DANTON REFUSE D'ENTRER AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC
D'après le Républicain français (1).
(Convention, lundi 9 septembre 1793.)
[On se souvient de la déclaration laite par Danton, le 6 septembre, dans son discours sur les « moyens politiques » (2) de ne jamais faire partie d'aucun comité. A la suite de ce discours, Gaston avait demandé que, malgré lui, malgré ses déclarations, Danton fût adjoint au Comité de salut public. Cette proposition avait été unanimement décrétée. — Le 8 septembre, Danton avait donné sa démission, et la Convention avait passé à l'ordre du jour.]
Danton. — On m'a dit que la Convention avait passé à l'ordre du jour sur ma déclaration que je ne voulais être d'aucun Comité. Eh bien ! je dois lui déclarer encore que je n'accepte pas et que je ne puis accepter ma nomination au Comité de salut public. (3)
Lorsque je demandai que ce Comité fût érigé en Comité de gouvernement, et que cinquante millions fussent mis à sa disposition, je jurai de n'être d'aucun Comité, (4) et je tiens ce serment, non que je refuse d'assister au Comité
çais ne puisse percevoir des droits de servitude en quelque endroit de la terre que ce soit. » Mon. : « Je demande qu'à l'avenir un Français ne puisse percevoir... ». — Le principe est décrété.
(1) Les textes du Républicain français et du Journal des Débats sont identiques, sauf l'addition indiquée. »
(2) Voir discours n° 217, p. 571.
(3) Mon. : « Hier l'Assemblée a passé à l'ordre du jour lorsqu'on lui a annoncé que je n'acceptais point ma nomination de membre du Comité de salut public. Je déclare que je n'ai point accepté et que je n'accepte point parce que... »
(4) Cf. discours n° 193, p. 521.
dans les circonstances où j'y pourrais être utile, mais, si j'en faisais partie, on aurait raison d'imprimer, comme on l'a fait, que, malgré mes serments, je sais m'y glisser encore. (1) Quand j'ai fait mettre des millions à sa disposition, on aurait véritablement prise sur moi, et je ne veux point en donner.
(2) J'espère que la Convention ne s'écartera pas pour moi du principe qu'elle ne peut forcer aucun de ses membres. (On applaudit.)
[Là Convention accepte la démission.]