ÉMANCIPATION DES ESCLAVES
de cette nature. Cette cause a été plaidée ailleurs, dans un autre pays et devant un autre tribunal, et elle a été gagnée au profit de Thunianité, de la justice et de la religion. Je crois que l'exemple de l'Angleterre sera tôt ou tard décisif et impérieux pour nous; ce pays, qui est sincèrement pratique, qui n'a pas l'habitude de sacrifier aux théories, qui n'a accompli ce grand acte qu'en proclamant qu'il cédait à la nécessité, nous donne Tcxemple qu'un jour ou l'autre il faudra bien suivre.
Je crois qu'il a réduit cette discussion à une simple question de temps. Il s'agit de savoir combien de temps deux cent mille nègres français pourront rester esclaves au milieu de neuf cent mille nègres anglais déclarés libres; combien de temps, dans un archipel où les iles sont presque en vue les unes des autres, la population noire sera, dans les unes, dotée des bienfaits de la famille, de la propriété et de la liberté , et dans les autres, soumise à un esclavage qui, jusqu'à présent, n'a subi que de très-légères modifications.
Je crois surtout qu'il est bon de s'enquérir si le temps n'est pas venu de soumettre à un examen sérieux et solennel cette question : S'est-il jamais présenté un moment plus propice? un moment où la sécurité a été plus grande dans la métropole, et la tranquillité des colonies comparativement plus complète? Serait-il prudent de remettre l'examen de cette question à une époque où l'effervescence des passions pourrait s'en mêler, où une guerre ou une révolte pourrait mêler sa voix à cette grande discussion?
La Chambre sait mieux que moi que trois éléments doivent intervenir dans cette ijucstion : la force de Topinion publique, comme représentant les principes éternels de la justice et de la civilisation ; la force du Gouvernement, comme repi-ésentant Tordre, la modération et l'influence métropoli-