‹ Discours (volume 2)Chapitre 5 sur 73 · K ATTEINTES PORTÉES · texte numérisé non relu

K ATTEINTES PORTÉES

norable M. Robinet, aiilcur du rapport dont les conclusions ont éti: été adoptées , et qui est cît<^ dans le Journal des Débats, a laissez faire les Ufsulincs, et bientôt nous serons (i tellement circonvenus que nous ne pourrons plus fain: M un geste sans leur permission et sans qu'elles en soient « instruites. [Nouveau mouvement.)

Messieurs, on ne réfute pas de semblables attaques, on les cite, et cela sufTit.

J'abrège à dessein celte triste énumération, plus longue que vous ne le voudriez, et beaucoup plus longue que je ne le voudrais moi-même : elle était nécessaire pour vous prouver quelles sont les conséquences de ces attaques perpijtuelles, entreprises contre toutes les œuvres et toutes les institutions de l'Église, tantôt par une portion de la pi-essc, t;mtôt par l'administration elle-même.

Un mot maintenaut à ceux qui reconnaissent le mal et qui le déplorent, mais qui en méconnaissent la source, qui rc])rochent aux évtVjues d'avoir amené ce m;J par leurs dénonciations contre l'assenissement de l'éducation, et d'avoir arrêté le mouvement religieux qui se faisait. Ce roprocbe n'est fondé que sur une équivoque. Si on entend par mouvement religieux Je ne sais quelle tolérance dédaigneuse jmur un ennemi qu'on croyait vaincu à jamais, ou je ne sais quel abus romantique des mots et des formes religieuses dans l'art et la littérature, j'accorde que ce monvemeat-là s'est arrêté, et je n'y vois rien à regretter. Mais si l'on entend par mouvement religieux la disjwsition qui fait croire et pratiquer ce qu'on croit, je nie formellement que ce mouvenient-là se soit arrêté.

Je n'ai pas encore rencontré un seul bomme dont l'orage actuel ait ébranlé la foi ancîeime ou récente. Et la foule qui se presse chaque jour au pied de nos chaires et de nos

A LA UBERTÉ RELIGIEUSE. 29

autels, augmente chaque jour au lieu de diminuer, comme on se le figure. D'ailleurs, il n'y avait pas de temps à perdre; avant le commencement de la lutte, le mal était tout autrement évident que le bien. A la faveur du système d'éducatioà que Tépiscopat en masse a dénoncé après treize ans de patience et d'attente, ce mal s'infiltrait tous les jours davantage dans les entrailles du pays , et tout ce qui a été semé pendant cette saison d'attente fait explosion aujourd'hui.

Une plus longue patience était impossible , et voici pourquoi. Écoutez ce que disait l'honorable M. Guizot en 1837 : a Les générations n'attendent pas : elles se succèdent sans relâche dans nos écoles, et de là vont, aussi sans relâche, porter dans le monde le bien qu'elles ont acquis ou le mal qu'elles ont contracté. Tout ceci est urgent, continu ; il n'y a pas un moment à perdre, car chaque moment a des résultats irréparables, salutaires ou amers. »

Voilà ce que disait l'honorable M. Guizot en 1837; voilà ce que les évêques ont senti et compris; voilà pourquoi les évêques et les catholiques ont parlé. Un silence plus long eût été une prévarication. Avant tout, il ne faut pas qu'à la vue des ruines de la société actuelle la postérité puisse jamais dh^ : L'Église catholique était là et elle u a rien empêché. A l'avenir, on saura que si l'Église ne l'emporte pas sur la démoralisation croissante que constatent vos statistiques , c'est parce que vous l'avez garrottée. Le mal existe : l'Église peut en être la victime; elle ne doit jamais en être la complice. Le premier devoir de l'Église est de veiller à son bonoeur. Salvo honore Dei, disaient nos anciens prélats dans toutes leurs concessions; sauf l'honneur de Dieu ! et l'honneur de Dieu, pour leurs successeurs comme pour nous, c'est l'honneur de l'Église.

