CONTRE LES MESURES PROPOSÉES PAR LES DOUZE
mais on a calomnié Paris en demandant une force départementale, (1) cai dans une ville comme Paris où la population présente une masse si imposante, la force des bons citoyens est assez grande pour terrasser les ennemis de la liberté. (2)
Je dis que si, dans la réunion dont on â parlé, (3) il s'est trouvé des hommes assez pei*vers pour (4) proposer (5) de porter atteinte à la représentation nationale, cette proposition a été vivement repoussée, et que ces hommes sont saisis et peuvent être livrés à la justice; ils ne trouveront point ici de défenseurs.
On a cherché aussi à inculper le maire de Paris et à le rendre pour ainsi dire complice de ces hommes vendus ou traîtres; (6) mais l'on n'a pas dit que si le maire de Paris n'était pas venu vous instruire de ce qui s'était passé, c'est qu'il était venu en rendre compte au Comité de salut public qui devait vous en instruire. (7)
(i) Cf. le discours du i6 janvier 1793, p. 262.
(2) Rép. fr. : « Lorsqu'il existe une majorité de huit cent mille hommes, majorité assez grande pour défendre la liberté, je ne puis croire qu'il faille une force auxiliaire pour la défendre. »
(3) /■ des Débats : « Si dans les rassemblements dont on a parlé... »
(4) Ibid. : « ... des hommes ont porté l'égarement jusqu'à... »
(5) Add. Rép. fr. : « ... de toucher à l'arche sainte de la liberté, je veux dire... »
(6) Add. Rép. fr., J . des Débats : «... remarquez bien que le maire qu'on a tant calomnié, a été aussi le premier à vous en avertir... Plusieurs voix. — Quatre sections l'ont fait avant lui ! »
Ainsi, par exemple la section de la Fraternité, s'était présentée à la barre de la Convention dans la séance du 23, et avait donné lecture de son procès-verbal de la veille, qui contenait les preuves d'un complot tramé contre la République et la représentation nationale. Il résultait de ce procès-verbal que le dimanche et le lundi précédents, il s'était tenu à la mairie, une assemblée composée des comités révolutionnaires, et présidée, le premier jour par un administrateur de police, et le second , par le maire de Paris. On y avait agité de faire « un second 10 août, et un supplément au 2 septembre » d'arrêter à un jour et une heure convenue ; vingt-deux membres de la Convention, de les égorger et de déclarer qu'ils avaient émigré : « Mais le maire, dans la séance de lundi, a dit que si ces motions se reproduisaient il dissoudrait l'assemblée. » (Cf. Merc. un. — Mai, pp. 434-435. — Rép. fr., mai, p. 770.)
(7) Rép. fr., J . des Débats : « S'il n'a pas été le premier à vous en rendre compte à la barre, c'est que déjà ce compte était rendu à votre Comité de salut public. »
Ainsi donc, quand il est démontré que les propositions qui vous ont été faites ont été rejetées avec horreur quand Paris est prêt à s'armer contre tous les traîtres qu'il renferme pour protéger la Convention nationale, il est absurde de créer une loi nouvelle. Pour protéger la représentation nationale, il ne s'agit que de diriger l'action des lois existantes contre le vrai coupable. Encore une fois, je ne combats pas le fond du projet, mais je dis qu'il se trouve dans les lois préexistantes. (1)
Ne faisons donc rien par peur; ne faisons rien pour nousmêmes; ne nous attachons qu'aux considérations nationales (2); ne nous laissons point diriger par les passions, (3) Prenez garde, qu'après avoir créé une commission pour rechercher les complots qui se trament à Paris, on ne vous demande s'il ne conviendrait pas d'en créer aussi une pour rechercher les crimes de ceux qui ont cherché à égarer l'esprit des départements. (4)
Je ne demande qu'une chose, c'est que les membres qui
