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du retour de 1 8 1 5 , comment ne tremblez - vous pas aujourd'hui de tous les alimens nouveaux que vous allez donner à ces mêmes factions, par un projet tout rempli de violations positives de la Charte, d'offenses profondes à l'honneur, au caractère national , par un projet dont le résultat inévitable est le triomphe déclaré du parti si redouté qui dominait en i8i5? Ce triomphe, je le
sais, je vous rends justice, ni vous, ni le ministère n'en formez le vœu; vous n'avez cherché dans ce parti qu'un secours passager, vous avez espéré le contenir dans de justes limites ; mais en serez-vous les maîtres , lorsque vous lui aurez ainsi assuré par cette loi la principale influence électorale et législative; lorsque le Gouvernement, partout abandonné de l'opinion , se verra de plus en plus contraint à s'appuyer sur un tel auxiliaire, à tomber dans son entière dépendance?
Qui arrêterait en effet à l'avenir ses prétentions toujours croissantes?
Sera-ce vous , députés du centre , devenus la minorité de l'assemblée , que dis-je , n'y siégeant pas même peut-être, non réélus par ces collèges que vous aurez formés, devenus déjà suspects à vos intolérans alliés, réduits à gémir au fond de vos provinces sur les maux que vous aurez causés sans le vouloir, et que vous n'aurez plus le pouvoir de réparer?....
Sera-ce le ministère actuel, déjà brisé peut-être comme un inutile instrument après la victoire ,
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poursuivi dans sa retraite par de calomnieuses imputations, offrant un nouvel exemple de l'ingratitude célèbre de ce parti qu'il aura si imprudemment déchaîné ?
Sera-ce l'autorité royale, enfin, de laquelle nous sommes accoutumés à attendre le salut? Ah! sans doute, notre auguste monarque ne tardera pas à reconnaître l'illusion des conseils qui entourent son trône; il gémira le premier sous le joug de la faction; il voudra la réprimer, mais nul autour de lui n'entendant sa royale pensée , n'osant la réaliser, le foudre impuissant d'un second 5 septembre , inutilement agité, viendra s'éteindre et mourir à ses pieds.
Ainsi régnera sans contradiction ce parti de i8i5, modéré sans doute à son début dans le pouvoir, mais bientôt entraîné , suivant l'inévitable loi des
partis, à toutes les mesures extrêmes Un tel
règne, nous le savons, ne sera que passager, d'autant plus court qu'il sera plus violent... Mais que de maux il aura faits dans sa courte durée! que de liens de confiance et d'amour il aura dénoués ! et qui peut penser sans frémir à ce jour inévitable, où tant de ressentimens long-temps contenus, éclatant à-la-fois, le pouvoir d'une minorité dominatrice tombera, mais ne pourra tomber sans ébranler dans sa chute tous les fondemens de nos institutions les plus chères , sans compromettre peut-être jusqu'à l'indépendance du pays?....
Telles seraient , Messieurs, les conséquences de la
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loi; c'est ainsi qu'en l'adoptant, il ne resterait plus qu'à graver sur les portes de ce temple des lois, la terrible inscription du Dante : Vous qui entrez ici ^ déposez Vespérance. Mais il en est temps encore : engagés dans cette route funeste, vous pouvez chercher une honorable issue ; vous devez l'invoquer : l'amendement proposé vous la présente, venez vous y rallier à la voix non suspecte de vos anciens amis , de ceux qui ont fait avec vous les glorieuses campagnes de i8i5v et 1816, dont vous connaissez l'attachement à tous les principes de la monarchie légitime, qui n'ont pas plus que vous l'envie de devenir le jouet et la proie des factions révolutionnaires.
Si les ministres veulent entendre avec vous cet honorable appel , avec quel empressement ils seront accueillis dans nos rangs! mais s'ils y demeurent insensibles, si, après avoir si souvent changé de projets et de vues dans ces derniers temps, ils ne retrouvent de la persévérance que pour s'obstiner dans la plus déplorable des erreurs, qu'ils soient alors abandonnés par vous et par nous; qu'ils courent seuls à leur perte ; nous , sauvons une patrie si chère, en écartant le projet qui la menace, par l'amendement proposé ! Je vote pour son adoption , et si je n'ai point la force de revenir le défendre à cette tribune, je le contie à la garde spéciale de mes éloquens et honorables amis.
(Une longue et vive agitation succède.)
DE M. LE COMTE CHARLES DE BÉTHIZI, AU N03I DE LA COMMISSION CHARGÉE DE RÉDIGER UNE ADRESSE AU ROI. *
CHAMBKE DES DÉPUTES — Comùc sccrct du 3i janvier 1821.
Messieurs, hier, à la fin de la séance, il a été dit dans cette Chambre que ceux de vos collègues que vous avez chargés devons présenter une adresse, la faisaient retoucher par MM. les ministres : la commission ne relèvera pas l'inconvenance d'une pareille expression.
Voici ce qui s'est passé :
L'adresse que nous allons avoir l'honneur de vous soumettre n'a été communiquée à personne; mais avant d'entrer hier en séance , nous en avions parlé, et quelques phrases avaient circulé parmi nos collègues. Une de ces phrases a éveillé l'inquiétude de MM. les ministres , et ils nous ont fait demander d'en causer avec nous. Nous avons cru et nous croyons encore qu'il était de notre devoir d'enten-
* Nous ci'oyons devoir rappeler ici le l'apport de la commission et le projet d'adresse.
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dre les ministres du Roi. Plusieurs d'entre eux , parmi lesquels étaient les amis que nous nous félicitons de voir dans son conseil , nous ont donné quelques éclaircisseniens nécessaires. Nous nous sonmies retirés dans notre commission; nous avons délibéré, et nous avons Thonneur de a^ous présenter le résultat de notre travail.
Notre unique Lut a été de ne faire naître aucune discussion dans aucune partie de cette salle; nous avons pensé que pour exprimer au Roi notre juste douleur , il devait y avoir unanimité dans cette chambre, comme il y a unanimité d'indignation dans toute la France , comme il y a unanimité dans votre commission.
Fiers de votre confiance, nous croyons l'avoir méritée. C'est parce que nous sentions toute l'importance du travail que vous nous aviez confié, que nous avons réfléchi Ion g -temps.
Nous n'avons point fait d'appel aux passions; elles ne s'emparent que trop souvent de cette trijjune dont elles devraient être à jamais bannies. Nous vous demandons de l'attention ; et nous osons croire qu'au fond de nos pensées vous trouverez l'expression de tous vos sentimens.
Vous nous auriez blâmés. Messieurs, si, par des expressions violentes nous avions risqué de compromettre cette union qui fait toute notre force, et d'affliger le cœur du Roi, à qui nous voulons porter des consolations!....
Plus que jamais nous avons besoin de cette union ;
322 RAPPORT SUR l'aDRESSK AU ROI.
nous devons nous serrer tous au ton i- du trône pour ]e soutenir, et parer les coujDvS que l'on voudrait porter au Roi.