M ATTEIWTES PORTÉES

On se Iromiw, d'ailleurs, en croyant que tout ee débordement d'injiiiiîs et do vinienci!S soit propre a aflaiblir le sentiment religieux dans les cœurs ([ui sont capables de le goûter. Il faut bien peu connailix: l'histoire du cœur humain et celle de la religion pour nourrir de telles appréhensions. Les grandes irijua>s enfantent les grandes réparations. Savezvous ee qui sort de toute cette Tangc qu'on remue contre nous? il en sort l'amour, l'amour fécond, généreux, complet, de celte Église qu'on insulte. Plus on entassera contre elle oilomnie sur calomnie, et plus elle trouvera des cœurs disposés à lui payer le tribut de leur dévouement et de leur obéissance. Nous avons, sur ce |)oint, des déuionstrations irréfutables dans le nombre et la nature des vocations ecclésiastiques et dans les chaleureux dévouements qui su manifestent parmi les laïques. Ah ! Messieurs, laissez-moi vous le dire, au sein de cette région politique où les convicLions religieuses sont reléguées dans ce fond de la conscience (pie l'on fouille si rjrement, on ne se doute pas de ce qu'éprouve un chaHien lorsqu'il voit l'insulte prodiguée au prêtre qui le confesse, à la religieuse qu'il appelle au chevet de son ami malade ou mourant, aux religieux qui élèvent ses enfanls, à tous les objets de son culte et de sou respect! On ne sait l»as combien la douleur même qu'il éprouve retrempe sa foi cl son courage. S'il m'était permis de nio citer moimême pour exemple, et si l'on me demandait à quelle occasion se sont ancrées dans son âme ces couviclions que je viens exprimer devant vous avec une hardiesse légitime, mais inaccoutumée, je dirais que ce fut en ce jour où, il y a quatorze ans, je vis la croix arrachée du fronton des églises de l'aris, traînée dans les rues, et précipitée dans la Seine aux applaudissements d'une foule égarée. Cette croix profanée, je la ramassai dans mon cœur, et je jurai de la servir

A Lk UBEkTt «ELICIECSC ^1

1^ de Im défienâre. Ce que je Tne sais dit akws, je 1 w ùH dcpoDS^ cl, sH phil a Diea^ je le ferai touioors.

Je n'a |tts été seol alors; je ne serai pas seul <lésormats« A|RS oékk il ne faut pas croire que nous nous fassions îUusaQo sur la portée de nos ellbrt&, sur Télendue de nos snœès. Noos sonsmes à mille lieues de croire à une TÎdoirc prompte oo bdle. Noos connaissons notre faiblesse; nous savons qaH nous est réservé de rencontrer beaucoup do ruse et d^acliamement chei nos adrersaires , beaucoup de mollesse et de torpeur chez nos auxiliaires. C^est là lliistoine de toutes les lattes qui ont jamais été oitrqfvrises pour le dixnt d poorlaTérité: elles ont toujours été de grandes diosesentn^ prises arec de petits moyens. Je ne crois pas que nous manquions de courage; mais nous avons encore plus de (>atience qne de courage. La patience n'est pas seulement pour nous une Tertu, c'est une haUtude et une nécessité. Elle n'est pas difficile quand on a derrière soi dix4iuit siècles d'épreuves et de triomphes. La patience, c'est-à-dire la confiance dans l'avenir, ne coûte guère à qui se sent appuyé sur le |>assé le plus glorieux, le plus fécond et le plus ancien qu'il ait jamais été donné à l'homme de rêver.

Un chapitre de plus dans la longue histoire des iniquités et des persécutions dont l'Église a été victime n'a rien qui Dous effraye ou qui nous étonne. Ce qui est sûr, c'est que l'Église ne sortira pas la plus malade, la plus blessée de ce conflit. Et après avoir longuement accusé les faux libéraux, je terminerai par un mot à l'adresse des faux coiisorvatoiirs, de ceux qui croient garantir le pays et le jwuvoir en s'associant aux clameurs et aux préjugés de nos ennemis. Us verront dans peu ce qu'ils auront gagné à mécoimatiro et à aliéner la seule force qui n'a jamais rien détruit; qui a toujours conservé, sanctionné, purifié tout ce qui pouvait rèlre;

SS ATTEINTES PORTÉRS

qui a toujours été l'allicc la plus fidèle do l'niitorité en même U-mps que la sauvegarde la plus pure de la liberté ; qui a fait de l'exercice de cette aulurïtc une missiou sacrée, et de l'obéissance une vertu ; en un mot, qui a toujours su maintenir le pouvoir temporel en le contenant.