(i) Add. Rép. fr., J. des Débats : « Et ici, je vous le demande à tous, croyez-vous que les forces qui sont à votre disposition ne sont pas suffisantes pour la répression que vous voulez opérer ? Je dis que quand ces moyens sont dans la loi, il est indigne de vous de répéter ces mêmes lois sous de nouvelles rédactions. Il est donc inutile de répandre la terreur. C'est s'écarter de la politique et de la prudence que d'annoncer aux départements que vos dangers sont si grands que vous êtes forcés d'appeler autour de vous une force extraordinaire. Merc. un. et il n'en existe pas [de dangers] ; tout est connu ; vous avez des tribunaux. » — Var. Merc. un. : « Or je dis qu'il est absurde de renouveler des lois qui existent; vous y trouverez tout ce qui est nécessaire pour la répression que vous voulez opérer, et si vous êtes suffisamment armés, Pourquoi prenez-vous de nouvelles mesures? A quoi bon répandre la terreur? C'est dire aux départements que vos dangers sont imminents... »
(2) Merc. un. : « Attachons-nous aux considérations nationales, Add. et non aux considérations incHviduelles. »
(3) Add. Merc. un. : « Soyons tous unis, malgré nos anciennes haines. Rép. fr., J . des Débats Soyons donc tous unis pour notre défense mutuelle... Prenez garde qu'en cherchant à découvrir et à punir de prétendus complots, on ne s'aigrisse d'avantage encore. »
(4) Rép. ft., J . des Débats : « Puisque vous avez un comité chargé de la recherche des complots qui se trament contre vous, vous devez en avoir un aussi, chargé de rechercher les auteurs du complot tendant à jeter la division dans les départements. »
proposent ce projet se dépouillent de toutes leurs haines (1). Il faut que les criminels soient bien connus, et il est de votre sagesse d'attendre un rapport préliminaire sur le tout. (2)
D'après le Moniteur.
(Convention, samedi 25 mai 1793.)
[La section de l'Arsenal défile à la barre. — Un pétitionnaire demande une loi qui en conservant les sociétés populaires, leur interdise cependant toute correspondance entre elles. — On réclame l'impression de cette adresse.]
[Danton, Fonfrède demandent la parole. Fonfrède demande la question préalable.]
Danton. — Je demande qu'on mette aux voix la proposition du préopinant, parce que, dorénavant, on n'arrêtera plus la correspondance des Jacobins quand elle parviendra dans les départements de la Gironde. (3)
(i) Add. Merc. un. : « ...; nous le devons pour repousser les attaques portées aux uns et aux autres. »
(2) Merc. un. « :... mais nous ne devons ajouter aucune mesure avant que la Commission ne vous ait fait un rapport. » Add. Rép. fr., J. des Débats : « Alors vous prendrez les mesures de sûreté générale ou d'action judiciaire que déterminera la nature des faits. Républicain : Si vous retardez vos coups ce ne sera que pour frapper plus sûrement. »
Le Républicain dit à propos de ce discours : « Ces réflexions étaient dictées par l'impartialité, mais la peur est un sentiment auquel tous les autres cèdent. Vergniaud a montré de si grandes terreurs et a trouvé tant de membres de son avis, que le projet de décret a été adopté en masse... »
(3) Rép. fr., J. des Débats : « J'appuie la proposition de l'opinant : ainsi l'on n'arrêtera plus à Bordeaux la correspondance des Jacobins de Paris. » Merc. un. : « Danton s'écrie, qu'il faut ordonner un rapport sur les arrêtés [ceux proposés par Boyer-Fonirède] avant de prendre aucun parti. »
[Une députation du Conseil général de la Commune se présenté à la barre. Elle parle du complot dénoncé à la Commission des Douze, et réclame la mise en liberté ou le jugement immédiat d'Hébert. — Cette députation est interrompue.]
