PENSION A LA VEUVE DU GÉNÉRAL DE DAMRËMONT
a eu plus de raison d'adhérer à la proposition primitive du gouvernement, et je regrette qu'il ne nous ait pas rapporté son projet en même temps que le changement fait dans Tautre Chambre, parce que vous auriez choisi le sien , et la famille Damrémont aurait eu au moins deux voix sur trois parmi les pouvoirs législatifs.
Lorsque M. le président du conseil a dit ailleurs qu'une mort aussi glorieuse que celle du général Damrémont n'arrivait que deux ou trois fois par siècle, on lui a répondu en citant beaucoup de noms qui ne réfutaient nullement son assertion. On a cité Hoche, Kléber, Dampierre, Joubert, Marceau ; mais Hoche est mort dans son lit, Marceau est mort à la tête d'une aile gauche et non d'une armée, Kléber a été assassiné, Dampierre et Joubert sont morts à la tête de leur armée et sur le champ de bataille, mais non pas au sein de la victoire , et cela fait une grande différence. La mort d'un général tué au moment de la victoire est un fait très-rare, même dans l'histoire de France, la plus féconde de toutes eu gloire militaire. Pendant près de deux siècles, on n'a pu citer que Berwick et Turenne.
Une voix. Et Montcalm , tué à la bataille de Québec en môme temps que le général anglais.
M. DE MoNTALEMBERT. Et pendant toutes les guerres de l'Empire, cela n'est pas arrivé une seule fois. Je dis donc que jamais il n'y a eu plus de raison pour accorder une récompense nationale aussi large que possible.
Mais je puise un autre motif dans l'exiguïté remarquable et déplorable des récompenses ordinaires accordées par la loi aux plus braves militaires. Je n'approfondirai pas cette question aujourd'hui, parce qu'elle se rapporte au budget de la guerre. Mais je dis qu'ilya en France une telle exiguïtéde récompenses