Quoi qu'il arrive de cette lutte, l'Eglise n'aura point à s'en affliger ni à s'en repentir. Elle a pour elle la liberté; cela est incontcsiabic. Elle y porte la raison , la vraie, la saine raison qu'elle seule a conservée au genre humain, ot dont elle a toujours respecté les droits en les réglant. Quant à cette autre raison, soi-disant calme, respectueuse et inflexible, qu'on évoque contre elle dans un document fameux', qui se pose en rivale et en juge de l'Église, qui prophétise sa défaite, nous n'avons point à la redouter.

Nous voyons encore quelquefois le nom de cette raison-là gravé sur le portail de nos églises profanées en 1793, clou notre foi est cependant rentrée. Nos pères l'ont vue, cette même raison, transformée en déesse, et intronisée sur le maître-autel de Notre-Dame, vous savez sous quel vivant symbole ! Vous savez aussi combien de temps elle y est restée. Elle en est dcôcendue pour aller aux gémonies de l'histoire, et elle y restera. L'Église catholique est accoutumée à ce genre d'inimitiés, comme à tous les autres, accoutumée à les subir, accoutumée aussi à les braver. Contre tous ceux qui la calomnient, qui t'enchaînent ou qui la trahissent, elle a depuis dix-huit siècles une victoire et une vengeance assurées : sa vengeance est de prier |iour eux, et sa victoire esl de leur survivre.

' Le rappurl de X TUiers sur la lo proposée pur M. Villemain en 1844.

M. Martin (du Nord), garde des sceaux et ministre des cultes, repoussa au nom du Gouvernement les accusations de M. de Montalembert. Il soutint que l*État n'avait jamais songé à empiéter sur les droits de TÉglise, mais seulemeut à garantir rindépendancc du pouvoir temporel. 11 demanda, en terminant, s*il n'y avait pas plus d'inconvénient que d'avantage pour la religion de ranimer un conflit qui semblait depuis quelque temps s'apaiser, et dont il désignait M. de Montalembert lui-même comme le principal auteur*

M. le comte de Montalembert lui répondit :

Sans doute, Messieurs, j'aurais mieux aimé mériter le suffrage de M. le garde des sceaux, s'il avait cru pouvoir me le déœmer, mais ma conscience me permet de m'en passer. Ce n'est pas à lui que j'ai à demander l'autorisation de défendre la religion comme je l'entends, et ce n'est pas à lui, qu'il me soit permis de le dire avec le plus grand respect pour sa personne, ce n'est pas à lui que j'ai à demander l'approbation dont j'ai besoin. Cette approbation, je le dis non pas pour m'en enorgueillir, mais pour me défendre, cette approbation je l'ai reçue de la part de tous ceux dont le suffrage m'impoi*te, dont le suffrage est précieux pour mon âme et pour ma conscience. Je ne dis pas cela, je le répète, pour me vanter devant vous, je le dis simplement pour en prendre acte en présence de la critique sévère que M. le garde des sceaux m'a adressée, et qui ne me blesse pas ; car, pour m'adrcsser cette critique, il s'est placé, comme dans tout le cours de son discours, sur un terrain que je lui conteste : il est appuyé sur ce terrain par votre concours ; il y est appuyé par votre approbation, par vos sympathies : c'est un bien qui me manque, c'est une force nouvelle et très-considérable pour lui ; mais ce n'est pas pour moi un motif de confusion, ni, j oserai le dire, d'une de ces défaites intérieures qui font regretter à un homme de cœur le parti qu'il a pris. {Mouvement.) Je ne reconnais pas à M. le garde des sceaux la mission de

Œavivf. II. '- Diteoan. ii. .*)

