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CONTRE LES JUGES DE LA IX« CHAMBRE

(27 vendémiaire, an HO).

Je voudrais oublier les préoccupations d'ordre purement civique, la sentence misérable qui atteint en ma personne la liberté de penser et d'écrire afin d'emporter, ce soir, Tunique témoignage de votre amicale solidarité.

A la veille d'une triste départie, il vous a semblé juste de fêter le compagnon qui vous abandonne, de lui verser le vin de l'étrier, d'embellir ses adieux de toute votre jeunesse et de votre affection. C'est un banquet d'amitié où vous m'appelâtes, un banquet où, sur mes tempes grisonnantes, vous effeuillez les églantines de Ronsard, et le tilleul d'Horace, et les roses pivoines du doux Li-taï-pé.

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Artistes, écrivains, poètes, il semble que nous soyons ici, pareils aux bergers des églogues, assemblés pour dire des vers ou faire sonner des musiques : et cet hommage .que vous offrez au condamné d'hier attendrit à peine d'une douceur mélancolique votre concours juvénile et charmant.

Pour avoir fait service au bon droit, ù la raison, à la pudeur; pour avoir prOté une tormule au dégoût, à la honte, à la ilélestalion dont les mascarades franco-russes écœuraient les àioes un peu hautes ; pour avoir, et je m'en glorifie, attesté le droit d'Harmodios contre le tyran ; pour avoir craché notre haine au visage du monde capitaliste et de Nicolas 11, et de la France plus abjecte qu'une guenon amoureuse, voici que j'ai appelé sur ma tète les foudres serviles des domestiques en jupon noir.

Ce m'est un honneur sans'pareil.

Entré dans le prétoire sans autre valeur que celle du premier citoyen dévoué aux libertés publiques, j'ai reçu l'investiture de la persécution et le lustre que donne l'arbitraire aux victimes de son choix.

El) m'accueillant ici, vous célébrez en moi

tous ceux qu'ont molesté, depuis sept ans, les lois du ministre Dupuy, ces lois nommées scélérates qui ont osé contre Findépendance de l'écrivain des forfaits dont eussent rougi les Bourbons, Louis-Philippe et le « somnambule obscur » de la débâcle, le sinistre Napoléon III.

Millerand, le baron von Millerand, fait appliquer par ses sycophantes aux libres esprits, des pénalités inconnues à Guizot ou à M. de Villèle. Ce parvenu exhibe une conscience de laquais et porte une âme de bourreau. Lui qui, pendant cinq années consécutives, du haut de son siège de député, à chaque législature nouvelle, demandait l'abrogation des lois scélérates, les brandit à présent sur le front des hommes libres, du même air de caporal omnipotent dont il abaissait les marchepieds devant le ménage Romanoff et perscrutait, dans Compiègne le privé des autocrates, les tables de nuit de leurs majestés.

Ce sont, à vrai dire, ses ennemis que vous glorifiez en moi, les objets de la rancune ancillaire, de la pleutrerie et de la domesticité qui relève à ses propres yeux le néant de ses débuts.

Puisqu'il a souffert qu'un ministère dont il tient la vedette ose une pareille scélératesse, il

convient de blasonner cet imposlear, ce renégat, cet arriviste, d'une immortelle et sonore infamie.

Les victimes qu'il a faites ne se comptent plus. La Martinique, Chàlon, inscrivent en lettres sanglantes le mémorial de ses forfaits. Il intente contre un écrivain que peut à défaut de talent, couvrir un passé de libre honneur, des poursuites qui firent hésiter, et le sinistre Dupuy et ce roquet méliniste de Barthou.

Mon chevaleresque ami, Louis Grandidier, en proie aux viles persécutions du ministère de Défense républicaine, en a revendiqué noblement sa part. Qu'il partage aussi la gloire que nous ont impartie les injures du parquet et la sentence ignominieuse de la cour.

S'il fallait, ici, porter un toast, vous ayant compris tous, amis divers, confrères et disciples, en un même élan de fraternelle gratitude ; après avoir porté la santé de Grandidier, me souvenant que je fus persécuté par les moujicks du cabinet pour obtempérer à Tukase de l'ambassade russe, je vous proposerai de boire, comme les fantoches de Cronstadt, « aux nations amies et alliées » :

à la Finlande,

à la Sibérie,

aux juifs roumains, •

à l'Arménie,

à la Catalogne, - à la Sicile, à tous les peuples que les rois dévorent, que les clergés abrutissent et que pillent, sans trêve, les soudards.

