‹ Discours de Danton. Edition critiqueChapitre 302 sur 459 · SUR LE MAXIMUM DES GRAINS · texte numérisé non relu

SUR LE MAXIMUM DES GRAINS

£)' après le Républicain français.

(Gorivètition, mardi â septembrfe 1793.)

[Le Républicain dit : « Les subsistances sont à l'ordre du ■ jour. Plusieurs membres ont témoigné toutes leurs sollicitudes paternelles dans une matière aussi délicate qu'importante, car il faut donner du pain au peuple avant de lui donner des lois, et ont développé toutes les connaissances de l'économie politique. Les uns, mais ils étaient en petit nombre, ont combattu le projet d'un maximum, les autres se sont appuj^és sur des raisons dont Thuriot a développé surtout toute la sagesse. »]

Danton. — Je demande à faire une motion d'ordre. Il faut que la Convention prononce entre l'intérêt des accapareurs et celui de la Nation (1) et il faut qu'elle prononce aujourd'hui.

Thuriot vous a très bien développé les principes qui combattent en faveur du maintien de la loi du maximum; (2) que ceux qui veulent parler contre paraissent à la tribune, et nous les combattrons (3).

La nature ne nous a pas abandonné; n'abandonnons pas le peuple car il se ferait justice (4).

(i) Mon., j. des Débats : « ... et celui du peuple... » F. du salut public: « Il faut que vous prononciez aujourd'hui entre le peuple et les accapareurs. »

(2) Mon. : « Thuriot a développé une opinion qu'il a appuyée de puissants motifs. » /. des Débats : « Thuriot a développé les puissants motifs qui ont déterminé le projet qu'on vous propose. » Aud. nat. « Thuriot a posé des principes incontestables... »

(3) /• ^^^ Débats : « S'il est ici quelqu'un qui veuille s'élever encore contre la fixation du maximum, qu'il monte à la tribune ; nous le combattrons... » Mon. : « ... nous le réfuterons,...» Âdd. /. des Débats : « ... et vous prononcerez. »

(4) Add- Mon., J. des Débats '. «... lui-même... »

C'est pour l'intérêt de l'aristocrate que nous stipulons ici, c'est pour sa vie (1); car dans le déchirement que causerait l'excès des malheurs, le peuple, qui connaît ses ennemis, tomberait d'abord sur les aristocrates (2).

Je demande qu'avant la fin de la séance nous décrétions, et que demain on exécute enfin. (3) (On applaudit.)

[La Convention ferme la discussion et décrète les propositions de Thuriot.

Un membre ajant demandé que le maximum ne fût pas uniforme dans toute la République, la discussion est reprise.]

Danton. — Ce ne sont là que de misérables chicanes; c'est une loi générale que vous devez faire parce que le législateur ne calcule que les intérêts généraux. Le peuple qui est toujours juste ne fera pas attention au petit inconvénient qui aura lieu dans les départements où le maximum est moindre aujourd'hui que celui que vous établirez; mais il applaudira à une loi qui assure les subsistances des armées et de la République entière. (4)

(i) Aud. nat. : « Et remarquez que c'est ici le véritable intérêt du riche que nous stipulons... » Merc. un. : (( C'est pour l'intérêt du riche que nous stipulons; c'est sa vie que nous défendons, car si le peuple se lève il se fera justice. Add. (Applaudissements.) ))

(2) /. de Perlet, Aud. nat. : «... car dans l'extrême misère, s'il y avait quelqu'un à dévorer, le peuple connaît ses ennemis... » Add. Mo«.,/. des Débats : «... et leur arracherait de vive force ce que la loi aurait dû lui accorder. »

(3) Merc. un. : « Si quelqu'un veut combattre le maximum qu'il se présente et nous lui répondrons, mais que l^on décrète séance tenante, et que demain l'on exécute. [Vifs applaudissements et bravos.)n Aud. nat. : « Décrétez que nous ne nous séparerons pas sans avoir porté la loi bienfaisante qu'on vous propose, afin qu'elle puisse s'exécuter dès demain. »

(4) Add. Aud. nat. : « C'est l'intérêt général seul que nous devons chercher; décrétez ce qu'on vous propose, nos armées seront approvisionnées, nous aurons du pain, et les aristocrates bâilleront encore une fois. »

564 SUR LA FORMATION d'UNE ARMÉE SECTIONNAIRE

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