SUR LA DÉFENSE DE LA BELGIQUE
D'après le Moniteur.
[ (Convention, vendredi 8 mars 1793.)
[Les Autrichiens ont franchi la Roer, battu Valence (l)àAldenhoven, pris Aix-la-Chapelle et rejeté les Français sur Liège. Ils s'emparent de cette ville ; la Belgique s'apprête à chasser nos troupes. — Les commissaires envoyés parla Convention font, à leur retour, un tableau de la situation qui n'est rien moins que rassurant; Delacroix déclare : « Voilà la position où nous en sommes... l'avant-garde a dû abandonner sa position devant Liège, et cette ville et une partie de nos magasins. Il faut donc prendre les mesures les plus promptes et les plus efficaces pour faire lever la Nation, pour la faire marcher contre l'armée des despotes. »]
Danton. — Nous avons plusieurs fois fait l'expérience que tel est le caractère français, qu'il faut des dangers pour trouver toute son énergie. (2) Eh bien, ce moment est arrivé.
Oui, il faut le dire à la France entière : (3) si vous ne
néanmoins qu'ils soient réunis au nombre de deux, et à la charge de donner connaissance dans les vingt-quatre heures, de toutes leurs opérations à la Convention. »
(i) Cyrus-Marie- Alexandre de Timbrune-Timbronne, comte de Valence, avait épousé en 1786 une fille de Madame de Genlis, s'était attaché au duc d'Orléans. Maréchal de camp en 1790, lieutenant-général à l'armée de Dumouriez, il allait sauver l'aile droite de l'armée à Nerwinden (18 mars 1793).
(2) Rép. fr., J. des Débats : « La France a plus d'une fois acquis l'expérience qu'il lui faut des dangers, pour déployer son énergie. » Logotach. : « Citoyens, nous avons plusieurs fois fait l'expérience que tel est le caractère français qu'il faut des dangers pour retrouver notre énergie. »
(3) Add. Logotach. : «... si vous ne vous montrez pas dignes d'elle, si la France entière ne se lève pas,... »