‹ DiscoursChapitre 11 sur 100 · XXIV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XXIV AVANT-PROPOS

rayaient abreuvée. Grâce à Dieu^ je n'étais plus seul alors : même dans les rangs opposés à ceux où je siégeais, bien des convictions étaient d'accord avec la mienne , et une fois au moins il en est sorti une voix non suspecte dont j'ai retrouvé avec émotion les accents en fouillant le Moniteur et que l'on me saura gré de citer ici. C'était le 13 juin 1849, le jour où la mon^a^ne avait essayé d'organiser dans Paris une insurrection contre l'expédition de Rome. Le gouvernement demandait, par l'organe de M. Dufaure , à l'Assemblée la mise en état de siège de la capitale : le général Cavaignac, avant de voter cette mesure avec nous , parut à la tribune et adressa à la gauche ces mémorables paroles :

« Vous êtes républicains de la veille, et si je le disais de moimême, peut-être me contesteriez-vous ce titre; cela est vrai, je n'ai pas travaillé pour la République avant sa fondation; je n'ai pas souffert pour elle, je le regrette, je m'en ferais aujourd'hui un honneur. Mais quand la République est venue,je Tai saluée de mon respect et de mon dévouement, je l'ai servie, je ne servirai pas autre chose, entendez-vous? {Bravos et applaudissements unanimes et prolongés.)

IL' orateur indiquant du doigt le sténographe du Moniteur :) « Ecrivez ce que je viens de dire, écrivez-le mot à mot; que r.ela reste gravé dans les annales de nos délibérations : Je ne servirai pas autre chose. [Nouveaux applaudissements unanimes.)

(( J'ai fait plus que servir la République, je l'ai gouvernée; c'est un dépôt d'honneur que j'ai conservé, non pas comme un titre, mais comme une obligation, comme un devoir, et que je livrerai pur et sans faiblesse au jugement de la postérité. [Nouveaux applaudissements,)

(( Mais ce que je dis là, c'est un droit que je me donne à votre égard; oui, un droit, et c'est pour cela que je vous le dis: Vous m'inspirez une douleur profonde.

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