POLONAIS
dans toutes les parties de la France, qui ont paru devant TOUS, il n'y a eu qu'un seul Polonais, qui encore n'appartenait que de nom à l'émigration, n'était connu de personne, n'a pu se réclamer de personne parmi ses compatriotes.
Quand même il y aurait quelques brouillons encore parmi l'émigration, est-ce une raison pour faire porter le poids d'une loi pénale à tout ce qu'il y a de bons sujets, d'hommes laborieux et paisibles? M. le baron Pelet vient de plaider devant vous la cause du trésor ; il vient d'insister de nouveau sur une mesure adoptée autrefois, qui ordonnait une diminution de subsides, soit d'un cinquième, soit d'un dixième. Mais comment veut-on procéder à une diminution de subsides, lorsque en même temps on gêne d'une manière si fâcheuse la liberté du travail, de l'industrie, qui peut seule fournir à ces malheureux réfugiés les moyens de remplacer la diminution des subsides?
Je ne crois donc pas qu'on puisse maintenir cette loi, pour deux raisons : d'abord , parce qu'elle est contradictoire avec le but d'économie que vous vous proposez; ensuite, parce qu'elle me parait, dans les circonstances actuelles, offensante pour des hommes malheureux et dignes de votre appui. Selon moi , c'est une véritable loi de suspects , qui déclare le malheur en état de suspicion. Je ne puis admettre que, sur une terre de liberté et d'honneur comme la France , des honunes qui n'ont conunis aucun crime, qui n'ont d'autre tort que d'être malheureux, des victimes, des frères d'armes de beaucoup d'entre vous, soient assujettis à un régime qui les assimile à des serfs attachés à la glèbe, ou à des repris de justice en surveillance.
On a dit dans les bureaux, et j'ai gémi de l'entendre, on a dit qu'après tout les Polonais étaient très-heureux d'être en France, et que, s'ils ne se trouvaient pas bien chez nous , ils
(Birrret. i. — Diieoun. i. 9