Danton. — Vous devez garder le silence 1
[BiROTTEAU. — Point de Régulateur en France ! (1) Isnard fait à la députation une réponse violente, hachée parles interruptions de l'Assemblée, et termine ainsi:
'< S'il arrivait que la Convention fût violée par des conspirateurs, je vous le déclare au nom de la France.... je vous le déclare, Paris serait rayé de la République... la France entière en tirerait une vengeance solennelle, et bientôt peutêtre on chercherait sur les rives de la Seine, si Paris a existé ».]
Danton, — Président, je demande la parole contre votre réponse !
[Danton obtient la parole. (2)]
Danton. — (3) Si le Président eût présenté l'olivier de la paix à la Commune avec autant d'art qu'il a présenté le signe du combat aux guerriers qui viennent de défiler ici, (4) j'aurais applaudi à sa réponse. Mais je dois examiner quel peut être l'effet politique de son discours. (5)
(i) D'après le Mercure universel.
(2) Le Républicain, dit à propos de ce discours : « Danton a obtenu la parole après une opposition très opiniâtre ce ceux qui sentaient qu'il allait les mettre à nu. C'est sur la plus qu'étonnante prophétie d'Isnard, qui a annoncé la destruction de Paris, dans un cas donné, que Danton a parlé. »
(3) Add. Rép. fr., J. des Débats : « Le décret que vous venez de rendre est une sorte de correctif à la scène qui l'a précédé. » (L'Assemblée venait de décréter l'impression d'une adresse de la section de l'Unité demandant des mesures réclamées par Danton.)
(4) Henri Levasseur, adjudant-général de l'armée du Nord, était venu déposer sur le bureau du Président, au nom de la division La Marlière, un drapeau enlevé à Menin, aux Hollandais. Quand plus tard les volontaires de Marseille défilèrent à la barre, Isnard leur dit : « Guerriers patriotes, voyez cet étendard, il fut arraché aux ennemis par un grenadier français ; mourez ou apportez-nous celui des rebelles ! »
(5) Rép. fr., J. des Débats : « Si le Président eût offert l'olivier de la
Assez et trop longtemps on a calomnié Paris en masse... (1) (On applaudit dans la partie gauche et dans les tribunes. — Il s'élève de violents murmures dans la partie droite.)
[Plusieurs voix. — Non, ce n'est pas Paris qu'on accuse, mais les scélérats qui s'y trouvent. (2)]
Danton. — Voulez-vous constater que je me suis trompé? — (Un grand nombre de voix : Oui !) — Ce n'est pas pour disculper Paris que je me suis présenté à cette tribune ; il n'en a pas besoin [...] (Applaudissements), mais c'est pour la République entière.
Il importe de détruire auprès des départements l'impression défavorable que pourrait faire la réponse du Président.
Quelle est cette imprécation du Président contre Paris? (3) (4) Il est assez étrange qu'on vienne présenter la dévastation que feraient de Paris tous les départements, si cette ville se rendait coupable (5)... (1) (Oui, s'écrient un grand
paix à la Commune, avec autant d'art qu'il a saisi le signe des combats pour le présenter à nos guerriers, certes, je n'aurais qu'à le féliciter; mais j'examine l'eSet politique de sa réponse à la Commune. «
Danton semble bien ici se moquer d'Isnard, et railler ses effets oratoires. Ce discours au reste est ironique ; Danton parlera plus bas de « l'imprécation vraiment dramatique d'Isnard. »
(i) Points de suspension dans le texte.
