SUR LA MUNICIPALITÉ DE CONCHES
D'après le Moniteur.
(Convention, nonidi 19 pluviôse an II (vendredi 7 février 1794).)
[Une députation de la société populaire de Conches vient demander la mise en liberté de deux de ses membres arrêtés à Paris sur une fausse dénonciation (1).]
Danton. — Je demande la parole pour une motion d'ordre.
Avant d'ouvrir une discussion, il faut savoir ce dont il s'agit. (2) Lindet n'a pas parlé contre nos collègues Lacroix (3) et Legendre, mais il a parlé sur les officiers municipaux renvoyés au Tribunal révolutionnaire.
Lacroix (3) et Legendre ont fait leur devoir. La municipalité de Conches était accusée d'un fait grave; cette accusation leur a paru mériter le renvoi des municipalités [lire municipaux] au Tribunal révolutionnaire; ils ont dû les y envoyer.
Lindet a vu les faits autrement. — Eh bien I examinonsles, discutons froidement. (4)
Je demande que Lacroix, (3) Legendre et les autres col-
(i) La municipalité de Conches avait fait parvenir à Louis XVI une pétition sur les événements de juin 1792, et permis l'enlèvement de 12.000 boulets par les gendarmes des rebelles d'Évreux. Delacroix et Legendre renvoyèrent la municipalité, comme complice de la conspiration de Buzot, devant le Tribunal révolutionnaire. Robert Lindet obtint alors la suspension de la procédure commencée et le transfert des accusés de la Conciergerie à Saint-Lazare. — A ce moment les deux députés dont on réclame l'élargissement vinrent à Paris faire une offrande de 15.000 livres, et furent arrêtés sur la dénonciation d'un nommé Savard.
(2) J. des Débats : « 11 faut que l'Assemblée sache de quoi il s'agit ici. »
(3) Delacroix.
(4) Âdd. Ibid : « Tout peut s'éclairer sur-le-champ. »
lègues se concertent avec le Comité de salut public pour faire un rapport général à la Convention. (1)
[La Convention met les deux citoyens en liberté.]