CONTRE LACOSTE
D'après le Moniteur.
(Convention, vendredi 9 novembre 1792.)
[Lacoste paraît à la Convention, en exécution du décret qui le mande à la barre. Il est interrogé. — Les Girondins veulent défendre l'ex-ministre et interrompent bruyamment. |
Danton. — J'observe, que ces messieurs écoutaient quand on accusait Robespierre... (2) (Plusieurs citoyens ont applaudi.)
[L'Assemblée décrète que la discussion continuera (3). ]
Danton (4). — Un des membres de cette Assemblée a dit, dans une circonstance bien grave, lors du décret d'accusation contre Delessart, une vérité politique bien précieuse. Il a dit qu'il ne fallait pas de preuves judiciaires pour mettre un ministre en accusation. (5)
(6) Lacoste n'est plus en place, mais vous avez un grand
(i) Ministre de la marine le i6 mars, il avait donné sa démission le lo juillet avec tous les ministres.
(2) Points de suspension dans le texte.
(3) D'après le Journal des Débats.
(4) /. des Débats : « Danton est monté à la tribune et a dit. »
(5) /• ^^^ Débats : «... on observa à l'Assemblée qu'elle pouvait se passer de preuves judiciaires, et que des preuves morales étaient suffisantes pour prononcer l'accusation. » Merc.un. : « ...c'est qu'il suffisait d'une conviction morale et qu'il n'était pas question de preuves physiques. » — Delessart fut décrété d'accusation par l'Assemblée législative le 10 mars 1792.
(6) Add. /. des Débats : « Eh bien, j'invoque ce même principe Merc. un. aujourd'hui, contre Lacoste. »