‹ Discours de Danton. Edition critiqueChapitre 159 sur 459 · ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE, 28 AOUT I · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE, 28 AOUT I

contre les despotes. — Il est temps de dire au peuple que le peuple en masse doit se précipiter sur ses ennemis. (Applaudissements.)

Quand un vaisseau fait naufrage, l'équipage jette à la mer tout ce qui l'exposait à périr. De même tout ce qui peut nuire à la Nation, doit être rejeté de son sein; et tout ce qui peut lui servir, doit être mis à la disposition des municipalités, sauf à indemniser les propriétaires. (1) (Applaudissements.)

Nous vous proposons de décréter que chaque municipalité assemblera tous les hommes qui sont dans son sein, en état de porter les armes, qu'elle les équipera et leur fournira tout ce qui sera nécessaire pour voler aux frontières. (2)

Nous demandons encore à l'Assemblée qu'elle autorise une visite domiciliaire pour faire un dénombrement des armes qui sont chez les citoyens.

Mais pour que ces mesures aient leur effet, on a fermé les portes de la capitale, et on a eu raison. S'il faut encore mettre sous la main de la loi 30.000 traîtres, qu'ils y soient mis demain, mais que nous communiquions avec la France entière (3). La municipalité est investie du droit de saisir tous les hommes suspects; mais que, dès demain, le peuple puisse venir vous défendre et communiquer avec les habitants de Paris.

(i) Add. Mon. : « Telle est notre situation que tout ce qui peut matériellement servir à notre salut doit y concourir. Le pouvoir exécutif va nommer des commissaires pour aller exercer dans les départements l'influence de l'opinion. Il a pensé que vous deviez en nommer aussi pour les accompagner, afin que la réunion des représentants des deux pouvoirs produise un effet plus salutaire et plus prompt. »

(2) Mon. : « Nous vous proposons de déclarer que chaque municipalité sera autorisée à prendre l'élite des hommes bien équipés qu'elle possède. » Therm. du J. : « ... et à fournir toutes les provisions qu'elle pourra. »

(3) Mon. : «... il était important de se saisir des traîtres; mais, yen eût-il 30.000 à arrêter, il faut qu'ils soient arrêtés demain et que demain Paris communique avec la France entière...» Add. Merc. un. : « Pour que les citoyens affluent dans la capitale que l'abord de cette ville soit facile que la contrainte pour les passeports cesse. » — Var. Aud. nat. : « Il ne faut plus rendre difficile l'abord des citoyens dans la capitale et laisser leur sortie libre et leur communication avec les départements, en levant la contrainte des passeports. »

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