‹ Discours (volume 2)Chapitre 50 sur 73 · DE · texte numérisé non relu

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la surveillance de tous les intéressés ne se ralentisse pas. Sans cela, chaque année apporterait un germe nouveau de corruption et des altérations plus notables , et leur durée même ne servirait qu'à en rendre Textirpation plus douteuse. Plus on aurait laissé les désordres se multiplier , plus il serait difficile d'y porter remède.

L'administration travaille tous les ans la composition des listes, n est certain qu'elle ne le fait pas avec impartialité. Mais il ne nous suffit nullement de nous plaindre de ses actes ; il nous appartient de les corriger. Faute d'être ses contrôleurs assidus, nous devenons ses complices par notre indifférence. En tolérant l'erreur et la fraude , nous assumons la responsabilité des conséquences imprévues et déplorables qu'elles ne manqueront pas de produire.

Sans doute une prochaine dissolution de la Chambre , dans les circonstances actuelles, n'est pas probable. En politique, toutefois, il ne faut jamais compter sur l'impossible. Des complications étrangères ou intérieures , la maladie d'un homme d'État, des événements plus considérables encore, peuvent amener subitement des révolutions ministérielles, des revirements soudains, des fluctuations de majorité, et nécessiter un appel au pays. Nul ne peut assurer l'avenir contre de pareilles éventualités.

Sans même prévoir un renouvellement total de la Chambre, il ne se passe pas une session sans qu'elle ne perde quelques-uns de ses memhres et qu'elle n'en reçoive quelques antres dans son sein : il sufiit qu'un député meure, accepte des fonctions salariées ou se retire volontairement. Aucun arrondissement électoral n'est à l'abri d'une convocation particulière. Dans tous les arrondissements électoraux , soyons prêts à tout événement.

En ce moment, les collèges de la Corse, du Var, du Douhs, de la Vienne, etc., n'attendent pour se réunir qu'une ordonnance royale. Les élections s'y feront sur les listes de 4846.

Les principes que nous défendons ne sont pas encore arrivés au jour de leur triomphe ; mais du moins l'heure de leur mani-

iSt f-LECTIONS

festation libre et courageuse est venue. Ne E

aux devoirs que nous imposent les circonstances présentes el

l'incertitude de l'avenir.

L'n événcmeol capital, l'aonulatioa de l'élection da député de Poitiers, coupable de s'être engagé à soutenir ses propres opinions, conformes à celles de ses conimettauts et aux articles précis de la Constitution, exige de nous plus que jamaii une attitude ferme et résolue. La discussion qui a marqué li fin de la petite session, le vote qui l'a couronnée et les dispositions d'une majorité aussi faible, cette fois, par le oombre que violente dans sa décision, révèlent un parti pris ctiez certains hommes d'Ltat, de réserver à leur propre arbitraire la solution des questions qui nous intéressent le plus vivement, et d'en enlever autant que possible l'appréciation au pays.

La Cliarte a conGé sa défense au patriotisme des gardes nationales ; nous nous sommes bornés, quant a nous, à meltn.' les principes qu'elle consacre en faveur de laliberté des coites, de la liberté d'association, de la liberté d'enseignement, sous la sauvegarde des électeurs. Ce sont leurs prérogatives autant que nos droits qui sont en jeu. Le collège de Poitiers ne se déjugera pas. Tous les autres collèges auront aussi, tOt on tard, <\ se prononcer entre te droit électoral et romQipol«Dce parlementaire. En accourant au secours de l'un contre les envaliissements de l'autre, nous sauverons notre cause avec celle de la liberté.

Il dépend de nous de triompher de cette nouvelle forme de tyrannie. Les collèges électoraux auront toujours le dernier mot, lorsqu'ils le voudront. L'exemple de l'élection de M. Charles Lathlte à Louviers, trois l'ois annulée par la Qiambrf. el la quaUième fois admise et approuvée, suffit pour démontrer que la victoire restera toujours aux électeurs qui sauront la mériter par leur constance et la conquérir par leur confiance en eux-mêmes.

Notre voix. Monsieur, en vous indiquant la gravité de celle situation, ne vous paraîtra pas importune. Vous savez que la vie politique est de tous les instants, cl qu'on ne s'y repose

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