CAMILLE JORDAN
Messieurs, vous devez à la mémoire de Camille Jordan un hommage public, qui ne lui a point encore été rendu. Le vif sentiment d'une si grande perte ne s'est point manifesté par un éloge solennel. Si la dette douloureuse des affections de chacun de nous a été acquittée , celle de vos usages reste à accomplir. Et moi, Messieurs, qui fus si long-temps son ami, moi qui fus son collègue au milieu de vous , moi qui lui ai voué un culte plein d'amertume et de tendresse , moi sur qui plusieurs d'entre vous ont jeté les yeux pour rendre ce dernier devoir à notre illustre collègue; j'ai à me reprocher de n'avoir pas, jusqu'à présent, répondu à votre désir. Vous êtes, sans doute, tout près de m'accuser; ce-
* Cet Éloge est de M. Ballanche. U a été lu par M. Moitel- Degérando, membre de l'Académie de Lyon, dans la séance publique tenue par cette Académie le 27 août 1823.