S46 LE MINISTÈRE
lisfait si j'avais fait partie de la majorité favorable de la commission , avant d'avoir posé quelques questions au Ministère sur cet avenir.
Ainsi , je me serais cru en droit de demander à M. le ministre de rinstruction publique s'il était décidé, s'il était prêt à doter le pays du bienfait de l'organisation de l'instruction secondaire et de la liberté d'enseignement que nous avons vainement attendue depuis dix ans.
Ainsi encore je me serais cru autorisé à demander à M. le ministre de la guerre s'il était disposé à accorder au pays le bienfait de l'organisation du remplacement et de la réserve dont nous avons tant parlé dans une séance précédente.
Enfin et surtout je me serais cru autorisé à demander à M. le président du conseil quelle sera la tenue, la direction de sa politique générale à Textérieur.
Ceci me ramène au motif principal de mon adhésion au Gouvernement actuel. Pour la première fois depuis que je siège dans cette enceinte je me trouve complètement disposé à appuyer un ministère, quoique je n'aie jamais fait d'(^ position systématique à aucun. Le motif principal de mon adhésion au Gouvernement actuel, c'est que j'espère de lui un développement nouveau de la politique générale du pays : je l'espère du reste plutôt encore d'après les antécédents de M. le président du conseil que d'après sa déclaration d'hier.
La grandeur du pays, voilà ce qui me préoccupe avant tout, et c'est sur ce terrain que je voudrais voir le Gouvernement donner rendez-vous à ses amis pour apprendre à connaître ce qu'ils valent, et à ses ennemis aussi, parce que c'est le meilleur terrain , selon moi , pour les confondre.
Ici je crois être d'accord avec ce qu'a dit le spirituel préopinant sur les misères et les petitesses de nos discussions actuelles. Seulement je mettrai davantage le doigt sur la plaie.