Pour fuir le despotisme de la Suède, la Finlande s'est annexée, en 1809, sous le régime de l'union personnelle, à la Russie, c'est-à-dire qu'elle conservait ses lois, que son armée n'avait rien de commun avec l'armée russe. Ce traité, en 1813, est confirmé, sous la garantie de l'Europe, violé en 1863, par Louis Bonaparte. Et quelqu'un dit alors : « Il n'y a plus d'Europe désormais! ». Nicolas II a mis aux fers ce peuple libre, coupable seulement d'avoir eu foi dans ses aïeux.

Une élite se forme, en Sibérie, sous les verroux de la « maison des morts 3>, dans les ténèbres de l'infrangible hiver ; l'exil, la prison, les mines sont les facteurs de celte élite. Des rives de TAmoor, des plaines de TOural, sont revenus Herzen, Bakounine, Dosloïewski et

tant d*autres. La peQsée russe a pour nourrice les tortures et la proscription.

Misère, outrages, dénuement sont l'unique fortune des juifs roumains. Ils recommencent, plus misérables, la détresse de Job et l'exode des tribus, sans aborder jamais à la terre de promission où la maison de Jacob s'évade enfin des peuplades barbares. Drumont fait à grand peine assassiner, en Algérie, quelques Israélites. Le roi Karol de Roumanie les écrase par milliers, sans raison, sans utilité plausible, pour rien — comme Louis XIV faisait égorger les protestants.

L'Arménie est garantie, assure-t-on, par la France, qui a l'entreprise de sauvegarder les chrétiens d'orient. Oui, mais il paraît qu'il faut que ces chrétiens soient catholiques, adoptent le concile de Nicée, emplissent la caisse des jésuites, et fassent éduquer leurs héritiers par Flamidien. Ceux qui, en 1897, se sont déclarés romains ont été sauvés par les couvents.

Quant aux autres, à ceux qui partagent Terreur d'Eutychès — oh ! trois millions seulement — il est loisible de les chouriner comme un bétail.

Les catalans, ces gaulois d'outre-monts, regardent aussi vers nous. La Catalogne, première assise du trépied maritime, Barcelone, Marseille, Palerme, s'épouvante des horreurs de Monjuich et veut se séparer de TEspagne.

Le séparatisme est la condition du cosmopolitisme ; c'est par lui que Tégiise Saint-Michel redeviendra le temple de Neptune.

La Sicile où les mères tuent leurs enfants pour qu'à cinq ans, ils ne soient pas enfouis dans les solfatares, la Sicile est encore une dolente proie offerte à la diplomatie européenne. Tous craignent que l'Angleterre ne s'empare du triangle sicilien, n'étende ses bras de Malte à Gibraltar. Quel levier, en effet, pour soulever le monde, que celui d'Archimède !

Et tous ces peuples, râlant sous le fouet, la misère, l'oppression, escroqués par le prêtre et volés par le roi, poussent, du Nord au Midi, un hurlement de rage, d'épouvante et de douleur. La France n'entend plus les plaintes des nations endolories. Elle se coalise avec les despotes pour étouffer les dernières traces d'indépendance qui subsistent encore dans quelques lieux de l'univers.

Nous, qui nous faisons gloire d'ùtre des

civilisés, des citoyens du monde, qui réclamons le noble titre de sans-patrie comme la plus belle couronne qu'aient méritée nos travaux, nous saluons la Finlande, plus libérale que tous les autres pays de l'Europe envers l'instruction publique, et la Roumanie juive, et l'Arménie en proie aux catholiques, et la triste Sicile; nous saluons tous les esclaves du travail, de l'exécrable patriotisme ; nous buvons à nos frères opprimés qui, d'un bout du monde à l'autre, attendent comme nous l'aube de la justice, le printemps de la raison, ton avènement joyeux et pacifique, ô notre idéal, réparatrice, bienfaisante et fraternelle Anarchie ! ».

ATHENA

{18 brumaire, an //O).

Le 20 brumaire, an II, un spectacle nouveau sollicita la curiosité parisienne. En ce temps-là, 10 novembre 1793, suivant le comput grégorien, la Révolution entreprenait de grandes choses. Ayant, au début de l'année, envoyé au pourrissoir Tadipeux et bigot imbécile qui portait la couronne de France, ayant donné Téchafaud pour dénouement aux trahisons du stupide Louis XVI, elle comprit que ce n'était pas assez d^avoir rendu justice à la royauté malfaisante et que rien ne serait achevé tant qu'elle n'aurait pas jeté à Tégout cette hypothèse peu scientifique et mal famée que les acéphales nomment dieu. La misérable et sanguinaire illusion qui, depuis le pitécan-

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thrope des cavernes jusqu'aux messieurs en redingote noire, habitués du Père Dulac, a fait plus de fous, de tyrans, d'idiots ou de criminels que la faim, l'amour et les boissons enivrantes, la misérable illusion, atteinte par les encyclopédistes et les penseurs du xviii® siècle, allait enfin disparaître de Tatelier humain. Un air plus pur balayait les miasmes. Le grand jour de la liberté chassait les crépuscules fantastiques, les ombres équivoques de Taulel. Jeune et forte, la République, loin de mettre la pensée humaine dans les fers^ suivant l'usage de sa petite fille (le birbe de Monlélimar étant consul), brisait les chaînes séculaires qu'un dogme absurde avait imposées à la France.