ATTE1>TKS PORTEES

juger la valitlité des services que je puis, que je dois rendre à l'Église. Et poimjuoi n'a-t-il jas cette nnssion ? non pas, à touj> sur, que je lui refuse l'intellijjence el la pcnétratioD, et la solidité du jugemeul qui jmîuI le porter à exprimer de pareilles opinions &uv moi, mais paae que je lui refuse ce caractère d'autorité eu matière ecclésiastique , eu matière de cousdence, à laquelle il aspire, qu'il veut exercer [murmures), eldont il a justifié l'exercice pendant tout son discours. I] se croit, cela est évident, il se croit investi d'une ccrtiiine autorité en matière spirituelle. {Interruption.)

Linpair. Il a dit le contraire.

M. LE COMTE i»E JVIo^TALl^MDEltT. Je l'avouc, je ne conçois j*us l'interruption; mon iiilelligeno; est jieul-èUe extrêmement restreinte, je suis prêt à l'admettre ; mais elle ne me permet [kis de déduire un autre résultat de rcnsemble de son discours. J'en admets l'éloquence, j'en admets l'adresse ; mais je suis obligé de reconnaître que sa déduction se fonde tout entière sur une opinion inexacte. 11 se croit, en sa qualité de ministre de la couronne, investi d'une certaine autorité qui n'appartient pas à tout autre citoyen sur les matières spirituelles. Eb bien! je crois que, sous ce rapport-là, il se tromjie. Je ereis que cette persuasion où il est, et où il est appuyé par vous, jH^ut lui valoir votre apprebatiou en ce moment, mais lui attirera à lui ou à ses successeurs, et au tîouvernument dont il est l'un des chefs, des embarras inextricables.

Je ne l'ai jamais accusé d'avoir persécuté le clergé, et toutes les réponses qu'il m'adresse sur ce point tombent à faux. J'ai distingué soigneusement les diverses espèces d'inimitiés contre lesquelles le clergé avait à lutter: j'ai signalé d'abord les inimitiés des passions, et J'ai eu soin de dire que le (îouvcmement n'en était pas l'auteur. Mais j'ai dit qu'il s'y associait dyns une certaine mesure ; iju'il y avait u ue cer-

faÎDe complicité morale de sa part, non pas avec toutes ces attaques, non pas ayec toute leur yinilence, ayec toute leur amertume, mais dans une certaine mesure. Jai dit qu'il ayait manifesté cette complicité par les poursuites dont il a cherché à se justifier derant tous. Or, je ne crois pas que sa justification ait été complète, et qu'il ait réussi à démontrer qu'il avait toujours montré cette impartialité dont il s'est yanté, lorsque, d'une part, il y a impunité complète contre les attaques dont le clergé est l'objet, et que, d'autre part, il y a poursuite acharnée contre des ecclésiastiques, dont l'un, après avoir été renvoyé absous par une cour royale, est poursuivi de nouveau par lui devant la cour de cassation, dans l'espoir d'obtenir ainsi de nouvelles chances de condamnation.

Je ne reconnais pas* là une impartialité complète : c'est là, du reste, une question de fait, si c'est de quelques faits analog:ues que j'ai prétendu déduire la complicité morale du Gouyemement avec les attaques des ennemis de l'Église, sans prétendre pour cela le rendre directement responsable des attaques qu'il déplore avec moi.

Je ne l'ai pas même accusé d'avoir abandonné le clergé ; ce que je l'accuse d'avoir abandonné, c'est la liberté ! c'est la liberté religieuse, liberté qui est consacrée, sinon par nos moeurs, du moins par notre Constitution et par la Charte qui nous régit. M. le garde des sceaux est très-fort sur les articles organiques, il est très-fort sur les libertés gallicanes, il est très-fort sur toute la législation ecclésiastique ; mais il ne me parait pas également fort sur l'application de la Charte , de la Constitution nouvelle de la France , à la législation en matière ecclésiastique. Cette législation est tout entière antérieure au nouveau droit constitutionnel et politique des Français , et je crois qu'elle est en désaccord avec lui. Pour moi, je ne reconnais pas d'autres lois que