(2) Rep. fr., J . des Débats : « [Les plus violents murmures s'élèvent. — Cela est faux ! s'écrient un grand nombre de membres.) »
(3) Rép. fr. : « Eh citoyens ! quelle est donc cette imprécation vraiment démocratique que s'est permise le Président. »/. des Débats : «... l'imprécation vraiment dramatique. )> Républicain : «... l'effet de l'imprécation vraiment dramatique... » — Que l'on accepte l'une ou l'autre version, l'ironie de Danton n'en paraît pas moins; dans un cas, il s'en prend à la forme de l'allocution présidentielle, dans l'autre, aux idées exprimées, nous pencherions plutôt pour la version dramatique : i° parce qu'elle se retrouve dans deux journaux différents; 2^ à cause de la phrase que l'on trouve un peu plus bas : « Je me connais aussi, moi, en figures oratoires. »
(4) Add, Rép. fr., J. des Débats, Républicain : « Si vous convenez tous qu'on ne peut suspecter la majorité de Paris... »
(5) Rép. fr., J. des Débats : «... de présenter l'image de la dévastation de cette ville par les départements, si quelques hommes se rendaient coupables... »
nombre de membres, ils le feraient ! — On murmure dans V extrémité gauche.)
Je me connais aussi, moi, en figures oratoires... (1) (Murmures dans la partie droite). Il entre dans la réponse du Président un sentiment d'amertume (2). Pourquoi supposer qu'un jour, on cherchera vainement sur les rives de la Seine si Paris a existé? (3) — Loin d'un Président de pareils sentiments ! (4) Il ne lui appartient que présenter des idées consolantes (5).
Il est bon que la République sache que Paris ne déviera jamais des principes; qu'après avoir détruit le trône d'un tyran couvert de crimes, il ne le relèvera pas pour y asseoir un nouveau despote (6).
Que l'on sache aussi que les représentants du peuple marchent entre deux écueils. Ceux qui sei'vent un parti lui apportent ses vices comme ses vertus; si dans le parti qui sert le peuple il se trouve des coupables, le peuple saura les punir; (7) mais faites attention à cette grande vérité, c'est que s'il fallait choisir entre deux excès, il vaudrait mieux se jeter du côté de la liberté, que de rebrousser vers l'esclavage. (8). — En reprenant ce qu'il y a de blâ-
(i) Points de suspension dans le texte.
(2) Ibid. : « ... et je sais qu'il entre dans celle du président un sentiment d'amertume. »
(3) Ibid. Républicain : «... les vestiges de Paris? «
(4) Rép. fr., J. des Débais : « ... de pareilles idées. »
(5) Rép. fr., J. des Débats, Républicain : « Il ne devait présenter à nos concitoyens de Paris, que des idées consolantes Add. et fraternelles. {On applaudit.) » — Var. /. des Débats : « {Une partie de l'Assemblée et les citoyens applaudissent.) »
(6) Add. Rép. fr., J. des Débats, Républicains : «... il importe que la République sache que si des scélérats voulaient attenter à la représentation nationale, Paris saurait les punir et seconder les efforts de la Convention nationale... »
(7) Add. Rép. fr., J. des Débats, Républicain : « Sans doute, dans le parti populaire, dans le parti de la véritable énergie, il peut y avoir des faux frères. Mais ne nous dissimulons pas que des rives de la Gironde aux bords de la Seine, des contre-révolutionnaires trament pour détruire l'énergie nationale... »
(8) Rép. fr.,J. des Débats, Républicain: « Pénétrez-vous bien de cette vérité que s'il fallait se livrer à un excès, il faudrait se ranger dans celui de la liberté. {On applaudit.) Add. Je sais qu'une partie de ce peuple énergique et sublime dépasse quelque fois le but; mais bientôt, la raison
mable, il n'y a plus partout que des républicains.
Depuis quelque temps, les patriotes sont opprimés dans les sections. Je connais l'insolence des ennemis du peuple. Ils ne jouiront pas longtemps de leur avantage. Bientôt les aristocrates, fidèles aux sentiments de fureur qui les animent, vexeraient tout ce qui a porté le caractère de la .liberté. Mais le peuple détrompé les fera rentrer dans le néant. (On applaudit.)
Qu'avons-nous à faire, nous, législateurs, qui sommes au centre des événements? — Réprimons tous les audacieux, mais tournons-nous d'abord vers l'aristocrate, car il ne changera jamais. (On applaudit.) Vous, hommes ardents qui servez le peuple, qui êtes attachés à sa cause, ne vous effrayez pas de voir arriver une sorte de modérantisme perfide (1); unissez la prudence à l'énergie qui vous caractérise, tous les ennemis du peuple seront écrasés.
