‹ DiscoursChapitre 81 sur 100 · AU JOURNAL DES DÉBATS · texte numérisé non relu

AU JOURNAL DES DÉBATS

Vous dites cela après avoir eu l'obligeance de retracer ce que vous appelez ma biographie politique. Mais, en me faisant cet honneur, vous avez oublié deux faits qu'il m'appartient de vous rappeler. Dans ma collaboration à l'Avenir^ en 1831 (dont vous parlez dans votre numéro du 2 décembre), et dans mon premier discours à la Chambre des pairs, en 183S, j'ai rendu hommage à la légitimité de la révolution de Juillet, et par conséquent à celle de la dynastie qui en est sortie. Ces déclarations m'ont valu pendant de longues années les injures et les calomnies des journaux légitimistes, auxquelles vous venez aujourd'hui. Monsieur, joindre les vôtres. Mais je vous défie de citer une parole de mes discours ou de mes écrits, à quelque époque que ce soit de ma vie, qui ait démenti cette profession de foi, aussi franche que déterminée.

Le but principal de mon dernier écrit a été de démontrer aux catholiques les bienfaits et les ressources d'une constitution qui, comme la charte de 1830, garantit la liberté religieuse et promet la liberté d'enseignement.

Croyez, Monsieur, qu'on n'est pas nécessairement le courtisan des pouvoirs passés ou futurs parce qu'on n'est pas le serviteur du pouvoir régnant. Dans un pays libre, on a le droit d'être juste, indépendant et même sévère à l'égard de l'autorité dont on est le sujet, et on ne devient pas pour cela le complice de ses ennemis.

Je vous prie d'insérer textuellement ce qui précède dans votre journal, et j'ai l'honneur d'être, avec une parfaite considération, Monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.

Le comte de Montalembekt.

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