XVIII AVANT-PROPOS
d'être unanime à arborer les principes de liberté politique et religieuse qui font aujourd'hui sa force et son honneur. Elle n'avait point encore fourni à l'indépendance de l'Église, au gouvernement parlementaire, leurs plus éloquents, leurs plus intrépides, leurs plus glorieux champions. Depuis lors, appelée à reprendre son rang dans deux assemblées souveraines, elle y a montré un dëvouementaussi éclairé que sincère à toutes les libertés. Aujourd'hui, d'ailleurs, qui pourrait me soupçonner d'un sentiment autre que celui de la plus respectueuse sympathie pour le parti qui a eu l'honneur de recruter presque seul la poignée de héros et de martyrs dont le sang a coulé, sous les murs de Loretta, pour la sainte faiblesse de l'Église , pour la liberté des âmes, pour le droit violé par un brigandage royal ?
Une appréhension plus sérieuse vient quelquefois m'attrister. Je tremble que mes plaintes et mes inculpations contre les fautes ou les abus, contre les mauvaises lois ou les mauvaises mesures que j'ai dû improuver sous le gouvernement parlementaire, ne deviennent contre ce gouvernement lui-même un motif ou un prétexte de blâme. L'expérience de ces récentes années est faite pour justifier cette crainte. Il me semble d'avance voir quelque sycophante du pouvoir absolu, quelque adepte de cette doctrine qui s'est qualifiée ellemême de démocratie impériale, venir glisser sa main servile dans ces pages pour en extraire le dossier d'un nouvel acte d'accusation contre la liberté exilée, contre