(2) Parmi les bons citoyens, il y en a (3) de trop impétueux; mais pourquoi leur faire un crime d'une énergie qu'ils emploient à servir le peuple? S'il n'y avait pas eu des hommes ardents, si le peuple lui-même, n'avait pas été violent, il n'y aurait pas eu de Révolution. (4) (On applaudit à plusieurs reprises.)
Je reviens à, mon premier objet : Je ne veux exaspérer personne, parce que j'ai le sentiment de ma force en défendant la raison. Sans faire mon apologie, je défie de me prouver (5) un crime. Je demande que l'on renvoie devant le Tribunal révolutionnaire ceux qui auront conspiré contre la
nationale le ramène. Remarquez bien, vous qui blâmez ses écarts, que vous servez le parti de l'aristocratie. »
(i) Ibid. : « Et vous, hommes ardents qui avez fidèlement servi le peuple et sa cause, ne vous effrayez pas de voir dominer une sorte de modérantisme perfide; Add. le peuple est toujours là; qu'il se montre, et ces aristocrates, fidèles à leur insolence, rentreront dans le néant ! {Les citoyens applaudissent). »
(2) Add. Ibid. : « Je ne sais pas dissimuler ma pensée. »
(3) Ibid. : «... il en est... »
(4) Ibid. : « Mais ne condamnez pas ce qui a fait la Révolution ; car s'il n'y eût pas eu d'hommes à grandes passions, si le peuple n'eût pas été violent, jamais il n'eût brisé ses fers. »
(5) Lire peut-être trouver.
Convention, et moi, je demande à y être envoyé le premier, si je suis trouvé coupable.
(1) On a répété souvent que je n'avais pas rendu mes comptes (2). J'ai eu 400.000 livres à ma disposition pour des dépenses secrètes; j'ai rendu compte de l'emploi que j'en ai fait; que ceux qui me font ces reproches les parcourent avant de me calomnier. Une somme de 100.000 livres avait été remise entre mes mains pour faire marcher la Révolution; cette somme devait être employée d'après l'avis du Conseil exécutif; il connaît l'emploi que j'en ai fait; il a, lui, rendu ses comptes.
Plusieurs voix. — Ce n'est pas la question !
Danton. — Je reviens à ce que souhaite la Convention. (3) Il faut réunir les départements, il faut bien se garder de les aigrir contre Paris. (4) Quoi ! cette cité immense qui se renouvelle tous les jours, (5) porterait atteinte à la représentation nationale ! Paris qui a brisé le premier le sceptre de fer, (6) violerait l'arche sainte qui lui est confiée ! — Non! Paris aime la Révolution; Paris, par les sacrifice qu'il a faits à la liberté, (7) mérite les embrassements de tous les Français. (8)
Ces sentiments sont les vôtres? Eh bien, manifestez-les ! Faites imprimer la réponse de votre Président (9) en décla-
(i) Add. Rép. fr., J . des Débats, Républicain : « Et moi aussi, je fus au timon de l'état dans le temps des orages; je défie ceux qui me supposent une fortune immense de m'accuser. »
(2) Rép. fr., J. des Débats, Républicain : « On m'a demandé des comptes, Add. je les ai rendus, et je demande à me faire apurer devant un tribunal révolutionnaire. »
(3) Ibid. : «... à mon premier objet. »
(4) Ibid. : «... je dis que ce qui peut doubler la force nationale, c'est d'unir Paris aux départements. «
(5) Add. Ibid. : « ... Paris qui se compose des départements mêmes,.. »
(6) Aii. Ibid. : «,... Paris, ce centre politique où tous les rayons aboutissent,... »
(7) Add. Ibid. : « ,... Paris, par sa persévérance... »
(8) Ibid. : « ... de tous les bons Français. Add. {On applaudit.) »
(9) Add. Ibid. : «... mais qu'elle soit modifiée ...»
