INTERPELLATION A GARAT
D'après le Moniteur et le Républicain français.
(Convention, lundi soir 27 mai 1793, 11 heures.)
[Gollot d'Herbois annonce qu'un bataillon en armes occupe les abords de la Convention. — Le chef de ce bataillon mandé à la barre dit qu'il n'a fait qu'obéir aux ordres supérieurs reçus de la Commission des Douze, lui prescrivant de veiller à la sûreté de la Convention. — Un tumulte indescriptible s'élève. — Le ministre de l'intérieur entre. Il ramène à leur juste proportion les événements de la mairie qui ont donné lieu à tous les bruits du complot ; l'arrestation d'Hébert seule est cause du trouble. Il propose à l'Assemblée de sortir en corps pour disperser le peuple et répond, au surplus, du calme et de la sûreté générale. Il déclare : « Je connais la Commission des Douze ; je sais que tous ceux qui la composent sont dans l'intime persuasion de saisir les coupables, de vouloir la paix, de faire le bien ; mais ils sont tous guidés par la crainte et ne trouveront rien ». (1)]
Danton. — Je demande à faire une interpellation au ministre quand il aura fini.
[Garât termine son discours.]
Danton. — Je demande que le ministre me réponde. Je me flatte que de cette grande lutte sortira la vérité comme des
déclare que je proteste contre votre despotisme et votre tyrannie. Le peuple nous jugera.
On demande que cette déclaration et le nom de Danton, son auteur soient insérés au Procès- verbal. Cette proposition est décrétée. »
Cf. également. Tuetey, op. cit., t. VIII, n» 2593.
(i) Le Républicain, dit : « Le discours de Garât fut accueilli par les plus vifs applaudissements. Il dénotait en effet la perfidie et la lâcheté des trembleurs; mais Danton veut leur donner un nouveau brevet de calomnie et demande la parole. » La Chronique de Paris : « Danton a demandé la parole et, avec une de ces voix plus puissantes contre le