‹ Discours de Danton. Edition critiqueChapitre 382 sur 459 · SUR LES ÉTALONS · texte numérisé non relu

SUR LES ÉTALONS

D'après le Moniteur et le Journal des Débats.

(Convention, quartidi 14 ventôse an II (mardi 4 mars 1794).)

[Levasseur présente quelques vues et un projet détaillé tendant à mettre en dépôt entre les mains des fermiers et cultivateurs des étalons des différentes espèces d'animaux les plus utiles dont on proportionnera le nombre à l'étendue des terres que ces fermiers cultivent. — Merlin (de Thionville) s'oppose à ce que l'État se substitue aux particuliers

visiter cette colonie nouvelle, et que chacun de nous puisse aller manger à la gamelle patriotique dans la chaumière de ces citoyens. » — Vax. /. de Perlet : « Afin que nous goûtions la satisfaction de manger avec eux à la gameiWe patriotique. » Merc. un. : «... et que nous-mêmes, nous puissions aller avec eux manger à la gamelle. »

(i) Add. Rép. fr., J. des Débats : « ,... en prenant ses armes pour voler à la défense des frontières,... »

(2) Rép. fr., J. des Débats : « Je suis sûr de la récompense qui m'est promise si je suis mutilé ; Add. et il sera plus tranquille. »

pour faire l'élève des animaux. 11 demande le renvoi de la proposition Levasseur aux Comités.]

Danton. — Je demande, comme le préopinant, le renvoi des idées de Levasseur (1). Mais je ne pense pas, comme Merlin, que la République ne doive mettre en réserve aucune élite (2) d'animaux pour (3) la prospérité des campagnes. C'est quand une grande nation consomme beaucoup qu'elle doit prendre des précautions pour conserver et faire reproduire les espèces qu'elle consomme.

Les anciennes républiques appliquaient ces principes même à la population (4), et après une guerre longue et meurtrière, les législateurs d'Athènes qui s'y connaissaient aussi, pour réparer la perte que l'État avait faite de ses citoyens, ordonnèrent à ceux qui restaient d'avoir plusieurs femmes. (On rit et on applaudit.)

Sans vouloir faire l'application d'une pareille mesure, et pourtant sans en faii*e un objet de plaisanterie, je dis que, puisqu'il entre dans notre plan (5), lorsque la liberté aura triomphé, de distribuer les dépouilles des ennemis du dedans et du dehors à ceux qui auront vaincu pour la liberté (6), c'est dans cet esprit qu'il faut discuter les vues présentées par Levasseur.

Soit donc que la République accorde des primes à ceux qui élèveront ces élites d'animaux, soit que ces animaux soient élevés pour le compte de la République, les Comités de commerce et d'agriculture doivent méditer et approfondir ces idées, et en faire un rapport à la Convention.

[Le renvoi aux Comités de commerce et d'agriculture est décidé.]

(i) Âdd. Rép. fr. : « ... au Comité d'agriculture. »

(2) Rép. fr. : « ... un choix... »

(3) Add. Ibid. : « ... assurer ...»

(4) Rép. fr., : « ... à l'espèce humaine... »

(5) Rép. fr. : «... puisque la République adopte le grand plan... »

(6) Add. Rép. fr. : «...elle doit aussi prendre d'avance toutes les précautions convenables pour préparer la prospérité des terres qu'elle distribuera... »

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