‹ Discours de F. X. Lemieux, M.P.P., C.R. prononcés à l'Assemblée législative de Québec [microforme]Chapitre 2 sur 2 · PRONONCÉ LE 7 NOVEMBRE · texte numérisé non relu

PRONONCÉ LE 7 NOVEMBRE

Monsieur l'Orateur,

Le sujet sur lequel j'ai l'honneur d'attirer votre attention, n’est pas d'un intérêt, général, mais comme les destitutions d'employés publics sont odieuses, à moins qu'elles ne soient justifiables et jus- …tifiées par les circonstances ou la mauvaise conduite de ces employés, on me permettra de parler de celles qui ont été faites par le gouvernement, à la suite de l'élection d'un député à l'Assemblée "Tégislative pour le comté de Bonaventure, en remplacement de lhon. M. Mercier. Je dis en remplacement de lhon. M. Mercier, ces termes 1e rendent pas ma pensée, car je n'ai pas et personne de ce côté ci de la chambre n'à la prétention de remplacer un homme dont la disparition a causé un si grand vide dans le monde politique provincial et dont le nom et le souvenir, quoiqu'on en ait fait et dit, sont “restés chers à ses compatriotes. Le souvernement attachait beauc: oup de prix à cette élection. En effet, ils ‘agissait de remporter le comté représenté par l’ancien chef de l'exécutif et de faire ratifier, pour la première fois, par une portion de l'électorat, le fameux emprunt … de $4,000,000 de l'hon premier ministre, emprunt quia causé et » catisera encore à l'administration bien des déboires et des tribulations, car les contribuables de la province, ct entre autres ceux de Montréal dernièrement, s'obstinent à croire qu'il a été fait dans des

- conditions presque ruineuses pour la province.

Aussi, bien qu’au milieu de la session, trois ministres ont laissé

leurs affaires départementales et ont été dépêchés dans le comté pour faire approuver l'action et la conduite du geuvernement, Vous dire que le procureur général à été éloquent, ne vous apprendrait rien, que le commissaire des Travaux Publics à été énergique, serait : de la superfluité, que le commissaire des Terres, au milieu de ce trio ! dans lequel il jouait le rôle d'Arcmis, a été onctueux, serait trivial :

Les promesses n'ont pas fait défaut, les travaux sur le chemin de fer de la Baie des Chaleurs devaient se poursuivre avec activité, les arrérages des gages des employés, dont le montant s'élevait à #20,000, devaient être payés immédiatement, les primes de pêcheurs soldées de suite, la réduction des rentes seigneuriales accordées tnstanter, à la condition toutefois qu'on oubliât les services :ignalés que l'honorable M. Mercier avait rendu à cette division électorale et qu'un vote de oonfiance fut donné à cette administration qui l'avait chassé du pouvoir. Mais en faisant ces promesses, les électeurs de Bonaventure, qui sont retors et intelligents, se sont aperçus qu'il manquait aux ministres un petit air de sincérité, tout comme les électeurs de Montréal se sont détiés des déclarations du gouvernement au sujet de la réclarnation des $500,000,

Aussi, ils n'ont pas été les jouets de si vaines et frivoles promesses ; ils ont voté suivant leur conviction en faveur d’un homme qui n'avait que sa bonne volonté à leur offrir et son désir de leur être utile.

Je comprends que cette défaite a causé quelque ennui au gouvernement : tre true. Que les ministres aient trouvé du plaisir — pour se venger de leur insuccès ou pour assouvir des inimitiées et des vengeances personnelles et locales, —en destituant sans avis au préalable, sans raison ni justification ni enquête quelconque, quatre employés fidèles, consciencieux, estimés de leurs conscitoyens à quelque parti qu'ils appartiennent, et dont quelques-uns feraient honneur à n'importe quelle division électorale, voilà une injustice criante et inqualifiable. C’est un acte politique qui n’est pas de nature à accroitre la confiance et les sympathies du publie en faveur du gouvernement,

Et lorsqu'on songe que ces destitutions de MM. Clapparton, Pitre et Gilker ont été faites pour créer un emploi et une situation au candidat défait du gouvernement, ceci est de nature à enlever aux électeurs la confiance qu'ils devraient avoir en ceux qui briguent leurs suffrages, et à leur faire croire que les candidats sollicitent leurs votes, non pas dans l'intérêt des contribuables mais dans leur propre avancement personnel.

Le résultat a été premièrement, une injustice, et deuxièmement la désolation et la gène dans les familles, car deux de ces malheureux employés sont sur la voie publique et leurs propriétées sont maintenant annoncées en vente par le shérif.

L'ancienne administration a été beaucoup plus bienveillante et olérante envers les employés publics, dont la plupart étaient nos dversaires. Ils n'ont pas été troublés dans leur offce:, bien qu'un and hombre d’entre eux, faisaient plus que de servir les intérêts les ennemis du gouvernement Mercier.

k J'ai été témoin de la pression que certains citoyens bien pen- “sanst du parti libéral ont exercée sur M. Mercier, pour obtenir la dé- “inission de ces employés conservateurs, mais ce fut sans résultat. Pourquoi ? Parce que l'ancien premier ministre n'était pas partisan de ï’école de ceux qui se réjouissent ct se gaudissent de la misère des autres et de la pauvreté des familles d’ employé és destitués sans “raisons.

d Il a poussé la condescendance et la bienveillance jusqu'à accor- “der par une législation spéciale, une généreuse pension pour la veus et les enfants d’un employé é important du service civil, à qui l'état avait toujours payé un excellent salaire et qui était mort sans faire provision pour l'avenir. Cependant, M. Drolet, les siens et son entourage avaient toujours été reconnus comme des adversaires déclarés de Mercier et de son gouvernement.

Maintenant les choses se passent autrement.

Mais nous avons une consolation, € est que la Vengeance estune mauvaise conseillère et que la persécution des adversaires, qu'ils F fsoient grands ou humbies, n ‘a jamais consolidé un gouvernement ct .ne lui à jamais acquis la confiance ni les sy mpathies des citoyens du pays s qu'il gouverne.

serres secece

Page 1