‹ Discours de Danton. Edition critiqueChapitre 102 sur 459 · AU PEUPLE · texte numérisé non relu

AU PEUPLE

(Jardin des Tuileries, mardi, 21 juin 1791)

[Pendant que le Département se rendait auprès de l'Assemblée nationale, le 21 juin 1791, Danton parla au peuple ; quelques-uns de ses collègues l'accusèrent d'avoir prononcé des paroles « incendiaires », portèrent plainte, et témoignèrent contre lui. L'un d'eux fit la déposition suivante :]

« Je déclare que le 21 juin dernier, au moment où le département, pour obéir au décret de l'Assemblée nationale qui le mandait auprès d'elle, traversait à pied le jardin des Tuileries, au milieu d'un peuple immense, j'ai entendu un particulier se répandre en injures contre M. de Lafayette, et

(i) D'après A. Schmidt, Tableaux de la Révolution française , publiés sur les papiers inédits du département et de la police secrète de Paris, Leipzig, 1867.

dire entr' autres choses, qu'il était un traître, que sa tête qu'on allait avoir, répondrait de celle du roi. J'affirme qu'alors M. Danton mon collègue, qui marchait avec nous, escorté de quatre fusiliers, lorsque nous n'avions aucune garde, se retourna et dit au peuple d'une voix très forte et d'un air menaçant : « Vous avez raison, tous vos chefs sont des traîtres et vous trompent (1). » Aussitôt des cris de Vive Danton ! Danton en triomphe ! se firent entendre de toutes parts et accompagnèrent M. Danton jusqu'au moment de notre entrée à l'Assemblée nationale. A Paris, le 21 juillet 1791. Signé Davous, administrateur du dép. de Paris (2). »

D'après le Procès-Verbal.

(Club des Jacobins, mardi 21 juin 1791.)

[Le Roi et la famille royale sont en fuite. — On annonce que les ministres et les membres de l'Assemblée nationale

(i) « Je déclare avoir vu dans la circonstance ci-dessus rapportée M. Danton entouré de quatre gardes qui protégeaient sa marche et qu'à son passage on criait ! Vive Danton ! vive notre père Danton ! comme aussi que j'ai entendu ces mots; nos chefs sont des traîtres! nos chefs nous trompent! et cependant, je ne peux affirmer que ces paroles aient été proférées par M. Danton, dont la vue dans ce moment m'était dérobée par la foule. Bry. adm. du départ, de Paris. »

(2) Cf. Lettre de M. de La Rochefoucauld, président du département à M. Bernard, accusateur public près le tribunal du 6^ arrondissement, lui adressant les réclamations faites la veille par différents administrateurs du département, au sujet des discours que M. Danton aurait tenus au peuple le mardi 21 juin pendant que le département se rendait auprès de l'Assemblée nationale, avec délibération du département à ce sujet. » Arch. nat., T. 214^.

(3) Ce discours fut lu et répété à haute voix dans les groupes. Cf. Babillard, n» 24, pp. 5-6,

vont venir se réunir à la Société. — Danton prend la parole.]

Danton. — Messieurs, (1) si les traîtres se présentent ici (2), je prends l'engagement formel avec vous de porter ma tête sur un échafaud, ou de prouver que la leur doit tomber aux pieds de la Nation, qu'ils ont trahie. (3)

A peine M. Danton avait-il prononcé ces parole:;, qu'un grand nombre de membres de l'Assemblée nationale est entré dans le sein de la Société. M. Danton ayant aperçu M. de La Fayette parmi eux, est monté à la tribune, et prenant la parole, a dit :

Danton. — (4) Messieurs, j'ai les plus grands intérêts à traiter dans cette assemblée; (5) et, en effet, quel que soit le résultat de cette séance, elle doit, j'ose le dire, décider du sort de l'empire. (6)

Au moment où le premier fonctionnaire public vient de disparaître, ici se réunissent ces hommes chargés de régénérer la France, dont les uns sont puissants par leur génie et les autres par leur grand pouvoir. (7) S'il était possible que toutes les divisions fussent scellées, (8) la France serait sauvée. (9) — Quoi qu'il en soit, je dois parler, et je parlerai