Ce fut une pompe majestueuse ! En dépit de la grandiloquence théâtrale, de la mise en scène emphatique et naïve qui distingue l'époque révolutionnaire, un élan superbe magnifiait le divorce de l'homme libre et du surnaturel.

L'année était féconde, terrible. « Les Girondins, forcés par les événements d'être républicains, n'auraient eu rien de mieux à faire — dit Mignet — que de rester constitutionnels. Leur horreur de la foule, une haute culture, des manières élégantes les éloignaient des ré-

volulionnaires proprement dits. Ce qui les entraînait vers la République, c'était des habitudes d'esprit purement classiques, et le mouvement d'opinion qui, jeunes, les faisait connus et populaires ». En août-novembre 1893, ils luttaient ouvertement contre la Convention, coalisés avec les royalistes. C'est le moment du suprr^me effort. 11 ne demeure que Paris et quatorze départements fidèles. Tout le reste appartient à la réaction. La mer est fermée par les Anglais, la Vendée en armes. Les Autrichiens ont repris TAlsace et la Belgique.

C'est alors que la convention affirme ses doctrines dans l'ordre purement intellectuel. Le 1®"^ août, par le système métrique, le 22 septembre, par le calendrier républicain, les 17 et 20 novembre, par l'abjuration de Gobel et la fête de la Raison, elle proclame son athéisme et se dégage violemment de Roiisseau, — de Rousseau qui avait été laquais]et qui, pour ce motif, sans doute, ne put jamais s'empêcher de croire en dieu.

Le mètre, mesuré par La Gondamine, en 1780, est identique aux anciennes mesures de l'Egypte. Il est pris à la terre ; c'est de lui que tout dérive. « La République française —

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dit Michelet — est inscrite enfin dans la géométrie céleste. »

Le calendrier républicain relègue aux gémonies les bienheureux grotesques de l'olympe christicole, les saints nourris d^excrément, les pasteurs de vermine, les h(^ros de la flagellation, les virtuoses de la crasse et de la puanteur. Fabre d*Eglantine écrit, en douze mots, le poème des saisons, et Tannée, commençant à réquinoxe d'automne, suit, désormais, la marche du soleil.

L'abjuration de Gobel précéda la noble fête et, par un geste héroïque, lava le prêtre de son antique ignominie. Un évèVjue à la dévotion de Robespierre, de Robespierre le déiste, appui des catholiques et précurseur du Concordat, Grégoire protesta néanmoins contre la déchristianisation que Salaville tournait en parodie.

En son livre nourri de faits, et d'une si lumineuse critique, M. Aulard a déterminé la part que prirent au culte de la Raison la Convention, la Commune, Sieyès, Hébert, Chaumette et Danton lui-même, qui allait incriminer bientôt « les mascarades antireligieuses ».

D'autres vous ont dit ce que fut la pompe de Notre-Dame. Les extraits du Moniteur et

les brochures du temps ne vous laissent rien ignorer de cette émouvante cérémonie. On avait caché Tautel et, sous des courtines joyeuses, dérobé la polence du supplicié galiléen. Du temple de la philosophie (c'était le jargon à la mode), parmi les théories adolescentes et les musiques harmonieuses, parut la Liberté, la Raison elle-même, sous les traits de M"® Aubry ou Maillard, de Topera. Nul geste plus galant. Néanmoins, la décence, y brillait de tout spn lustre, la nymphe choisie étant d'une irréprochable vertu.

Cependant Tesprit imagine, pour une telle occurrence, d'autres acteurs, de surhumains protagonistes en place des filles d'Opéra. Quelle hiérophante de l'antique Hellas, quelle Iphigénie exilée au milieu des roseaux séquanais, comme, jadis, parmi les rocs^ glacés de la Tauride, la fille d'Agamemnon, quelle Cymodocée, encore imbue des chants d'Homère, eût été digne de célébrer, devant une pareille assistance, les origines de la déesse que tu fêlais dans Notre-Dame, ô Révolution française, libérée enfin de l'ordure chrétienne et de la lèpre des anciens rois !