rant que Paris n'a jamais cessé de bien mériter de la République. (1) Puisque la municipalité... (2) n'a jamais cessé de bien mériter de la République... (2) (Il s'élève de violents murmures dans une grande partie de la salle.) [...], puisque la niajorité de Paris a bien mérité... (2) (On applaudit dans toutes les parties de la salle.) [...] et cette majorité, c'est la presque totalité de Paris. (Mêmes applaudissements.)... (2)
Par cette déclaration, la Nation saura apprécier la proposition qui a été faite de transporter le siège de la Convention dans une autre ville. (On applaudit.) Tous les départements auront de Paris l'opinion qu'ils doivent en avoir, et qu'ils en ont réellement (3). Paris, je le répète, sera toujours digne d'être le dépositaire de la représentation nationale.
Mon esprit sent que partout où vous irez, vous trouverez des passions, parce* que vous y porterez les vôtres. Paris sera bien connu; le petit nombre de conspirateurs qu'il renferme sera puni. (4) Le peuple français, quelles que soient vos opinions, se sauvera lui-même, s'il le faut, puisque tous les jours il remporte des victoires sur les ennemis, malgré vos dissensions.
Le masque arraché à ceux qui jouent le patriotisme... (2) (On applaudit successivement dans toutes les parties de la salle), [...] et qui servent de rempart aux aristocrates, la France se lèvera et terrassera ses ennemis. (Applaudissements.)
(i) Add. Ibid. : « Déclarez que Paris, ... »
(2) Points de suspension dans le texte.
(3) Add. Ibid. :«...; ils sauront que ceux qui veulent le renverser sont les plus funestes ennemis de la Révolution. »
(4) Add. Ibid. : « Ralliez-vous. Que vos ennemis apprennent à leurs dépens que la chaleur de nos débats tient à l'énergie nationale ; qu'ils sachent que vous saurez toujours vous réunir pour les terrasser; qu'ils sachent même que si nous étions assez stupides pour exposer la liberté, le peuple est trop grand pour la laisser périr ! {On applaudit.) »
D'après le Moniteur.
(Convention, lundi matin 27 mai 1793.)
[Une députation se présente à la barre. L'orateur dit : « Un attentat à la liberté vient d'être commis par des mandataires infidèles : votre Commission des Douze vient de faire enlever nuitamment le président et le secrétaire de la section de la Cité. » — Isnard, Président, fait une réponse menaçante à la députation. — Robespierre monte à la tribune; la parole lui est refusée.
« Soixante orateurs parlent à la fois ; à gauche on veut que Robespierre ait la parole, à droite on veut que l'Assemblée soit consultée, tous les membres se lèvent par un mouvement spontané : cris, menaces. « La parole à Robespierre ! Nonl non ! non ! — Brntabole (1). — Je t'accuse toi, Président, je t'accuse d'être un perturbateur !... ». — Une centaine de membres se portent au bureau pour signer la demande de l'appel nominal. — Robespierre s'assied à la tribune en se penchant douloureusement contre le bureau. Bravos et applaudissements de la tribune à gauche, nouveaux cris, nouvelles agitations dont il est impossible d'exprimer les détails en conservant à l'Assemblée la dignité dont elle doit jouir. — Trépignements à gauche. — BmoTTEAU. — Justice ! justice ! Vous voulez nous opprimer !]
Danton. — Je vous le déclare : tant d'impudence commence à nous peser. (2) Nous vous résisterons ! (3)
Tous les membres de l'extrémité gauche. — Oui, nous résis-
(i) Pierre-Louis Bentabole, député du Bas-Rhin à la Convention, siégeait sur la Montagne.
