‹ Discours de Danton. Edition critiqueChapitre 198 sur 459 · RÉPONSE AUX SAVOISIENS · texte numérisé non relu

RÉPONSE AUX SAVOISIENS

D'après le Procès-Verbal (8).

(Club des Jacobins, dimanche 28 octobre 1792.)

[Hérault de Séchelles annonce à la Société que trois cents Savoisiens « venant de donner un dîner fraternel à plusieurs membres de la Convention, après avoir porté des santés à la République universelle, après que les deux nations se sont embrassées des heures entières », attendent à la porte des Jacobins. — On les introduit, un de leurs orateurs monte à

(i) Bernard-François Lidon, député de la Corrèze à la Convention.

(2) /. du Soir : « Danton se croit inculpé. »

(3) Merc. un. : « Je rendrai compte de ma vie entière !... Add. // court à la tribune, des citoyens spectateurs applaudissent; troubles; des cris : « C'est une cabale « disent quelques membres ; le Président rappelle les citoyens des tribunes au respect... »

(4) Add. Aud. nat. : « Je ne crains les regards de personne !»

(5) Points de suspension dans le texte.

(6) Àdd- Aud. nat. : « Je vois qu'on me poursuit ..., qu'on me calomnie ... » Ces expressions sont entendues au milieu du ttunulte et des cri& répétés de « A l'ordre du jour !... » La Convention met fin à cette agitation en passant en effet à l'ordre du jour... »

(7) Add. Ibid. : « Danton réclame la parole au moins pour demain; elle lui est promise. »

(8) Cf. Société des Jacobins, t. IV, pp. 437, 438, 441.

la tribune et souhaite l'union entre « leur Société » et les Jacobins.

Le Président, chargé d'exprimer le vœu de la Société, leur répond :J

Citoyens républicains, cette fête ne sera pas la dernière que nous célébrons avec les Savoisiens; il importe que les deux nations n'en fassent qu'une seule. Si nous consultons le cadre de la nature, comme le code politique, nous verrons qu'il importe que nos intérêts se confondent; c'est alors que nous célébrerons une grande fête, celle de la réunion que nous désirons tous.

Savoisiens, vous avez juré de ne plus reconnaître votre roi. Tenez votre parole comme nous tiendrons la nôtre ! (Tous s'écrient : Nous le jurons !)

Longtemps ils ont outragé la nature en se croyant plus qu'elle; ils apprennent enfin qu'ils n'ont dû leur règne qu'à l'ignorance, au crime dont ils étaient les divinités. Ils ont cru jusqu'ici que les arts n'étaient nés que pour les flatter; ils n'ont pas prévu que ce flambeau, en éclairant les peuples, allait aussi éclairer les trônes, mais pour en faire voir l'horreur, mais pour en chasser les tyrans qui les ont élevés et conservés par une tyrannie héréditaire... (1)

Amis, nous sommes unis, et tout nous assure que nous le serons toujours. Agrandissons cette Société de frères, affilionsnous les provinces; portons chez tous les peuples les droits de la nature; que la terre entière n'offre des rois qu'un exemple terrible pour quiconque aura la témérité de vouloir l'être.

La réponse du Président et les discours de plusieurs orateurs portent l'allégresse à son comble... On demande que le Président donne le baiser fraternel à un de nos nouveaux frères. Tous se portent au bureau pour participer à ce nouveau lien.

(i) Points de suspension dans le texte.

232 SUR l'envoi D'UN RAPPORT DE ROLAND

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