‹ DiscoursChapitre 9 sur 100 · AVANT-PROPOS. M · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. M

la vérité historique, contre le droit vaincu, contre le noble régime qui savait maintenir Tordre sans imposer silence à ses adversaires. Mais d*avance je le signale, je l'arrête et je lui interdis l'accès d'une région impropre à son industrie. Non, les plaintes, les doléances, les invectives même que permet la liberté, qui accusent ses fautes, qui signalent ses dangers, ses excès, ne sauraient jamais, sans la plus révoltante injustice, être invoquées comme un argument contre elle. Ces murmures et ces gémissements publiquement proférés sous son égide constatent et prouvent d'abord son existence , puis sa souveraine valeur. Aucune apologie, aucun pan^yrique ne saurait mieux plaider sa cause ; aucune argumentation ne saurait mieux établir la réalité de son empire, la plénitude de sa puissante vie. Ces critiques, si violentes et si excessives qu'elles soient, présupposent et démontrent, par leur date seule, la force et la franchise des institutions qui permettaient de les produire avec tant d'éclat. Le mal fait trop souvent le fond de rhomme et de la société. La liberté a précisément pour objet de montrer ce mal pour le guérir. Au lieu d'être son tort, c'est son but. D'ailleurs les amis du régime représentatif ne sont pas tenus de soutenir qu'il a été sans reproche. H a eu ses misères comme tout ce qui est humain , mais il laissait aux bons citoyens le droit de les dénoncer, de les flétrir, d'en rechercher et d'en indiquer le remède. Les gouvernements libres n'ont pas besoin qu'on les serve, soit pendant leur vie^ soit après

Page 1