Il semble que nul jour ne puisse être mieux

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choisi pour fixer de quelques traits la mythologie d'Athèna, déesse éponyme, raison inspiratrice, archétype d'Athènes, la Cité qui ne mourra jamais.

Les divinités du polythéisme grec représentent concurremment des phénomènes cosmiques et des faits sociaux. Elles sont des météores, des adjectifs divinisés et des personnes actives. Ainsi, la plus populaire d'entre elles, Iléraklès, incarne à la fois le soleil d'après-midi, la gloire d'Héra (Fair inférieur), en même temps qu'un homme qui, pour avoir, au milieu des travaux et des douleurs, élargi le patrimoine de ses frères, prend place, un jour, parmi les immortels.

Athêna échappe à cette règle. Divinité abstraite, moins tangible que les dieux solaires ou chtoniens, elle s'incarne dans l'idéal pur ; elle représente « le génie achéen à la fois industrieux et batailleur ». Elle sort tout armée des théogonies primitives, comme du cerveau de Zeus. Les Hellènes, au début, la confondirent, avec la Nuit,avec l'Aurore ; Plutarque et Proclus ne la distinguent pas d'Isis. Pour eux, Athêna est l'anagramme de Neith. Les temples de Sais, d'Elis et de Palanté, le temple de Brasias

fondé par les Dioscures, consacrent sa parthénogenèse. Eratosthène dit qu'elle a placé le vaisseau d'Isis parmi les constellations.

Pour les indianistes, pour Burnouf, pour Max Millier, Athêna ou mieux Athana, c'est Taurore. Son culte se pratique au soleil levant, tandis que les jeunes rayons effleurent la statue. Ainsi, les dévols chrétiens veulent entendre la première messe. D'où Torientation de l'Erechléion et du Parlhénon. D'autres la confondirent avec Poséidon, avec le père de Métis, Okéanos, avec le Neptunus des latins. A ce moment de cristallisation mythique, elle signifie Tair ou les eaux, partie la plus subtile des forces naturelles, — en attendant, ce qui ne tarde guère, qu'elle arrive à symboliser l'intellect pur et le raisonnement.

Iciy la linguistique est de quelque secours.

La moins concrète des olympiennes sort du cosmos pour entrer dans la grammaire. En sanscrit, en grec, en latin, les radicaux ma, meriy me, sont affectés aux opérations de l'intelligence : Mene-Frons, Menei^va- Minerve, MantOj la devineresse, et Mania, les troubles de l'esprit.

Or, Zeus, l'air qui enveloppe immédiatement la planète, avale Métis, l'Intelligence, après

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l'avoir fécondée. Prométhée, le prévoyant, ou, dans Tordre extérieur, le feu du ciel, avec sa hache élincelante, délivre Zeus de cette bizarre gestation, faisant issir, casque en tùte et lance au poing, la vierge Pallas-Athéné, comme du ciel ténébreux sillonné par la foudi*e, jaillit le calme azur.

Accouchée à l'existence plus haute des nations qui classent et discutent leurs idées, Athèna se transforme bientôt, de jour en jour, se raréfie. Son individualité plastique, un moment fixée par la statuaire, pâlit à mesure que s'accroît le génie philosophique dos Hellènes. C'est d'abord le logos de Platon, analogue à la rouach des Sémites, la sophia des Gnostiques ; puis, déshonorée par le concile de Nicée, amoindrie à la mesure des intelh'gences d'évêques, elle s'anémie et se perd, chez les cartésiens, en un radotage métaphysique de la plus haute imbécillité. c< La raison — dit Fénelon est Dieu qui se compose des idées universelles. » Voilà un dieu dont la corporalité n'est pas gênante. On n'est point exposé à le rencontrer gardant les troupeaux d*Admète, ou bâtissant les murs d'ilios.

L'Athêna hellénique tient de plus près au

monde visible. Elle reçoit Hercule à sa naissance. « Derrière ce fou sublime, je vois la déesse éternelle». Opposée à Mars, Mavors, Ares, le courage bestial, la brutalité militaire qui détruit les ouvrages du labeur humain et proscrit rinlelligence, elle n'a pour Héraklès, dévoué aux Ephémères, que tendresse et bonté. C'est elle qui dirige ses actions, conduit la force virile, indécise et trébuchante dans ses efforts de régénération.

C'est elle qui le reçoit, tout embrasé encore des flammes de l'Œta, dans le ciel à jamais paisible de l'immortalité.

