POUR LE MAINTIEN DES PROPRIÉTÉS
D'après le Moniteur.
(Convention, vendredi matin 21 septembre 1792, midi 1/4.)
[Tallien propose aux députés de prêter le serment de ne point se séparer avant d'avoir donné au peuple un projet de gouvernement fondé sur la liberté et Fégalité,]
Danton (1). — Avant d'exprimer mon opinion sur le premier acte que doit faire l'Assemblée nationale, qu'il me soit permis de résigner dans son sein, les fonctions qui m'avaient été déléguées par l'Assemblée législative. (2) Je les ai reçues au bruit du cangn, dont les citoyens de la capitale foudroyèrent le despotisme (3).
(i) Chr. de Paris : « M. Danton a paru à la tribune; son talent, sa réputation de popularité, et, s'il faut le dire, les soupçons mêmes répandus contre lui, soupçons accrédités par les louanges que certains hommes s'obstinaient à lui donner, tout devait exciter l'intérêt et la curiosité. . . Les bons citoyens ont reconnu [à la suite de son discours] qu'ils avaient été trompés, et les ennemis de la patrie ont vu diminuer leurs espérances. »
Le 23 septembre, Condorcet, écrivait encore : « Le citoyen Danton était ministre de la justice; il a parlé avant-hier à la Convention en homme juste; les méchants n'oseront plus l'appeler leur ami. »
D'autre part M. Philippe a publié dans la revue La Révolution dans les Vosges (no du 14 janvier 1909), une lettre de PouUain Grandprey, député modéré des Vosges, aux administrateurs du département, lettre datée du 22 septembre, où l'auteur s'exprime ainsi : « J'ai été frappé du mérite supérieur de Danton; cet homme a vraiment l'éloquence populaire ; il a fait le sacrifice du ministère pour entrer à la Convention ; cette démarche lui fait honneur; jusqu'à présent, c'est le seul orateur qui m'ait frappé... »
Add. /. de Perlet : « {Mille applaudissements conduisent le citoyen Danton à la tribune). »
(2) Aud. nat. : « Avant de proposer mon opinion, permettez que je résigne entre vos mains les fonctions de ministre de la justice. »
(3) Add. Aud. nat. :« ..., dans un moment où il y avait quelques