(i) Rev. de France. : « Monsieur le Président,... »

(2) Add. Ibid. : « ...je demande à parler,... »

(3) /bzrf. : «...je consens qu'on dresse deux échafauds; je consens de périr sur l'un si je ne leur prouve en face que leur tête doit rouler aux pieds de la Nation contre laquelle elle n'a cessé de conspirer. »

(4) Âdd. /&zi..«...Je vais parler comme si j'étais devant le tribunal de Dieu même et je me félicite de trouver ici M. La Fayette, pour lui dire, devant vous, ce que je lui dirais en présence de celui qui lit dans nos cœurs. »

(5) Or. du peuple : « Messieurs, nous avons aujourd'hui les plus grands intérêts à traiter. »

(6) Ibid. :« ...et en effet, ne nous le dissimulons pas; du résultat de cette séance, de l'esprit public que vous aurez montré, dépendra peutêtre le salut de l'empire. »

(7) Add. Or. du peuple : « Ah ! s'il était possible que l'intérêt personnel eût perdu son influence. »

(8) Rev. de France ;« ...celées... » Or. du peuple : « ...cessées...»

(9) Add. Or. du peuple : « Mais une funeste expérience vient de nous montrer l'étendue de nos maux. »

comme si je burinais l'histoire pour les siècles à venir.

D'abord, j'interpelle M. La Fayette de me dire pourquoi lui, signataire du système des deux Chambres (1), de ce système destructeur de la Constitution (2), vient-il se réunir aux Amis de la Constitution dans les malheureuses circonstances (3) où le Roi fuit pour changer, dit-il, la face de l'empire?

M. Danton a dit ensuite à M. La Fayette que, dans les conférences qu'il avait eues avec lui, lorsque les Amis de la Constitution se flattaient d'éteindre toutes semences de discordes et de divisions, M. La Fayette lui avait paru désirer un changement à peu près semblable à celui proposé maintenant par M. Sieyès, et, qu'à cet égard, il lui avait formellement dit que le projet de M. Mounier étant trop exécré pour penser à le faire revivre, il serait possible cependant de faire adopter à l'Assemblée quelque chose d'équivalent. M. Danton a défié M. La Fayette de lui nier ce fait. (4)

J'interpelle, a-t-il ajouté, les membres qui sont ici présents, et qui ont joué un grand rôle dans la Révolution, qui connaissent les liaisons que nous avons eues avec

(i) Add. Or. du peuple : « ...du prêtre Sieyès,...»

(2) Add. Ibid. : « ...et delà liberté, répandu dans les départements,... »

(3) Or. du peuple :« ...précisément dans les mêmes circonstances...»

(4) Rev. de France : « J 'ai eu des conférences secrètes avec M. La Fayette, et l'écrit signé Sieyès et La Fayette qui vient de paraître ces jours derniers, cette torche de discorde qui semble ne pas avoir été jetée par hasard, dans ces circonstances, au milieu des 83 départements, m'oblige de rappeler ces conférences. Que M. La Fayette nie que, dans une de ces conférences, après avoir cherché à attiédir mon patriotisme, en. m'observant que moi, qui avais montré tant d'ardeur, pour la liberté, je n'avais eu que 45 voix et que j'avais été banni ensuite de la Commune par 43 sections, tandis que M. Bailly réunissait 12.000 suffrages, que M. La Fayette nie qu'après m'avoir préparé par cette réflexion, à entrer dans ses vues, il ne me les ait laissé entrevoir clairement en ajoutant : « Sans reproduire le àystème de Mounier, dont le nom est trop décrié pour employer les mêmes termes de deux chambres, ne serait-il pas possible d'amener quelque chose d'équivalent?