{2) Add- Aud. nat. : « Je demande l'appel nominal, et je déclare que si l'on persiste à le refuser,... »
(3) Add. /. des Débats : « ... Oui nous vous résisterons. ! » — Var. Merc. un. : <i Vous aurez beau faire, s'écrie avec fureur Danton, nous vous
terons! (On applaudit à plusieurs reprises dans les tribunes.) On demande dans la partie droite que la déclaration de Danton soit consignée dans le Procès-verbal. (1)]
Danton. — Oui, je le demande moi-même.
[La déclaration de Danton est insérée dans le Procèsverbal.
Danton monte à la tribune. Les citoyens des tribunes l'applaudissent.]
Danton. — Je demande la parole !
Plusieurs voix de la droite. — Non, vous ne serez pas privilégié. (2)
Delacroix (d'Eure-et-Loir). — Si on refuse d'entendre Danton, je demande un autre appel nominal. {Murmures.)
Le Président. — Danton a fait une déclaration, comme elle doit être insérée dans le Procès-verbal, il demande à la répéter. (3)
Danton. — Je déclare à la Convention et à tout le peuple français, que si l'on persiste à retenir dans les fers des citoyens (4) qui ne sont que présumés coupables, dont tout le crime est un excès de patriotisme; si l'on refuse constamment la parole à ceux qui veulent les défendre; (5) je déclare,
résisterons. {Trépignements des tribunes.) » Républicain. : « Vous voulez nous opprimer, mais nous résisterons à l'oppressicn. » Aud. nat. :« Je déclare que... nous résisterons à l'oppression et que le peuple décidera. » Abrev., un. : « Vous avez beau faire nous vous résisterons. »
(i) Merc. un. : « Consignez ce qui se passe dans le Procès-verbal, dit Barbaroux. {Huées.) Adopté. »
(2) Merc. un. : « Danton veut avoir la parole; à droite on couvre sa voix. »
(3) Merc. un. : « Le Président observe que ce décret [celui que l'on vient de rendre sur la proposition de Barb>aroux] pourrait inculper Danton, qu'il demande à s'expliquer afin qu'il n'y ait pas d'équivoque. »
{4) Add. Merc. un. : « ... arrêtés injustement... »
(5) Add. Républicain. : « ... je déclare, que s':î y a dans cette Assemblée cent bons citoyens que me ressemblent... » — Var. Merc. un. : « ... s'il y a cent bons citoyens ici comme moi. » /. des Débats : « ... qui pensent comme moi... ». — (Il suffisait de cent membres, s'inscrivant au bureau pour obtenir l'appel nominal).
dis-je, que s'il y a ici cent bons citoyens (1) nous résisterons (2). (Oui, oui, s'écrie-t-on dans Vextrémité gauche.)
Je déclare en mon propre nom, et je signerai cette déclaration que le refus de la parole à Robespierre est une lâche tyrannie. (3) {Les mêmes voix. — Oui, un despotisme affreux !)
Je déclare à la France entière que vous avez souvent mis en liberté (4) des gens plus que suspects (5), sur de simples réclamations, et que vous retenez dans les fers des citoyens d'un civisme reconnu (6), qu'on les tient en charte privée, sans vouloir faire aucun rapport (7).