36 ATTKINTES l'ORTKliS

celles qui sonl com)ialil>les avec la (Uiailc que nous avons jurée. Eh bien ! je le déclare , dans une foule de dispositions adoptées ou inventées par M. le garde des sceaux et ses prédécesseurs, il ï a, dans ma conviction intime, incompatibilité avec la Charte, avec le principe nonveau qui donne In liberté complète à toutes les formes religieuses. Ce principe n'est pas appllipié, il est méconnu par la plupart des lois antérieures à la Charte, et il est combattu par la pratique journalière de l'administi'ation des cultes. Ce que je blâme et ce que j'attaque dans l'admiuistration des cultes, c'est la jn-étention et le sysli;me arrêté de vouloir appliquer cette législation rétrograde et surannée à tous les faits religieux. C'est une prétention incompatible, je le répète, avec la Charte cl qui |iro- <iuira pour le Gouvernement des emlarras insurmontables. Il existe un conflit religieux en France; je ne dois j>;is avoir besoin de me justifier devant vous du reproche que m";i fait M. le garde des sceaux, de l'avoir suscité. Je n'ai pas besoin de me défendre longuement là-dessus. Je pourrais presque dire, comme l'agneau de la fable, que je n'élais pas né loi'squ'il a éclaté, car j'étais alors à huit cents lieues de lit Fraua', et je ne suis venu prendre part à cette lutte que loi-squ'elle avait déjà atteint son ap(^ée. Ce conflit existe. Je disjikraitrais demain qu'il n'en existerait pas moins. Cxtmnieut vous eu tircrcz-vous ? J'avoue que je ne vois qu'une seule issue, tant dans l'intérêt du pouvoir que dans celui de la religion : c'est la liberlé ; c'est de reconnaître largement, généreusement et complètement, le principe posé dans notre Constitution, et qui a Itesoin d'être introduit dans nos lois el surtout dans leur application, telle que le Gouvernement ta conçoit. C'est ]>ar là seulement qu'on viendra à lœut, d'une part, de satisfaire les évéques, le clergé, les catholiques, duni M. le garde des sceaux a parlé tout à l'heure en termes

si convenables et si affectueux. S'il désire, comme il l'a dit, tes concilier, leur témoigner ses égards et son affection, il n'y parviendra, j'ose le dire, et ce n'est pas moi seulement ({ui parle (cent voix plus imposantes que la mienne l'ont dit :i satiété], qu'en reconnaissant, en défendant avec eux la liberté qu'ils réclament. Il ne s'agit pas de cette liberté illimitée contre laquelle il s'est élevé, et qui n'est qu'un Tantôme que personne n'invoque. Il s'agit de cette liberté constitutionnelle et nécessaire garantie par la Charte. C'est là, il faut bien s'en convaincre, le seul moyen de satisfaire les catholiques ; et, d'un autre côté, c'est le seul moyen d'imposer un frein aux passions déchaînées contre nous, et dont nous ne sommes ni les auteurs ni les complices, (^es passions, il faut ou les retenir ou les satisfaire. Les satisfaire, c'est entrer danâ cette voie de la violence qui n'a jamais porté bonheur à personne, -et oii je souhaite au Gouvernement, dans son propre intérêt, de n'être jamais entraîné. Si Ton ne veut pas y être entraîné, si l'on veut mettre un frein aux excès que l'on déplore, le seul frein possible, le seul remède est de proclamer, d'appliquer franchement les principes de la liberté et les conséquences de la Charte : or, d'après le discours de M. le garde des sceaux, je crains qu'il n'en soit plus éloigné que jamais.

Encore une fois, je ne l'accuse pas d'avoir la malice des persécuteurs; mais je l'accuse, et plus encore que lui, le système administratif dont il est le représentant et le chef, je l'accuse de n avoir ni le courage ni l'intelligence de la liberté.

(Extrait du Moniteur du 15 janvier 1845.)

Après ce discoui*s, la discussion s'établit sur d'autres questions. Le 18 janvier, Tenseuible de l'adresse fut adopté par tt4 voix contre 39.

Page 1