Add. Vous voyez. Messieurs, que cela s'accorde merveilleusement avec le système que vient de produire le prêtre Sieyès et avec la transaction en projet, et les mezzo termine que vient de vous dénoncer M. Robespierre. »

M. La Fayette, de dire si ce qu'ils savent n'est pas conforme à ce que je dis. (Plusieurs membres confirment ce que Vopinant avance.)

Par quelle étrange singularité se fait-il, que le Roi dopne pour raison de sa fuite les mêmes motifs qui vous avaient déterminé, vous, Monsieur La Fayette, à favoriser l'établissement de sociétés d'hommes qui, étant, disiez-vous, intéressés comme propriétaires au rétablissement de l'ordre public, balanceraient bientôt et feraient ensuite disparaître ces Sociétés de prétendus Amis de la Constitution, composées presque entièrement d'hommes sans aveu et soudoyés pour perpétuer l'anarchie? (1)

Que M. La Fayette m'explique comment il a pu inviter par un ordre exprès (2), sans être l'ennemi de la liberté de la presse, les gardes-nationales en uniforme, même sans être de garde (3), à arrêter la circulation des écrits publiés par les défenseurs de la liberté du peuple, tandis que protection était accordée aux lâches écrivains destructeurs de la Constitution.

Ce n'est pas des crimes que je cherche, mais la vérité dans son plus grand éclat.

Comment se fait-il que M. La Fayette ait laissé subsister les apparences du crime qu'il a commis envers la souveraineté de la Nation, en ne désavouant pas avec la plus grande publicité le (4) serment individuel dont lui a fait hommage une portion égarée de la garde nationale de Paris?

Qu'on m'explique comment M. La Fayette qui, depuis le 18 avril, a fait connaître qu'il était instruit du projet de la fMÎte du Roi, a pu vouloir, dans ce jour fameux du 18 avril, employer la force publique pour protéger cette fuite vers Saint-Cloud, qui était évidemment le point central du

(i) C'est ainsi que La Fayette fut un des fondateurs de la Société de 1789, Cf. A. Cballamel, Les Clubs contre-révolutionnaires, pp. 391sqq.

(2) Or. du peuple : «... par un ordre militaire... » ^ (3) Ibid. « ..., de service ou non,... »

(4) Add. Or. du peuple : « ...trop fameux... » ■

ralliement de la famille royale et de ceux qui dirigeaient ce projet funeste. (1)

. Comment se fait-il, M. La Fayette, qu'après avoir enchaîné à votre char de triomphe soixante-quatre citoyens du faubourg Saint-Antoine entraînés par le besoin de détruire le dernier repaire de la tyrannie, le donjon de Vincennes (2), vous ayez, le même soir, mis sous votre protection les assassins armés de poignards qui voulaient protéger la fuite du Roi? (3)

Je vous demanderai encore comment il peut se faire que la compagnie des grenadiers de l'Oratoire, de garde le

(i) Or. du peuple : « Comment se fait-il que M. La Fayette qui, le i8 avril, a fait connaître qu'il était en garde contre les tentatives de départ du Roi, ait voulu dans ce mémorable jour du i8 avril employer le fer et le feu pour protéger le départ du Roi pour Saint-Cloud, lieu qui n'était évidemment, comme l'événement l'a prouvé depuis, que le rendez- vous des fugitifs et de leurs perfides agents? »

(2) Cf., sur l'affaire deVincennes, du 28 février 1791, l'arrêté pris le 9 mars par l'assemblée générale de la section fdu Théâtre-Français en réponse à un arrêté pris par la section des Quinze-Vingts. Orateur du peuple, t. V., no 13; les Révolutions de Paris, n° 86, p. 373; la correspondance de Bailly, Bibl. nat., Mss., fonds français 11697; et dans les Mémoires, correspondance et manuscrits du général Lafayette, t. III, p. 162., la lettre où La Fayette indique les mesures qu'il prit à l'égard des émeutiers, des soixante-quatre individus arrêtés à Vincennes, et des « chevaliers du poignard « qui se trouvaient aux Tuileries dans les appartements du Roi.

