SUR LA DÉFENSE DE LA BELGIQUE
Nous leur avions promis (1) qu'au 1^^ février, l'armée de la Belgique recevrait un renfort de 30.000 hommes. Rien ne leur est arrivé (2). Il y a trois mois qu'à notre premier voyage dans la Belgique, ils nous dirent que leur position militaire était détestable, (3) et que, sans un renfort considérable, s'ils étaient attaqués au printemps, ils seraient peut-être forcés d'évacuer la Belgique entière.
Hâtons-nous de réparer nos fautes. Que ce premier avantage de nos ennemis soit, comme celui de l'année dernière, le signal du réveil de la Nation. (4) Qu'une armée, conservant l'Escaut, donne la main à Dumouriez (5) et les ennemis seront dispersés (6). — Si nous avons perdu Aix-la- Chapelle (7), nous trouverons en Hollande des magasins immenses qui nous appartiennent. (8)
Dumouriez (9) réunit au génie du général l'art d'échauffer et d'encourager le soldat. (10) Nous avons entendu l'armée battue le demander à grands cris. (11) L'histoire jugera ses talents, ses passions et ses vices (12); mais ce qui est certain,
(i) Add. Logotach. : « ... en votre nom, au nom du peuple français,...»— Var. Merc. un. : «... au nom de la Nation,... »
(2) Add. Merc. un. : « ...; elle est à peine achevée d'être approvisionnée... »
(3) Logotach. : « Il y a plus de trois mois qu'ils nous avertissaient que leur situation était critique... » Add. Merc. un. : « ... que l'armée était dans le plus mauvais état,... «
(4) Rép. fr., J. des Débats : «... ait le même effet que celui de la dernière campagne. » Add. Logotach. : « Ainsi préparons nos forces; que ce premier avantage de nos ennemis soit, dans cette seconde campagne, le dernier. »
(5) Add. Logotach. : « ..., tout est sauvé,... »
(6) Logotach. : « ... et les ennemis disparaissent,... » Add. Rép. fr., J. des Débats : « ..., l'armée sera raffermie et la France conservera sa puissance... »
(7) Add. Rép. fr.yj.des Débats, Logotach. : a ...,'Bréda, est encore en notre possession... »
(8) Logotach. : «... des magasins immenses nous attendent dans la Hollande. »
(9) Add. Rép. fr., J. des Débats : « ..., je lui rends cette justice,... »
(10) Logotach. : « Dumouriez possède le talent d'électriser les troupes. Add. Je lui rends cette justice, l'armée la lui rend également. »
(xi) Rép. fr. : «... l'armée l'appelait dans sa déroute. »
(12) Add. Merc. un. : « ..., son caractère, sa gloire, ses vues...)?
c'est qu'il est intéressé à la splendeur de la République. (1) S'il est secondé, si une armée lui prête la main, (2) il saura faire repentir nos ennemis de leurs premiers succès. (3)
(4) Je demande que des commissaires soient nommés à l'instant. (5)
[La proposition de Danton est adoptée à l'unanimité en ces termes :
« La Convention nationale, après avoir entendu le rapport de ses commissaires près l'armée de la Belgique, décrète que des commissaires pris dans son sein, se rendront ce soir dans les sections (de Paris, pour instruire les citoyens de l'état actuel de cette armée, leur rappeler le serment qu'ils ont prêté de maintenir la liberté et l'égalité, et pour les sommer au nom de la patrie, de prendre les armes pour aller défendre leurs frères qui sont dans la Belgique. »
On demande que la proposition de Danton soit étendue aux départements. — Le principe est décrété.]
(i) /. des Débats : «... mais ils sont nécessaires au salut de la République. )) Rép. fr. : «... mais il ne les emploiera que pour le salut de la Republique. »
(2) Rép. fr., J. des Débats : « Si Dumouriez est secondé, si une armée lui donne la main. »
(3) Add. Rép. fr., J. des Débats : « Cette époque sera pour lui le signal et le gage de nouveaux triomphes. »
(4) Add. Rép. fr., J. des Débats : « La seule mesure que nous puissions prendre en ce moment, est une mesure prompte et révolutionnaire. »
(5) Add. Ibid. : « Je demande que ce soir des commissaires soient chargés de se répandre dans les 48 sections de Paris, d'y annoncer les nouveaux dangers de la patrie, et d'appeler tous les citoyens à la défense commune.
Logotach. Pour signal de ces grandes mesures, je demande que l'on mette aux voix la première proposition, et que ce soir, Paris se lève tout entier ! »
zyB SUR l'abolition de la contrainte par corps