre des affaires étrangci-es, en admettant qu'il ne veuille pas me répondre

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aujourd'hui, comme il me l'a annoncé d'avance], si d'ici à quelque temps il ne vient pas à bout de donner un démenti complet, un démenfi foudroyant à tout ce qui a été avancé par moi et par d'autres ; s'il ne vient pas à bout de défaire tout ce qui a été fait dans le Liban et de nous confondre par ce succès (ce que je désire de toute mon âme), cette réprobation du pays et du monde chrétien qui lui a été si éloquemment prédite à la tribune de l'autre Chambre pèsei*a de tout son poids sur lui et sur sa politique.

M. Guizot, ministre des affaires étrangères, répondit qu'une discussion dans les circonstances actuelles serait inopportune, et qu'elle pourrait nuire à la fois à la pacification du Liban et à l'affermissement de l'influence française dans ces contrées.

M. le comte de Montaiembert répliqua :

Je ne veux pas prolonger cette discussion; mais je ne puis pas admettre qu'un débat dans cette enceinte , ou dans le sein du parlement français, puisse retentir autrement que d'une manière salutaire dans un pays où le crédit de la France a un besoin impérieux d'être maintenu et rétabli.

(Extrait du Jfofit(^r du 30 juin 1846.)

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