VoirTourneux, J5z6/zo|'ra/?te del'histoire de Paris..., t. I,p. 228. Affaire dite des Chevaliers du poignard. — Émeute du Faubourg Saint- Antoine et Tentative de destruction du donjon de Vincennes, rfi^ 2072- 2098. — Tuetey, Répertoire général..., t. I, p. 228. Émeute au Faubourg Saint- Antoine et Tentative de destruction du château de Vincennes. Conspiration des Chevaliers du poignard (28 février 1791) n°s 2018-

(3) Rev. de France : « Que M. La Fayette m'explique pourquoi, le 28 février, il faisait traîner, enchaîner soixante citoyens, uniquement coupables d'avoir regardé Vincennes comme une seconde Bastille, d'avoir détaché quelques moellons de cette prison royale et antinationale, et, lorsqu'il chargeait de fers ces 60 patriotes, pourquoi le même jour, dans le même moment, il court aux Tuileries protéger des conjurés armés de poignards, et venus pour enlever le Roi? — Add. D'où vient cette conduite si différente? Il jette en prison les patriotes, et il délivre dans le même moment les criminels de lèse-nation ? . — Vous êtes ici présent, M. La Fayette, répondez un seul mot à cette accusation. »

18 avril, jour que le Roi avaitchoisi pour allerà Saint-Cloud, et d'où vous avez chassé (1) si arbitrairement (2) quatorze grenadiers, (3) fut la même compagnie de garde le 2 1 j uin ? (4)

Ne nous faisons pas d'illusions, Messieurs : la fuite du Roi n'est que le résultat d'un vaste complot. Des intelligences avec les premiers fonctionnaires publics en ont pu, seules, assurer l'exécution. (5)

Et vous, Monsieur La Fayette, vous qui nous (6) répondiez encore dernièrement de la personne du Roi sur votre tête, paraître dans cette assemblée, est-ce avoir payé votre dette ? (7)

(8) Vous avez juré que le Roi ne partirait pas (9) ! — Ou

(i) Cf. l'Ami du peuple du 28 avril 1791, où Marat dénonce « l'affreux attentat contre la liberté commis par les alguazils à cheval qui viennent de désarmer les grenadiers de l'Oratoire sur l'ordre exprès de Mottier le conspirateur. » et Tuetey, Répertoire général..., t. I, n^^ 2762, 4034.

(2) Add. Rev. de France : « ... si indignement, si tyranniquement,... »

(3) Add. Or. du peuple : « ... pour s'être opposés, le 18 avril, au départ Roi,... )) — Var. Rev. de Paris : « ,... qui s'étaient opposés... »

(4) Rev. de France : «Je vous demanderai encore : Comment se fait-il que la compagnie ci-devant des grenadiers de l'Oratoire, qui était de garde cette nuit du 21 juin où le Roi s'est enfui, soit la même qui était de garde le 18 avril où, le Roi devait aller à Saint-Cloud mais d'où, depuis, vous avez chassé si arbitrairement,... quatorze grenadiers qui s'étaient opposés au départ du Roi? »

(5) Add. Ibid. : « Je ne parlerai point de ces six mille hommes dont vous vouliez composer la maison militaire du Roi. Les moments sont précieux. Si vous répondez à ces trois chefs d'accusation, toute cette assemblée, tous les citoyens vous accorderont un délai pour vous recueillir et répondre à la longue série de griefs accumulés contre vous. Je ne. vous ferai plus qu'une interpellation... »

(6) Or. du peuple :« ...me... »

(7) Rev. de France : « Vous aviez répondu de la personne du Roi sur votre tête. Croyez-vous que vous présenter... ici, ce soit avoir payé votre dette? Quel moment attendez- vous pour vous reconcilier? Celui où le peuple a acquis le droit... de vous exterminer... »

(8) Add. Ibid. : «Et vous venez vous réfugier ici, dans cet asile que tous vos amis, tous les journalistes, les écrivains vos confidents, vos flagorneurs n'ont cessé de représenter comme le repaire de factieux, de calomniateurs, de brigands et de régicides ! Ces factieux, ces assassins seront plus généreux. Ils vous donnent un asile. Mais répondez ? »

(9) Add. Ibid. : «... ; vous vous êtes fait sa caution. — De deux choses l'une... »

VOUS (1) avez livré votre patrie, ou vous êtes stupide d'avoir répondu d'une personne dont vous ne pouviez pas répondre. Dans le cas le plus favorable, vous vous êtes déclaré incapable de nous commander.

