‹ Discours de Danton. Edition critiqueChapitre 158 sur 459 · SUR LES VISITES DOMICILIAIRES · texte numérisé non relu

SUR LES VISITES DOMICILIAIRES

D'après le Journal des Débats.

(Assemblée législative, mardi soir 28 août, 8 heures.)

[Le 20 août^l'armée prussienne du duc de Brunswick investit Longwy, le 23, la place, bien que pourvue de vivres et de munitions, capitule. Les Prussiens marchent sur Verdun. La Commune ferme les barrières. — Danton demande à l'Assemblée l'ouverture des barrières et l'autorisation pour la Commune de faire des visites domiciliaires afin de se procurer des armes et d'arrêter les suspects.]

M. Danton, ministre de la justice, a parlé à peu près en ces termes (1) :

Le pouvoir exécutif national provisoire m'a chargé de venir entretenir l'Assemblée nationale des mesures qu'il croit utiles pour sauver la chose publique. (2) Je vous développerai les motifs de ces mesures en ministre du peuple, en ministre révolutionnaire.

(3) Nos ennemis ont pris Longwy (4); mais la France ne résidait point dans Longwy. (5) Nos armées sont encore

(i) « M. Danton, ministre de la Justice, a paru dans l'Assemblée pouf y porter ces émotions fortes qu'on sera toujours sûr de lui communiquer quand on parlera pour les intérêts de la patrie avec ce courage qu'elle est faite pour inspirer à des hommes doués, d'ailleurs, d'un véritable talent. « (Condorcet, Chr. de Paris, p. 969.)

(2) Mon. : « ... des mesures qu'il a prises pour le salut de l'empire. »

(3) Add. Mon. : « L'ennemi menace le royaume. »

(4) Mon. : « ... mais l'ennemi n'a pris que Longwy... » Add. Merc. un.. Aud. nat., « ... place d'extrême frontière... »

{5) Add. Mon. : « Si les commissaires de l'Assemblée n'avaient pas contrarié par erreur les opérations du pouvoir exécutif, déjà l'armée

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intactes. (1) Vous concevez que les inquiétudes que l'on répand sur notre situation sont très exagérées, puisque nous avons encore des (2) armées (3)... Ce n'est que par une grande convulsion que nous avons anéanti (4) le despotisme dans la capitale; ce n'est que par une convulsion nationale que nous pourrons chasser (5) les despotes. (Applaudissements.) (6) Vous avez ordonné la levée de 30.000 hommes dans le département de Paris et dans les départements environnants. (7) Des hommes bien intentionnés, mais inquiets, ont cru un moment que cette levée devrait être faite dans Paris seulement, ils craignaient que le centre de la Révolution ne fût tout à coup privé de ses plus braves défenseurs. Cette erreur a été dissipée (8) et Je puis assurer que les sections mettent la plus grande activité à lever leur contingent. Vous n'avez eu, jusqu'ici que la guerre simulée de La Fayette; (9) il faut avoir aujourd'hui la guerre de la Nation

remise à Kellermann se serait concertée avec celle de Dumouriez. » — Var. Pair. fr. « Si les commissaires de l'Assemblée n'eussent pas croisé, par une erreur funeste, les opérations du pouvoir exécutif provisoire, l'armée de Luckner serait aujourd'hui commandée par le général Kellermann et M. Dumouriez serait à celle de La Fayette. »

(i) Add. Merc. un., Aud. nat., : « De l'unité d'action naîtra la force; il nous faut surtout de l'assurance. »

(2) Merc. un., « ...deux.... »

(3). Add. Merc. un., Aud. nat. : « ...qui sont prêtes à suivre l'ennemi et à fondre sur lui s'il s'avance à l'intérieur. Mon. Il faut que l'armée se montre digne de la Nation. » Les points de suspension figurent dans le texte du Journal des Débais.

(4) Mon. : « ...renversé... »

(5) Mon. : «... que nous ferons rétrograder... »

(6) Add. Merc. un. : « Avec de la confiance, déployons des moyens de force. »

(7) Cf. Tuetey, op. cit., t. IV, no» 1525-1528; Archives parlementaires, t. XLIX, pp. 16, 20, 25, 34. — Décret de l'Assemblée législative décidant qu'il sera fait une proclamation pour la levée de 30.000 hommes dans le département de Paris et les départements voisins (26 août 1792), et Proclamation de l'Assemblée législative, portant réquisition au département de Paris et départements voisins de fournir 30.000 hommes armés et équipés destinés à renforcer l'armée de Luckner (26 août 1792).

(8) Add. Therm. du J.: <.i ..., tous les départements fourniront leur contingent,... »

(9) Add. Mon. : «... il faut faire une guerre plus terrible;...»

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