Ainsi, dans la triple évolution de ses métamorphoses, figure cosmique, individuelle el sociale, Athèna personnifie tour à tour, l'aube du matin, Téther plus pur que la tempête a rajeuni, puis, la conscience humaine, exempte des terreurs superstitieuses, enfin la cité libre, la commune indépendante qui n'a d'autres lois que sa propre volonté, industrielle active, guerrière seulement contre la rapine et l'oppression. De main en main, le type originel croît et se métamorphose. Il grandit, il s'épure. De la vieille Pallas, que vénérait la terre de Cécrops, du tronc informe d'olivier qui reverdit.

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chaque printemps, sur le sol de TErechtéion, près du puits sacré aux eaux divinatoires ; de la Vierge mère, encore peu distincte d'Isis ou de Neith égyptiennes, un divin simulacre a jailli. C'est le paradigme de la vie civilisée ; c'est la loi permanente qui^ malgré les âges et les ruines, malgré l'obscénité du Christ, enseignera l'univers, guidera les peuples dans la voie harmonieuse du juste, du noble et du vrai.

L'Asie tout entière, devant le regard de la déesse, vit tomber son effort tumultueux. La lance magnanime brisa comme un jouet puéril syntagmes et cohortes ; la flotte du Grand Roi vint échouer contre le roc de Salamine ; le monde connut enfin ton nom impérissable, Athènes. La vierge poliade et la ville d'Erechtée eurent, à l'avenir, un même glorieux destin.

De la déité primordiale, personnification anthropomorphe de l'air supérieur, des ténèbres où mûrissent les germes et la doctrine du sage,Athèna reçut la chouette clairvoyante qui discerne les embûches dans la nuit comme la libre pensée devine les pièges dans Terreur. A ses côtés, le serpent, gardien avisé dos choses noiïlurnes, en un geste onduleux de sa croupe rythmique, émerge lentement. Il con-

naît les détours secrets, les refuges et les cavernes. Il sait la vertu des plantes médicales. D'un mouvement fatidique, il s'enroule, au bâton d'Hermès, au thyrse d'Asclépios. Il inspire les feintes souples d'Odusseus, du grec insulaire plein d'adresse et d'ingéniosité. La chèvre ^gis, le tonnerre bondissant parmi les nuages enflammés, les éclairs, chevelure épouvantable de Gorgo, incrustent d'ivoire et d'or le péplos d'Athôna. Phidias de l'épouvante même compose un ornement à la pucelle doryphore.

La déesse, accouchée par la foudre, en porle les terreurs sur sa gorge inviolée.

Mais, bienfaisante et favorable au travail de l'homme, elle assure la juste répartition des richesses, fonde le droit, abolit pour toujours le règne détesté de la grâce. Contre les dieux, contre le bon plaisir des théocraties de l'orient qui, au jour de leur suprême décomposition, viennent fermenter et s'abêtir dans la fosse à purin du christianisme, elle institue une justice meilleure, sans autre base que la raison et l'équité. La conscience humaine, guidée par Atbêna, révise les grands procès où triomphent l'arbitraire, l'astuce'et la méchanceté des dieux. Elle conduit Oreste, en-

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sanglante des blessures maternelles, vers la colline probatoire de l'aréopage. Elle fait asseoir Œdipe incestueux et parricide à la porte de Colone. Dans le bois funeste aux sacrilèges, dans le bois des Expiations, elle consacre la tombe du fils de Laïos, absolvant d'un crime inéluctable cette victime auguste de la Nécessité. Elle retorque la sentence des Héliastes et confère à Socrate une gloire immortelle. Elle apprend à Gaton combien peut être infâme la victoire qui plaît aux dieux. Entre le pauvre et le riche, entre le faible et le puissant, entre la victime et le bourreau, elle décide, redoutable^ souveraine et consolante comme la lumière indéfectible du jour.

Le tribunal institué devant les Euménides pour définir les droits de l'homme, n'a jamais failli. C'est un prétoire idéal qui, loin des juges mercenaires, des valets et des tourmenteurs, cite à sa barre les criminels impunis. Il apothéose Louvel, Angiolillo, Bresci, Hartmann, Caserio. Il traîne dans les casemates de la honte les parjures, les scélérats obliques, les empoisonneurs et les traîtres, ceux qui calomnient, ceux qui mènent au bûcher les vierges, ceux qui trafiquent de leur nom et ceux qui égorgent les

éphèbos, depuis Flamidien jusqu'à Lemaitre, depuis Cauchon jusqu'à Mercier.

Elle enseigne le juste en proie à la persécution. Dans les geôles refermées sur les défenseurs de rhonnêleté publique, sur le prolétaire et l'écrivain sans peur autant que sans reproche, elle étend sa main tutélaire et fait splendir le doux rayon de ses yeux bleus.

