SUR LES DROITS DE LA CHAMRRË DES PAIRS
des députés pour cela : rien ne constate pour moi aujourd'hui que le nombre des députés absents de Paris soit tellement considérable qu'il n'y ait plus de délibération possible. C'est une question de fait sur laquelle je ne puis me prononcer, et que je ne veux pas constater dans l'intérêt même de la Chambre des députés. Mais en supposant que cela soit, et qu'il n'y ait pas assez de députés présents à Paris pour examiner l'amendement que tous auriez introduit dans la loi, pensez-vous qu'il soit possible qu'en présence d'une loi de travaux publics dont l'intérêt est apprécié, à ce que dit le ministère, par le pays tout entier, pensez- vous que les députés puissent rester tranquillement à se reposer en province? et ne voyez-vous pas que leurs électeurs, leurs commettants seraient les premiers à leur dire : c< Si ces travaux De sont pas votés, ce n'est pas la faute de la Chambre des pairs qui est restée à son poste et qui les a discutés à fond ; c'est la vôtre , à vous qui avez quitté votre poste et qui avez refusé d'attendre l'expiration légale de votre mandat. » [Vive adhésion.)
En fait donc, je ne crois pas que l'adoption d'un amendement ait le résultat désastreux que M. le ministre des travaux publics a indiqué. En droit, je dis que notre droit est incontestable , mais qu'il n'existera vraiment , qu'il ne sera véritablement reconnu et vivant que lorsque la Chambre en aura usé au moins une fois.
Pour ma part, je n'ai pas d'amendement à proposer; je ne me reconnais pas suffisamment compétent sur les questions de travaux publics ; mais une question sur laquelle je suis compétent, comme vous tous, c'est la question de l'honneur de cette Chambre; sans quoi je ne serais pas digne d'en faire partie. Cela étant, j'exprime ici ma conviction bien fondée que, malgré toutes les réclamations qu'on pourra faire, la