Mais je veux croire qu'on ne peut vous reprocher que des erreurs. S'il était vrai que la liberté de la nation française dépendît d'un seul homme, elle mériterait l'esclavage et l'abjection. — La France peut être libre sans vous. Votre pouvoir pèse sur les quatre-vingt-trois départements. Votre réputation a volé d'un pôle à l'autre. Voulez-vous être véritablement grand? Redevenez simple citoyen, et n'alimentez pas plus longtemps la juste défiance d'une grande portion du peuple.

M. Danton a fini par dire qu'il fallait de grandes mesures pour sauver l'Etat; qu'il fallait au peuple une grande satisfaction; qu'il était las d'être continuellement bravé par ses ennemis connus et déclarés. (2) Il est temps, a-t-il ajouté, que ceux qui ont signé des protestations contre la Constitution, cessent d'être les représentants du peuple.

L'Assemblée nationale avait entrevu ce principe à l'époque où elle a décrété que ceux qui seraient coupables de ce délit ne pourraient être chargés d'aucune mission. (3) L'opinant a fait voir qu'une protestation contre ces décrets était une abdication de la qualité de représentant, un crime de lèse-nation; que ce n'était point enfreindre (4) le principe de l'irrévocabilité, que de chasser de l'Assemblée nationale et de livrer à la justice ceux qui appelaient la guerre civile en France par des actes ayant le caractère de la rébellion. (5)

Mais, a-t-il dit, si la voix des défenseurs du peuple est étouffée; si, toujours faible, vos ménagements pour les ennemis de la patrie la mettent perpétuellement en danger,

(i) Add. Ibid. : « ...êtes un traître qui... »

(2) Or. du peuple : « Il faut, Messieurs, pour sauver la France, il faut au peuple de grandes satisfactions. Il est las d'être continuellement bravé par ses ennemis connus et déclarés. »

(3) Ibid. : « L' Asssemblée nationale a décrété ce principe en excluant de toute fonction les coupables de ce délit. »

(4) Or. du peuple : «... altérer ... »

(5) Ibid : « ...par les actes audacieux de la plus infâme rébellion, »

CLUB DES JACOBINS, 22 JUIN I79I • lOQ

je VOUS livre (1) au jugement de la postérité : c'est à elle à prononcer entre vous et moi. (2)

[Alexandre de Lameth déclare qu'il a toujours considéré La Fayette comme un des plus fermes soutiens de la Constitution, et qu'il l'a déclaré à Danton.]

M. Danton s'est levé et a déclaré qu'il était vrai que M. Lameth s'était plusieurs fois expliqué sur le compte de M. La Fayette, de cette manière.

D'après le Journal des Jacobins.

(Club des Jacobins, mercredi 22 juin 1791.)

[Le club des Cordeliers demande dans une adresse la destruction de la monarchie. — Gorguereau déclare qu'il regarde cette adresse comme une scélératesse. — Chépy, président, le rappelle à l'ordre...

Gorguereau monte à la tribune.]

M. Danton. — Je demande qu'on passe à l'ordre du jour sur ce que M. Gorguereau peut nous dire sur l'objet qui l'amène à la tribune.

[Dubois-Crancé donne quelques détails sur la fuite du Roi, et le rôle joué par Bouille dans cette affaire.]

M. Danton. — Je crois devoir rappeler à l'assemblée que le même citoyen à qui j'ai reproché hier sa conduite

([) Ibid. : (c ... j'en appelle... »

(2) Add. Rev. de France: a Je descends de la tribune, j'en ai dit assez pour montrer que si je méprise les traîtres, je ne crains pas les assassins ! »

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