SUR LE RECRUTEMENT DE L ARMÉE. IC
pendant des siècles sur des élémens incorniiis et variables!
Tout cela est en effet tellement répugnant à tous les principes, que les partisans du vote permanent n'ont pu long-temps en soutenir les conséquences, qu'ils sont arrivés à nous dire que le budget serait un moyen suffisant pour inspecter les levées annuelles, pour y introduire les modifications qu'exigeraient des besoins nouveaux.
Ainsi, après avoir tant exalté la nécessité d'affranchir les levées du contrôle des Chambres, on finit par les y soumettre! Après avoir tant proclamé l'immutabilité du contingent annuel, on admet la possibilité de ses variations ! — Ou plutôt on change tourà-tour de langage suivant les besoins de la cause. — Quand il s'agit d'écarter le vote annuel, alors la permanence du vote, l'immutabilité du contingent, sont des articles de foi; nous remettons tout en péril, en parlant de faire intervenir les Chambres; c'est l'exagération des doctrines, c'est presque du républicanisme; chacun s'évertue pour faire preuve de zèle et venir au secours d'un pouvoir que personne ne menace; celui-ci nous rappelle les erreurs de t Assemblée constituanie , que nous avons déplorées plus que lui-même; cet autre nous développe les conséquences fatales du mot seul de Gouvernement représentatifs quoiqu'adopté par son Roi ; un ti'oisième s'élevant contre \qs principes abstraits, fait au moment même plus ô^ abstractions qu'il n'en réprouve.— Quand, au contraire, on se sent pressé
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par le tableau si frappant de l'exliérédatioii des Chambres futures , alors la scène change , les droits les plus étendus sont subitement attribués au budget; par lui chaque Chambre peut discuter et amender toute levée; nous sommes des esprits aveuglés ou chagrins de réclamer une faculté que nous possédons déjà.
Mais il faudra bien sortir enfin du cercle d'une telle contradiction, en répondant nettement par oui et par non : si les chambres futures auront le droit, grâce au budget, d'examiner et modifier la levée annuelle.
Si c'est non; alors qu'on ne nous parle plus de ce pouvoir dérivant du budget.
Si c'est oui; qu'on ne fasse donc plus tant de bruit sur l'inconvénient delà discussion par les Chambres.
Mais le seul parti raisonnable auquel on puisse en effet s'arrêter, c'est d'avouer et d'accorder ce moyen indirect de réforme par le budjet, au lieu du moyen direct que nous proposions.
Or, l'indirect vaut-il ici le direct,^ Là est toute la question.
Eh bien , suivant nous , dans ce nouveau mode , tout est perte pour l'ordre public , amoindrissement pour cette autorité royale que l'on prétend défendre.
C'est-à-dire, qu'au lieu que dans notre système de franche discussion annuelle sur la quotité et la répartition des levées, tous les abus pouvaient être clairement signalés, paisiblement discutés^ efficace-
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ment corrigés; clans la réforme, au contraire, qui ne s'introduit que par le budget, toute la marche devient aussi dangereuse qu'oblique.
11 faut que la Chambre commence par se placer dans une espèce de contradiction avec elle-même , puisqu'elle menace de refuser de l'argent pour' des hommes déjà levés ou engagés, en vertu de la san<ï^ tion de la loi. Elle s'aigrira probablement par une telle contradiction, comme dans la plupart des querelles on s'irrite par ses torts encore plus que par ceux d'autrui; elle donnera à l'opinion publique!, avec un signal plus fâcheux, une direction plus hostile. Elle ne saura le plus souvent comment dénoncei' et atteindre par son refus des fonds le genre d'abus dont il peut être le motif. Elle risc|uera sans cesse, une fois engagée dans de tels refus, de dépasser la juste limite, de tarir jusqu'aux plus nécessaires ressources. Le Gouvernement, à son tour, s'il tarde à déférer à ces indirectes monitions, se trouvera placé dans la position la plus fausse , tenant déjà de la puissance de la loi et des levées d'hommes annuelles, et des engagemens volontaires, pouvant avoir régulièrement sous les drapeaux, tous ces soldats payés, ou à moitié payés, qui attendent impatiemment leiusolde d'une chambre qui la conteste.
Et s'il s'agissait, en effet, d'un autre Gouvernement, de quelques successeurs de ces anciens maîtres du Monde, bien imbus de la maxime célèbre que : Qui a des soldats a tout^ quelle séduction ! quelle tentation ! S