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avanies les [ihts cruelles. J'ai le regret pmCoiiil de dire i|ue les agents placés sous le coulrôle du Gou\eri)cmenl, et que le Gouveriiement hii-même. se sont Jissociés par des actes à ces mesures humiliaiiles pour le pays tout entier. A Sens, des filles \ouées à la plus pénible des missions, à celle de recneillir et de purifier les victimes infortunées de la débauche, et de leur offrir cet asile qui porte à juste titre le nom du Bon Pasteur, ont vu leur domicile violé et leurs j)ersonnes insultées [lar le maire, qui a reçu depuis cet exploit la décoration de la Légion d'bonneur. A Tulle, p;iice qu'une jeune fille majeure a cru pouvoir user de sa liberlc pour se vouer à la vie chaste, pauvre et obéissante des filles de sainte Thérèse, un arrêté ministériel a ordonné la dissolution d'une comnmnauté de Carmélites, et n'a été retiré que grâce à l'énergique résistance de l'évèque, et moyennant l'injuste et l'injurieuse interdiction tic leur chapelle. A Avignon, un arrêté émané du même ministère a esclu les sœurs hospitalières du grand hospice de cette ville, où depuis deux siècles elles versaient sur tous les germes de souffrance tous les trésors de la charité. Cet arrêté a été pris sans aucun motif avoué, malgré l'indignation du peuple et les protestations de vingt conseillers municipaux; et l'une de ces sœurs, une malheureuse insensée, au mépris de la triple majesté de son sexe, de son habit et de son malheur, a été soumise à des traitements tellement étranges et tellement indécents que je craindrais de manquer à la pudeur publique et à la dignité de cette tribune en les racontant. J'en tiens le récit de la bouche la plus vénérable, et j'ai d'ailleurs lieu de croire L'I d'espérer que cette déplorable affaire sera plus tard l'objet d'une discussion approfondie et de votre censure. Je me borne à vous l'indiquer pour vous montrer que ce n'est pas seulement à la polémique religieuse qu'on en
Ailleurs, c*est un sou&-préfet, celui de Brives, qui, le 24 octobre dernier, a cru pouvoir faire crocheter, oui. Messieurs , littéralement crocheter par un serrurier, les portes de l'église de Saint-Semin, pour y introduire le corps d'un homme qui vivait dans des liens que la morale de l'Église réprouve, qui avait refusé les derniers secours de la religion, et auquel, par conséquent, les lois de l'Église et du bon sens défendaient d'accorder les honneurs d'une religion qu'il avait méconnue pendant la vie. Ailleurs encore, c'est un préfet, celui de la Meurthe, qui par l'extension la plus abusive de la loi contre les loteries, a interdit à la société de Saint-Vincent de Paul de continuer sa loterie annuelle au profit des pauvres, à moins qu'elle ne s'engageât à en refuser le produit aux indigents qui n'auraient pas deux ans de séjour dans la ville, et a privé ainsi les pauvres de Nancy d'un secours de de 1 0,000 francs , que cette loterie avait valu l'an dernier. C'est ainsi que la bureaucratie, après avoir envahi le domaine, naguère inviolable, du culte, de l'éducation, de l'association, s'en va poursuivre la vertu chrétienne jusque dans ses derniers retranchements, et fait de l'aumône elle-même une affaire de police.