Crains-tu donc, crains-tu — dit Lucain — la peine de ce geste par quoi la Renommée sonore t'accueille en son éternité ? »

« Quant meluis, démens, isto pro crimine pœnam

Quo te Fama loquax omnes accepit in annos ! »

Le voile d'Athêna, tissé par des jouvencelles, monte glorieusement au Parthénon. De ces fotes sont exclus les menteurs, les lâches et les adultères. Chaste comme la clarté du ciel, comme Tlntelligence, dont elle est sortie, elle garde les serments et la foi conjugale. Pleine d'horreur pour la promiscuité barbare, elle soumet l'épouse à l'époux civilisé, apprenant à respecter en lui un maître affable, un directeur et un ami. Car c'est à l'époux que la mère doit l'honneur d'enfanter les citoyens; c'est par lui

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qu'elle vil irréprochable et garde le foyer. Habile aux travaux sédeat aires, l'un de ses noms, Ergané, baptisera plus tard l'industrieux Panurge.

Promachos, elle porte en ses mains la Victoire sans ailes, cette victoire de la raison dont les fruits ne périssent jamais. Comme l'amour, la pensée est myrionyme. Renan, d'une sorte magnifique, a glosé sur cette litanie. Pallas-Athéné garde un cœur pitoyable sous son armure de combat. Par sa volonté, le temple des Erynnies devient un lieu d'asile. Sous son égide tutélaire, le proscrit, le fugitif, le banni, couvert de honte ou souillé de sang, trouvait dans le monde ancien une étape suprême^ un refuge pour vivre ou pour mourir en paix. Mais à présent, il ne reste plus de nations policées. Le christianisme a chassé du monde la pitié. L'argent, après le christianisme, en a banni la justice. La science elle-même se prostitue aux bourreaux ; la foudre soumise abat les vengeurs des peuples et les martyrs de l'idéal. Aux quatre coins du monde, les nefs barbares de TEurope cinglent à toute vapeur. De leurs flancs, sortent les monstres les plus affreux, l'assassinat et la déprédation, l'obscurantisme et

la pesle, le soudard et le capitaliste, la syphilis et Jésus-Christ. La France vole, pille, égorge, colonise, tue et se rassasie de meurtre, de lâche, de sinistre férocité. Les talons rougis de sang nègre ou mongol, elle baise d'une langue servile, à travers la boue et les cadavres, la trace des tyrans qui veulent bien la choisir pour gourgandine.

Vierge d'Athènes ! Sérénité de l'azur sans bornes I Conscience irréductible du sage et du penseur ! L'infâme juif, le pendu maigre et lascif des cathédrales, souverain des âmes obscures et des chairs malportantes, a souillé ta gloire et combattu, pendant vingt siècles, ton empire. Le stupide Jésus, en qui se résorba la vieille folie divine^ rejeton scrofuleux des ancestrales théogonies, le stupide Jésus et ses prêtres ignares ont souillé de leur ombre le portique harmonieux de ta blanche demeure. Ils dominent encore par le vol et par le mensonge. Ils creusent leurs sapes redoutables sous le chemin des hommes libres, des femmes pures et des enfants joyeux, qu'ils tentent d'abaisser à leur niveau. L'imposture les escorte, la bêtise leur sourit. Courageux comme Thersite, diserts comme Dindenaut,

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ils proposent à leurs élèves, exemple non pareil de vertu civique, les fous orduriers qui dévorent les déjections et couchent au milieu des poux. Ils chapardent le bien des proxénètes, des vieilles adultères et des voleurs de nuit. Ils ont pour eux les soldats, ennemis éternels de la raison, les juges qui prostituent au plus offrant la sœur ïhémis, la Loi reine des dieux. Ils rendent la personne humaine si dégradée et misérable que, sans élan ni vigueur, elle rampe à leurs pieds, mille fois plus abjecte que le ver de la vase ou le pourceau du fumier.

Vierge des souffles purs ! Maîtresse de Tair libre et des mâles conseils ! dirige contre la noire milice ton glaive irréprochable. Touche nos lèvres de ta main persuasive. Eloquente 1 prête-nous les chaînes d'or qui enlacent les esprits et soumettent les hommes à ton joug bienvenu !

fontaines sacrées de la parole ! Hermès éternel des peuples 1 Flambeau que se transmettent, d'âge en âge, les coureurs de Prométhée ! rendez nos bouches éloquentes et nos poitrines convaincues. Sous Toutrage, sous la calomnie et la dérision, nous faisons service à la vérité, sans autre espoir que de souffrir

pour son nom. Appuis de la sociélé bourgeoise, du monde capitaliste, les sycophantes, les pieds-plals, les aigrefins, ne trouvent pas d'injure assez vile, de calomnie assez abjecte, d'ordure assez infâme pour les jeter à notre front. Ses laquais nous vilipendent et ses chiens nous mordent à Tenvi. Ceux-là même dont nous tentons la délivrance ne nous épargnent Topprobre ni le soupçon. Toi seule, ô vierge, es notre soutien, notre énergie intérieure, la force calme et triomphante qui préside à nos combats, comme jadis, près de ton frère Erechthée, pareils à deux vautours, sur une roche sublime, tu regardais les luttes des antiques héros. Nos pères t'ont célébrée aux jours d'espoir de la Révolution française, dans ces minutes incomparables où le monde se crut, un instant, évadé, libre et guéri de dieu.

