‹ Discours de Danton. Edition critiqueChapitre 177 sur 459 · LA FRANCE DOIT DÉCLARER LA GUERRE AUX ROIS · texte numérisé non relu

LA FRANCE DOIT DÉCLARER LA GUERRE AUX ROIS

D'après le Journal des Débats.

(Convention, vendredi 28 septembre 1792.)

[Camille Desmoulins veut que la France imite Rome conquérante, et invite les peuples à se donner un gouvernement.

(i) Add. Merc. un. : « Il y a deux questions : la Convention ne doitelle pas décréter qu'elle n'entend nullement parler des prêtres assermentés? — La seconde question est celle-ci : quelle sera la somme que l'on accordera aux prêtres non assermentés? Aud. nat. Ne nous occupons pour le moment que de nos ennemis; réduisons nos suppres- 'sions aux réfractaires. Merc. un. Vous voulez donner des pensions à des chanoines qui ont de quoi vivre et qui sont mauvais citoyens. Que donnerez- vous donc à ceux qui reviendront tronçonnés de la guerre et qui auront bien servi la patrie? {Applaudissements) ... »

(2) Add. Merc. un. : « J'appuie la proposition de M. Lacroix, (i) »

(3) Condorcet dit : « Après beaucoup de débats on a fini par décréter que les pensions accordées aux prêtres sans fonctions demeureraient supprimées. Il reste à déterminer ce qu'on entend par fonctions des prêtres, si ce sont des fonctions publiques ou privées, et s'il existe réellement quelques prêtres sans fonctions. »

(i) Ddacroix.

— Louvet demande que la Convention fasse une proclamation dans laquelle elle annonce que la République fait la guerre aux despotes et non aux peuples, qu'en entrant sur leurs territoires, elle ne veut porter aucune atteinte à leur souveraineté et qu'elle garantira de toutes ses forces leur indépendance. — Lasource demande le renvoi au Comité.]

Danton. — (1). Quoique je reconnaisse le principe par lequel tous les peuples ont droit de choisir le gouvernement qui leur est propre, je ne suis pas de l'avis de l'antép réopinant, par rapport aux conséquences qu'il en a tirées. Je déclare que nous avons le droit de dire aux peuples : Vous n'aurez plus de rois. (Agitation sourde.)

Les Français ne peuvent pas soufîrir que les peuples qui aspireront à la liberté, se donnent néanmoins un gouvernement contraire à leurs intérêts, et qu'en se créant des rois, ils nous fournissent sans cesse de nouveaux tyrans à combattre. (2) (Murmures.)

La Convention nationale doit être un Comité d'insurrection générale contre tous les rois de l'univers. (3) (Applaudi des tribunes.) Et je demande qu'en appelant les peu-

(i) Add. Mon. : « J'appuie la proposition du renvoi au Comité, avec d'autant plus de raison que le principe qu'on vient d'énoncer paraîtra peut-être susceptible de quelques restrictions. » — Var. Merc. un. : « ... Le renvoi de cette proposition aux Comités militaires et diplomatiques ! »

(2) Mon. : « En même temps que nous devons donner aux peuples voisins la liberté, vous devez leur dire : Vous n'aurez plus de roi; Add. car tant que vous serez entourés de tyrans, leur coalition pourra mettre votre propre liberté en danger. »

(3) Mon. : « En nous députant ici, la nation française a créé un grand Comité d'insurrection générale des peuples. Add. Remplissons notre mission, mûrissons le principe, et ne précipitons pas nos décisions. Je demande le renvoi au Comité diplomatique... {On applaudit.) » — Var. Merc. un., Courr. des 83 dép., Aud. nat. : « Le principe de laisser aux peuples des pays conquis le droit de se donner la constitution qu'il leur plaira doit recevoir cette modification, que nous devons leur défendre de se donner des rois ; il n'en faut plus en Europe ; un seul peut compromettre la liberté générale. Je désirerais qu'il existât un Comité d'insurrection des peuples contre les rois. {Applaudi.) » Le Courrier de Gorsas ajoute : « Les paroles de Camille avaient produit une forte impression; le discours de l'opinant l'a détruite; on était indécis. » Il approuve l'observation de Danton, de même que Condorcet, dans sa Chronique de Paris (t. VII, p. 1093).

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