Plusieurs membres à droite. — C est faux 1 Le rapporteur de la Commission des Douze a demandé la parole. (8)
Danton. — Tout membre de l'Assemblée a le droit de parler sur et contre la Commission des Douze. C'est un préalable d'autant plus nécessaire que cette Commission des Douze tourne les armes qu'on a mis dans ses mains contre les meilleurs citoyens; cette Commission est d'autant
(i) Républicain. « Oui, je déclare... que si l'oa persiste, lorsqu'on aura fait arrêter des patriotes, à les tenir dans les fers, et si l'on refuse constamment la parole aux membres qui veulent prendre leur défense, nous résisterons à l'oppression;... »
(2) Add. Ibid. : « ... à l'oppression jusqu'à la mort. Abrev. un. et nous sauverons la patrie. ». — Var. Républicain. : «... nous lutterons jusqu'à la mort contre les oppresseurs. »
(3) Républicain : « Je déclare en mon particulier que le refus que vous faites d'accorder la parole à Robespierre est une lâche infamie. »
(4) Ibid. : « ... que l'on a mis en liberté hier... »
(5) Add. Merc. un. : «... d'incivisme... »
(6) Rép. fr., J . des Débats : « ... pur... » Add. Merc. un., Abrev. un. : « ... et que l'on laisse dans les fers, les meilleurs citoyens, qui peuvent avoir des torts, peut-être des crimes à se reprocher, mais qui ont rendu les plus grands services, Rép. fr. qui ont toujours servi avec ardeur la Révolution. »
{7) Add. Rép. fr. : «... sur la cause de leur arrestation. » — Var. /. des Débats : «... sans faire un rapport explicatif des causes de leur détention. »
(8) Aud. nat. : « Il y a plus d'une heure et demie, dit [Boyer]. Fon- FRÈDE, que le rapporteur de la Commission des Douze demande la parole sans pouvoir l'obtenir; c'est Robespierre qui l'empêché déparier, sans cela tout à présent, serait terminé. «
plus funeste qu'elle arrache à leurs fonctions des magistrats du peuple. (1) {On murmure dans la partie droite.)
Plusieurs voix. — Et les commissaires envoyés dans les départements?
Danton. — (2) Vos commissaires, vous les entendrez... (3) Si vous vous obstinez à refuser la parole à un représentant du peuple qui veut parler en faveur à un patriote (4) jeté dans les fers, je déclare (5) que je proteste contre votre despotisme contre votre tyrannie. (6) — Le peuple français jugera (7). — (Danton descend de la tribune au milieu des applaudissements d'une partie de V Assemblée et des tribunes.)(8)
(i) Républicain : « Je déclare que la Commission des Douze tourne contre les bons citoyens, les armes qui ne lui ont été confiées que pour frapper les conspirateurs. » Merc. un. : « C'est une tyrannie de ne pas vouloir laisser parler contre votre Commission des Douze; elle arrache les meilleurs patriotes; elle enlève les magistrats du peuple à leurs fonctions. »
(2) Add. Merc. un. : « Il n'y a aucune comparaison à faire entre des commissaires qui anéantissent quelques pouvoirs parce qu'ils déplaisent, et des magistrats du peuple que l'on arrache à leurs fonctioi^s. »
(3) Points de suspension dans le texte.
(4) /. des Débats : «... qui veut parler en faveur d'un citoyen. Add. arraché à sa famille, à ses fonctions et... »
(5) Add. Ibid. : « ... et je suis prêt à signer cette déclaration, ... »
(6) Merc. un. : « ..., je déclare, quant à moi, que si vous ne voulez rien entendre, je proteste de tyrannie contre vous. « Add. Républicain :« .... je déclare que ceux qui ont fait mettre en liberté des hommes justement prévenus de trahison, sont les mêmes que ceux qui veulent aujourd'hui qu'on tienne impitoyablement enfermés des citoyens qui ne sont connus que par leur patriotisme. «
(7) Add. Aud. nat. : « ... et frappera ses ennemis, au jour de la justice nationale. »
(8) Le Procès-verbal de la Convention, t. XII, pp. 196-197, dit : « Tout le monde dit un autre membre, a le droit de parler sur et contre votre Commission des Douze, Commission d'autant plus funeste qu'elle tourne contre les meilleurs citoyens les armes qui lui ont été remises entre les mains ;qu'elle arrache à leurs fonctions les Magistrats du peuple. Si donc vous persistez à retenir dans les fers des citoyens dont tout le crime est un excès de patriotisme, si vous refusez la parole à un représentant du peuple qui veut prendre la défense des citoyens arrachés à leurs fonctions, à leur famille, et jetés dans les fers, je déclarç que, s'il y a ici cent bons citoyens comme moi, nous sauverons la patrie. Je