Ils t'apportèrent des offrandes, les régicides magnanimes qui avaient frappé au front la royauté scélérate, et, devant toi, s'agenouillèrent parmi les filles de douze ans. Que, dignes d'un tel passé, notre amour et notre louange montent comme un holocauste d'agréable odeur. Couvre-nous de ton, ombre paci-

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Bante. Infuse-nous le calme et la sagesse ! mets dans nos seins un cœur imperlurbé ! apprendsnous à braver, du haut d'un juste orgueil, les rhéteurs et la canaille, la rue et le forum.

Au chant de cette lyre universelle qu'ordonna le jeune dieu régulateur des Muses, cadence notre génie et fais battre nos cœurs. Aussi bien que la vérité même, apprends-nous à chérir le nombre et les rhythmes harmonieux.

Mais, si les barbares envahissent derechef la cité de lumière, ces rivages de promission que, malgré la tempête et Tinclémence des deux, nous avons cherchés pour nos frères des temps qui ne sont pas encore, verse-nous ton génie, ô déesse ! prête-nous la vaillance qui dispersa le mède et sauva Toccidcnt. Toi qui jaillis en armes de la nue enflammée, toi qui, devant ton autel, suscitas contre le Pisistratide un couteau ceint de fleurs, apprendsnous que la victoire ne donne son loyer qu'aux plus rudes combats et que, pour assurer ton empire, nulle ambition n'est trop haute, nul effort trop généreux. Fulgure la tempête et jaillisse réclair ! Nous enlève la trombe et que l'orage nous foudroie ! Qu'importe si, demain, le firma-

ment se rassérène et dans un jour limpide, brille sur une terre plus clémente ; si demain, une aube pérennelle guide vers le bonheur les peuples reconquis à tes lois saintes, les peuples industrieux, raisonnables et fraternels.

GKtX)

LENiNEMI DU PEUPLE

{30 pluviôse^ an 107).

Il y a six ans, au mois de novembre 1892, VLnnemi du Peuple nous assemblait dans un théâtre de faubourg. Pour la première fois, j'avais Thonneur de vous parler du dramaturge Scandinave, importé récemment à Paris par M. Edouard Rod et le comte Prozor. Depuis ce temps, l'œuvre d'Ibsen est devenue populaire. De plus autorisés que moi Pont élucidée en de compactes gloses et d'inattaquables entretiens. Il serait donc inutile de présenter derechef au public français l'auteur de liosmershohn, des Revenants et de tant d'autres merveilles. Nonobstant les mauvais vouloirs, Tignorance de la critique et la profonde inintelligence des spectateurs ; nonobstant les patriarches et les pa-

chydermes de la stupidité, Ibsen a noblement fait son chemin et gagné, parmi notis, ses lettres de naturalisation. Son art, d'une saveur si étrange et quiddilive, a conquis même les imbéciles, canépbores inévitables du succès, qui portent devant chaque triomphateur, dans une corbeille à la dernière mode^ les chardons poussiéreux de leur enthousiasme.

Pendant quelques mois, Ibsen a été swagger, ou, pour mieux dire, smart, si j'ose employer ces vocables importés d'Angleterre pour les garçons coiffeurs épris d'élégances auvergnates et de M. Barrés. En dépit de la résistance des cuistres et de la sympathie des badauds, Ibsen est entré pour nous dans le panthéon où fraternisent les génies. Ses personnages assument la vie indéfectible, Téternité des figures légendaires. Ce sont des archétypes.

Oswald Ahving, Jean-Gabriel Borkmann, Solness le constructeur existent comme Oreste ou Richard Kl, comme Tartufe ou don Guttière de Solis. Comme Eschyle, Shakespeare, Molière ou Calderon, Ibsen a créé des êtres vivants qui figurent l'humanité, le temps et Tàme de leur auteur.

11 a frappé des mythes à son effigie.

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Le docieLur Stockmaan porte en soi les plus hautes qualités de ces images idéales. Il est à la fois représentatif du théâtre ibsénien et des modernes civilisations. Le spectacle de sa ruine fait paraître des leçons toujours actuelles. Car ce bourgeois méconnu et raillé de ses pairs, ce héros de petite ville, grand homme d'un district norwégien, montre aux yeux un exemple dont le cruel à propos ne se dément jamais.

