‹ Discours d'inauguration de l'École de médecine de Québec (incorporé e par un acte du Parlement) [microforme]Chapitre 5 sur 9 · MESSIEURS · texte numérisé non relu

MESSIEURS

Le sujet qui nous rassemble aujourd’hui est d’une impot: tance majeure, puisqu’il s’agit d'entreprendre et de compléter un cours théorique et pratique de Médecine, digne d’être apprécié par les membres intelligents de notre profession aussi ee que par les amis de la science appartenant à tout autre état

e la vie.

Dans cette cité florissante où le commerce a été cultivé avec succès, on a eu trop longtemps sujet de regretter qu’une des filles les plus aimables et les plus bienfaisantes de la science n'ait pas eu un temple maintenu par une loi publique et relevé par le caractère distingué de ses professeurs. Mais “ il n’est Jamais trop tard pour fairc le bien” ; et si cette profession, l’une des plus nobles, qui exige, pour sa prospérité future, l’entier

exercice de nos facultés intellectuelles, a paru languir jusqu'ici, entravée, qu’elle l'était par les circonstances, la providence

aujourd’hui nous permei de nous réunir, pour saluer les humbles

prémisses d’une institution, limitée, il est vrai, dans ses ressour-

ces, inférieure, quant à l'étendue de ses dispositions, à beau-

coup d’Ecoles de la science Médicale.

Cependant toute entreprise est empreinte de gloire, lorsqu'elle tend à promouvoir ane science utile et honnête ; à exciter l’émulation parmi les hommes de littérature et de génie; à relever le caractère d’une classe quelconque en particulier ; à procurer un accès facile à cette science divine, qui, si elle ne

eut s'opposer au messager de la mort, en émousse du moins ’aiguillon et sait adoucir la terreur de sa victoire.

Soulager la détresse et adoucir les souffrances auxquelles l’aomme est sujet, tel est l’objet de la Médecine; science qui renferme des faitset des principes que l’exercice constant de nos facultés intellectuelles peut seul nous faire retenir.

Nul ne saurait douter qu’une érudition profonde, dans tout département de la science lié directement ou indirectement à l’étude de la Médecine, ne soitentiérement avantageuse à l’esprit, en même temps qu’elle lui sert d’omement. L’élève sera d’autant plus en état de revenir de ses préjugés, de discerner la vérité de l’erreur, et d'établir ses conclusions d’une manière rationnelle

et philosophique, qu’il aura étendu davantage le cercle de ses connaissances.

L'étude de la Médecine est si intimement liée avec les arts et les sciences en général, que l’histoire de ses progrès, dont je parlerai briévement, est celle de l’avancement de l’homme lui-même en savoir spéculatif et en connaissances utiles.

Il est agréable d’enrégistrer les actes des hommes illustres et ds célébrer la mémoire des bienfaiteurs de lhumanité ; de signaler leurs progrès dans une partie quelconque de la science, et d'encourager le jeune étudiant à imiter leur conduite.

Il nons est impossible de dire ce qui a d’abord engagé l’homme è étudier la structure du corps humain et les moyens d’en soulager, d’en guérir les maladies,

Les annalesde l’antiquité nous apprennent que les malades allaient dansles temples etles places publiques solliciter des passants, un remède à leurs maux. Les infirmies et leurs amis

se tenaient dans les rnes et les grands chemins, demandant an voyageur le médicament que son expérience ccquise dans ses voyages à travers des pays éloignés et populeux lui permettait d’indiquer. Etne pas donner toute information possible à ceux qui faisaient de telles questions, était regardé partoutes les nations d'Orient comme un crime semblabie à celui dont se rendrait coupable de nos jours, le capitaine d’un vaisseau qui refuserait d’en secourir un autre réclamant assistance lcin encore de su destination.

La Médecine naturelle ‘su fabuleuse ne pouvant être utile pour votre instruction, jai cru vous intéresser davantage en vous la représentant telle qu’elle s’offre > nous depuis des époques très reculées de l’histoire de notre globe,

Plus tard lorsque l’anatomie des animaux découla du système philosophique de Pythagore, et fut appliquée à la Médecine, l'art de guérir prit graduellement le caractère d’une science distincte, et puisa ses observations, comme ses succès à la véritsble source, c’est-à-dire au lit du malade, ou dans les communications traditionnelles d’un maître à ses disciples, d’un père à son fils.

Le célèbre Asciépiade dut sa réputation médicale aux leçons de son père, qu’il transmit à son tour à ses descendants. Il est à regretter que de toutes les œuvres de cette famille, si souvent mentionnée dansles écrits volumineux attribués à Hippocrate, aucune ne nous soit parvenue sur la manière dont elle a dirigé les observations médicales échues au sage de Cos par droit héréditaire, C

Hippocrate nâquit environ 500 ans avant l’ère chrétienne, alors que la philosophie éclairait les Etats libres de la Grèce, et que les préjugés de la superstition le cédaient, en fait de Médecine, à l'expérience raisonnée.

Le père de la Médecine, comme on l’a appelé, puisa avec ardeur à toutes les sources possibles d'instruction, et sut accumuler un vaste répertoire de connaissances pratiques pour les enseigner aux autres avec succès.

Si ses préceptes eussent été suivis, la Médecine aurait fait des progrès constants. Maisle contraire a eu lieu. : À peine eut-il démontré que l'observation devait être le fondement le plus solide de tout raisunnementen Médecine qu’on lui tourna le dos, pour prêter l'oreille à d’interminables discussions sur la #ature de l’homme, les maladies, la médecine, et aux erreurs

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