ÉMIGRÉS POLONAIS
françai3 à entrer dans une légion étrangère, qui a combattu d*une manière très-vaillante à Alger, qui a été envoyée malgré elle en Espagne, qui a servi la cause espagnole avec la même docilité et la même valeur, et qui a été licenciée par des circonstances indépendantes de sa volonté. S'il y a des réfugiés dignes de l'intérêt et de la protection du gouvernement, ce sont certainement ceux qui Font débarrassé de leur présence en allant verser leur sang pour lui. Eh bien ! croiriezvous que ce soit précisément à ces étrangers que Ton refuse des subsides, et jusqu'à la permission de résider en France. Il y a là un contraste extrêmement fâcheux avec le souvenir de la conduite de l'Angleterre à l'égard de l'émigration française. Son gouvernement était armé de lois très-sévères; mais il ne les appliquait pas ; elles avaient disparu dans les convenances, dans la douceur, dans la délicatesse du traitement qu'on avait adopté envers tous les réfugiés français. Je voudrais que la France suivit cet exemple
Il est très-bon de prévenir, de combattre le mal ; mais il ne faut pas le voir partout. Il est très-fâcheux de ne jamais croire au bien, à l'honneur, à l'influence des idées généreuses chez ceux qui ne sont pas les subordonnés et les courtisans du pouvoir.
Cet esprit-là, j'ai le droit et le regret de le dire, est celui de l'administration de l'intérieur. C'est celui qui a dicté cette loi; c'est pourquoi je la combats et j'appuie l'amendement de M. d'Harcourt, autant dans l'intérêt de la France que dans celui des réfugiés.
(Extrait du Moniteur du 6 mai 1838).