A savoir, la passion du juste, les tortures de rhonnète homme lâchement sacrifié aux intérêts les plus abjects ; la révolte sainte d'une àme candide et fière à qui son malheur découvre toute l'ignominie du pacte social.

Le bref rappel des scènes capitales suffira, je pense, à remettre dans toutes les mémoires cette admirable tragédie.

Un médecin probe et clairvoyant, directeur d'une station balnéaire dans un pays perdu, à Textrême nord de la Scandinavie, s'aperçoit, un jour, que les thermes confiés à sa garde pèchent contre Thygiène et la salubrité. Affermi par le choix unanime de ses compatriotes, il montre le péril à tous, au peuple comme aux dirigeants. Il ofïre de présider à la construction de nouvelles piscines, de

remplacer le cloaque par des eaux salutaires. Tous, d'abord, accueillent son idée, les classes laborieuses et les milieux aristocratiques de la ville. Des intérieurs pleins de charme et do grâce patriarcale servent de cadre à ces premiers tableaux. Nulle morgue chez ces bourgeois Scandinaves que la médiocrité des fortunes et la diffusion de la culture intellectuelle met sur un pied d'égalité cordiale, tout à fait inconnue dans les races latines. Le préfet n'est pas un proconsul. Médecin, imprimeur, journalistes fraternisent débonnairement ; des institutrices en waterproofs et en galoches représentant l'élite intellectuelle, jouent des sonates et causent métaphysique, tout en faisant cuire leur dîner.

En demandant la reconstruction des thermes, le docteur Stockmann menace de léser dans leurs revenus des propriétaires influents. Aussi, un revirement ne tarde pas à s'opérer ; toutes les forces donnent contre Thomme intègre qui, ne ménageant pas les dividendes, frappe sur les capitalistes. Pas une voix ne s'élève pour défendre celui qu'ils acclamaient naguère. L'ironie d'Ibsen se donne carrière à stigmatiser les lâches qui préparent la débâcle de Stockmann. Le préfet d'abord, « homme aux

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préjugés immuables », exemplaire superbe de la race, le préfet, Peler Stockmann, est frère du docteur, circonstance qui corrobore son infamie d'un soupçon de fratricide. Mais la famille bourgeoise n'est-elle pas le réceptacle et Tégoùt collecteur de toutes les ignominies, depuis l'asservissement de la femme et Tabrutissement des enfants, jusqu'aux batailles d'héritiers sur les cadavres encore chauds ?

La corporation des journalistes prend figure dans la personne d'How sladt, un plat coquin dont les apophtegmes délecteraient les plus éhontés souteneurs de la presse immonde. « La majorité — affirme t-il — a toujours raison», axiome qui pourrait servir d'exergue aux plus belles pages de François Coppée. Comme Tigellin, parangon de tous les valets, académiciens ou autres, Howstadt « redoute le visage formidable et la liberté d'un innocent ». 11 accable d'opprobres les meilleurs. « 11 insulte le juste abreuvé d'amertume») , se retirant d'ailleurs sitôt qu'on lui fait face, comme les pieds plats ont accoutumé. Howstadl formule aussi, en langage cafard, les dogmes qui régissent la plupart des gazettes contemporaines. <ii Quel est le devoir le plus important d'un rédacteur? — exclame-t-il avec une

emphase de pleutre : n est-ce pas d'emboîter le pas à ses lecteurs, de suivre ropinion publique ? » Nos papiers modernes, il le faut avouer, ont grandement perfectionné la chose. Ils commencent par former Topinion sur les plus honteux modèles afin d'en tirer les avantages qu'est susceptible de fournir une plèbe dressée â tous crimes, soumise à Tergastule et bienveillante aux coups de fouet.

Autour de Stockmann gravitent encore Asklaksen, imprimeur, président de la Société des propriétaires, libérâtre et juste milieu, qui défère à la royauté des gros bonnets, ne veut, ne peut, n'ose imprimer le mémoire justificateur de Stockmann et qui, avec sa pusillanimité, sa jalousie sournoise, son manque de cœur, d'orgueil et de parole, incarne d'une sorte vengeresse l'abjection imperméable des boutiquiers, l'inhumanité des riches, l'âme fétide et carnassière des honnêtes gens.

Puis ce sont d'autres pusillanimes encore, ceux qui ne comprennent pas, qui portent réternelle complicité de leur bèlise — sancta simplicitas — à toutes les conspirations, à toutes les ligues que les « soutiens delasociélé » organisent avec empressement dès qu'il y a une infamie à com -

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