Il n'eût pas été surprenant, après de tels exemples émanés de l'administration , et après l'effervescence entretenue sur les questions religieuses par la presse ennemie, que les différents corps électifs du pays, les conseils généraux et municipaux^ se fussent à leur tour livrés à des démonstrations contraire^ à la liberté religieuse. Heureusement, nous n'ayons point à gémir sur ce résultat. Vous vous en féliciterez avec moi. Malgré les provocations expresses et directes d'un journal redevenu fameux, où trois anciens ministres, trois ministres du 1'' mars, l'honorable M. Thiers, l'honorable M. de Rémusat et l'honorable M. Cousin , ont l'avantage
W ATTEIMRS POUTEER
d'être les collaborateurs de l'honorable M. Sue {mouvemeni); malgré CCS provocations d'im organe si puissant, riinmense majorité des conseils généraux n"a témoigné, jusqu'à présent, aucune hostilité contre les droits de la conscience et des familles. Il en est cependant un petit nombre , neuf sur quatre-vingt-six, qui ont suivi la voie qui leur était ouverte avec tant d'empressement; et je ne crois pas pouvoir me dispenser de vous signaler, en passant, connue symptôme de cet esprit tyrannique que je combats dans loutes ses formes, le vole du conseil général de la Vendée, qui demande que le sacerdoce catbolique, ce corps qui a Fait l'éducation de toute l'Europe chrétienne, soit formellement exclu de toute inter^ venlion quelconque dans l'instruction publique en France. Voilà où en sont arrivés ceux qui, il y a quelques années, prétendaient soutenir contre nous la liberté et l'égalité! Je livre encore à vos réllexions le vote du conseil générai de Seine-et-Marne, retranchant 100 francs d'un subside fait à l'évèque de Meaux, pour punir ce digne successeur de Bossuet d'avoir parlé selon sa conscience, d'accord avec son métropolitain et tous les évèfjues de sa province.
Je ne veux m'arrèter un Instant que sur le vole mémorable du conseil municipal de Paris, auquel les journaux du Gouvernement lui-même ont donné un si grand retentissement et une si vive approbation. Rappelons d'abord qu'à l'époque même où ce vote fut émis, des documents officiels, émanés de la préfecture, éUibl issaient, que sur 28,000 naissances annuelles dans Paris, 9,000 ont lieu hors maiiage (je ne parle pas du mariage religieux , mais du marîa^ civil ) , ou , en d'autres termes , que sur trois enfants qui viennent au monde à Paris, il y en a un bâtard. Le rapport du nombre des suicides commis dans Paris seul, avec celui des suicides commis dans toute la France, est presque d
1 à 5 (516 sur 2,866, Comptes de la justice criminelle de 1 842 ) ; tandis que le rapport de la population n est que de 1 à 35. Les tribunaux ont retenti pendant tout Tété des crimes abominables commis, tantôt dans des orgies, tantôt par des bandes de malfaiteurs savamment organisées. L'empoisonnement est deyenu une habitude si répandue, qu'on a cru devoir nommer une commission de savants pour chercher un moyen de rendre Tarsenic moins populaire.
Tout cela n'est pas très-rassurant, et cependant le conseil municipal ne s'en est pas monti'é très-^laitné. 11 éprouve le besoin de dénoncer surtout à l'autorité les pensionnats pour la classe ouvrière, les ateliers d'apprentissage organisés par le clergé , l'œuvre des pauvres malades , l'œuvre de la sainte enfance, la société de patronage pour les pauvres
aveugles, l'ouvroir de Vaugirard pour les ouvrières honnêtes et les filles sortant de Saint-Lazare, et enfin les sœurs Ursulines et les sœurs de Notre-Dame-Auxiliatrice , que M. le préfet , notre collègue, recommandait à leur bienveillance. Le principe d'association que l'on interdit à la charité, à la foi, à la vertu, est largement et habilement appliqué au crime ; mais le conseil municipal de Paris a surtout en vue les associations laïques de bienfaisance en faveur des enfants et des malades : ce sont les expressions textuelles du rapport et de la délibération, dans le Journal des Débats du 16 septembre 1844. C'est là ce que ce conseil qualifie de spéculations et de débordement d inconvenances et dillégalités. Cqs magistrats vigilants paraissent à l'abri des craintes vulgaires qu'excitent dans les âmes timides ces attaques Doctumes dont on a tant parlé dans ces derniers temps. Ce qu'ils craignent de rencontrer dans les rues et auprès de leurs foyers, ce ne sont pas les voleurs et les assassins, ce sont les Ursulines. a Laissez faire les Ursulines, » dit l'ho-