CONTRE LA CALOMNIE
suffisent, si on persiste à le calomnier, alors il rassemblera ses détracteurs et, après les avoir confondus, il leur dira : (1) Prenez ma tête!... (2) ou reconnaissez (3) que je suis un bon patriote ! (4)
[Dufourny déclare que Danton fit son possible pour obtenir de Cambon l'argent destiné à la Ville de Paris.]
Danton. — La simple politique ne me permettait point de dévoiler, en dénonçant le Comité de salut public, l'état où se trouvait Paris en ce moment; mais je fis décréter dix millions à mettre (5) entre les mains du ministre de l'intérieur et je ne cessai de répéter qu'il fallait tout donner au maire de Paris, si celui-ci l'exigeait, pour nourrir ses habitants. (6)
(7) Danton finit par répondre à diverses imputations (8) répandues contre lui à l'occasion de son mariage. Il invita après la mort de ^a femme (9) à vérifier son inyentaireet l'état de sa fortune chez son notaire. (10) Elle consistait dans le remboursement d'une charge qu'il avait possédée. (11)
(i) /. des Jacobins : « Il dit à tous ceux qui cherchèrent à le flétrir dans l'opinion publique... »
(2) Points de suspension dans le texte.
(3) /• ^^5 Jacobins : « ... déclarez... »
(4) Ibid. : «... citoyen. »
(5) /• ^^ ^^ Montagne : «... à remettre... «
(6) /. des Jacobins : «... et il déclara au ministre qu'il fallait les donner au maire à mesure qu'il en aurait besoin. »
{7) Ibid. : « Il donne sur sa conduite politique tous les renseignements et satisfactions que la Société pouvait désirer. »
(8) Add. /. de la Montagne : «... calomnieuses... »
(9) Sa première femme, Antoinette-Gabrielle Charpentier était morte d'une fièvre puerpérale le 11 février 1793.
(10) /. des Jacobins : « Il répond à quelques imputations particulières que, lors de la mort d'une femme qu'il aimait, pendant son absence, on mit les scellés chez lui et l'on fit l'inventaire. Il invite ses accusateurs à vérifier chez son notaire l'état de sa fortune. On y trouvera qu'elle consistait... »
Cet inventaire dressé le 25 février 1793 et jours suivants a été retrouvé et publié par M. Robinet dans son livre : Danton, Mémoire sur sa vie privée, 3^ éd., Paris, 1884, in-S», pp. 251-274.
(11) Danton fait allusion au remboursement de sa charge d'avocat aux conseils dont il avait été liquidé le 11 octobre 1791 au prix de 69 031 livres, 4 sols.
En se remariant, ( 1) on prétendit qu'il assurait à sa nouvelle épouse une somme de 140.000 livres. (2) C'était simplement celle de 40.000 livres produit de sa charge et de ses travaux. (3)
Il s'applaudit d'être né sans-culotte, et d'avoir reçu de la nature les forces (4) suffisantes pour pourvoir (5) à sa subsistance.