i FRAGMENS
concerter avec le souverain pontife la désignation des Sièges et leur circonscription.
Probablement surtout il est conforme à la justice et à l'humanité d'augmenter, comme le projet l'annonce, le traitement des vicaires, les pensions des anciens religieux.
Mais il faut envisager la question sous un autre point de vue, bien plus général, plus sérieux, plus élevé.
Lors même que la convenance d'augmenter la dépense de l'établissement religieux serait plus urgente encore , serait-il prudent à la Chambre de la voter, avant de s'être assurée, par l'examen le plus sévère, que cet établissement observe les lois qui présidèrent à sa formation ; qu'il reçoit de l'administration la direction qu'elle fut chargée de lui imprimer ; qu'il remplit, en un mot, les fins politiques, morales , religieuses , pour lesquelles il fut institué.
Car ce n'est qu'avec de telles conditions , et sous de telles garanties , que l'État reconnaît son existence et consent à s'imposer tous les sacrifices pécuniaires qu'il exige.
Sans doute la France sait que son premier besoin est la religion ; sans doute elle veut avant tout maintenir avec splendeur et dans son intégrité la religion de ses pères , celle de l'immense majorité des Français.
Mais tiop instruite par l'expérience des siècles, que dans le sein d'une église particulière qui ne jouit d'aucun privilège d'infaillibilité , il peut se trouver des opinions, des préjugés , des directions contraires
d'un discours. 353
aux droits de la puissance temporelle , capables même de troubler le légitime exercice de la puissance spirituelle, et de nuire ainsi aux vrais intérêts religieux , autant qu'aux intérêts politiques ; elle a dû s'armer de précautions sévères Contre ce genre d'abus. Elle a dû imiter ce qu'a fait l'ancienne France, ce qu'ont fait tous les États catholiques, qui n'ont jamais admis que le catholicisme contenu dans de certaines règles , et assujetti par les lois de l'État à ne point les dépasser.
Autant il est raisonnable de favoriser l'établissement religieux ainsi organisé pour le bien de l'État, et de se prêter à toutes les dépenses qu'il peut exiger, autant il serait insensé de joindre aux dépenses anciennes , déjà si considérables , de nouvelles dépenses, si cette organisation n'existe pas.
Là est donc la véritable question, quoique les ministres n'en aient pas dit un mot.
Et un tel examen est d'autant plus important, qu'il n'a pas encore été fait sérieusement dans la Chambre.
On ne saurait trop le répéter en effet , toutes ces conditions , imposées par l'État à l'établissement religieux, tendent à conserver la religion elle-même dans sa pureté primitive ; à faire de cette religion le plus solide appui de la morale ; à en faire aussi l'appui de l'ordre politique adopté au sein du pays.
Ces conditions, en résultat, quelles sont -elles parmi nous?
Les unes sont exprimées par des lois positives ,
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auxquelles le clergé doit être soumis, et que le gouvernement est chargé de faire exécuter envers lui.
Les autres consistent dans l'obligation politique et morale imposée à ce même gouvernement, d'imprimer au cierge , par l'influence administrative , ime direction qui non-seulement ne contrarie pas, mais qui favorise le système des institutions. .
Examinons donc si, d'une part, ces lois ont été exécutées; si, de l'autre, cette influence administrative s'est convenablement exercée.
Et d'abord , sous le rapport des lois positives , on s'étonne sans doute que nous puissions mettre en question si elles ont été inexécutées ou violées.
On comprend la négligence ministérielle dans le vague de l'administration , où les excuses sont si facilesàtrouver. Mais ce qu'on ne comprend pas, c'est comment des ministres osent braver la responsabilité attachée à la violation flagrante de lois positives.
Eh bien î tel est cependant le scandale que présente la portion de notre législation relative au clergé.
En veut-on des exemples ?
Une loi formelle imposait à tous les professeurs de séminaires , d'enseigner les libertés de l'église gallicane
Nulle part on ne tient la main à l'accomplissement de cette obligation.....
Une autre loi , d'accord avec l'usage de tous les