SUR LES HONNEURS DU PANTHÉON
D'après l'Auditeur national.
(Convention, vendredi 10 mai 1793.)
[Canibon donne lecture d'une lettre des commissaires de Valenciennes et des représentants à l'armée annonçant la mort du général Dampierre (1) frappé d'un boulet à la cuisse. Un député — Dampierre est mort au champ d'honneur. Il a perdu la vie en combattant les ennemis de la République ; je demande pour lui les honneurs du Panthéon français. »
Maure et Bréard (2) s'y opposent. — Danton parle à son tour.] Danton. — L'événement malheureux que vous venez d'apprendre vous fournit l'occasion solennelle de consacrer un principe éternel de morale et de justice.
DampieiTe (3) occupe déjà, dans le cœur des amis de la liberté une place immortelle, préférable à tous les honneurs que vous pourriez décerner à ses cendres. (4)
tout sera sauvé, et bientôt on mendiera de vous une paix généreuse. Rép. fr. {On applaudit dans une partie de la salle et dans les tribunes.)^)
(i) Auguste-Henri-Marie Picot, marquis de Dampierre; maréchal de camp en août 1792, il commanda une division à Valmy et à Jemmapes; lieutenant général il commanda en 1793 après la désertion de Dumou riez l'armée de Belgique, et fut blessé à mort le 8 mai en voulant délivrer Condé.
Le Dictionnaire historique et biographique de la Révolution et de l'Empire dans l'article, d'ailleurs inexact, qu'il consacre à Dampierre, cite une lettre, écrite à Danton, de Cambrai, le 23 mai par le général Guéroult-Lapalière, à propos de la mort de Dampierre et des honneurs qu'il lui fit rendre.
(2) Jean-Jacques Bréard, député de la Charente-Inférieure à l'Assemblée législative et à la Convention.
(3) Add. Merc. un. : « ... est mort en soldat républicain ; il... »
(4) /. des Débats « A l'égard de Dampierre sa mémoire occupe dans les cœurs des vrais amis de la patrie une place plus honorable que toutes celles que vous pourriez lui décerner. » Mon. : « Dampierre est déjà